Wir Sprechen Deutsch

Alfred Worden, seul dans son module de commande avait eu l’idée de transmettre régulièrement vers la Terre la phrase « Bonjour la Terre, recevez les salutations d’Endeavour » en plusieurs langues. Une manière de bien faire comprendre à tout le monde, que ce qu’étaient en train d’accomplir les astronautes Apollo ne concernait pas seulement les Etats Unis mais l’humanité toute entière.

 

Dans la même veine, à 160:01 GET, (Ground Elapsed Time – Temps écoulé depuis le décollage) au début du troisième jour sur la Lune, le Capcom Joe Allen réveille David Scott et James Irwin en allemand : « Schön Guten Tag. Wie Gehts Euch ? » (Bien le bonjour, comment allez-vous ?)
David Scott répond : « Guten Morgen, mein Herr. Ist Gut. » (Bonjour monsieur, tout va bien)
Cet échange prémédité était une façon pour Allen et Scott de rendre un petit hommage à Wernher Von Braun et son équipe de Huntsville, dont beaucoup étaient allemands, qui ont créé la gigantesque Saturn V qui leur a permis d’atteindre la Lune !

 

Sabotage

Le samedi 24 juillet 1971, à quelque 48 heures du lancement de la mission Apollo 15, cinq colliers de flottaison* ont été découverts lacérés, par ce qui semble être des coups de couteau, dans le hangar du 55th Aerospace Rescue And Recovery Squadron où ils étaient entreposés, à la base aérienne Eglin, au nord de la Floride.
C’est au cours de l’inspection du matériel avant son chargement à bord de quatre Lockheed HC-130** que le forfait a été découvert.

 

Chacune de ces grosses bouées gonflables, en forme de beignet coûte la bagatelle de 5 000 USD (1970) soit environ 26 000 USD actuels (2012).
Elles ne doivent  être utilisées que dans l’éventualité où le module de commande et ses occupants étaient dans l’obligation d’amerrir dans l’océan Atlantique en raison d’une défaillance de la Saturn V, sur le pas de tir ou lors de la phase ascensionnelle. (A l’issue des missions lunaires les amerrissages se font dans l’océan Pacifique).
Les bouées ont été très rapidement*** remplacées et le matériel endommagé envoyé au Pensacola Naval Rework Facility. Une fois réparées elles serviront pour les entrainements.
Fort heureusement, ce… sabotage, n’a aucunement affecté le bon déroulement de la mission.

 

Ce collier de flottaison sécurise le module de commande dans l’attente du porte-avion de récupération qui treuille ce dernier à son bord. Il permet accessoirement aux hommes-grenouille d’avoir un point d’appui pour les opérations d’extraction des astronautes, pour la pose des attaches, etc…

La bouée et le radeau de sauvetage standard de la Navy (7 places). A compter d’Apollo 13 ce radeau sera remplacé par un exemplaire spécialement conçu pour le programme Apollo. La bouée peut être jaune ou orange.

Le module de commande d’Apollo 11 et sa bouée à bord du porte-avion Hornet

Récupération du module de commande d’Apollo VI

** Les HC-130 sont des C-130 Hercules à long rayon d’action spécialement modifiés pour les opérations de recherche et de secours. Quatre appareils de la 55th Rescue Squadron  ont été placés en état d’alerte le jour du lancement (L’un, à la Patrick Air Force Base adjacente au Centre Spatial Kennedy et les trois autres appareils sur une base des Bermudes –  Un escadron basé aux Açores est également en alerte.)
*** A vol d’oiseau Eglin Air Force Base est situé à quelques 70 km de la Pensacola Naval Air Station où sont fabriqués ces colliers de flottaison.

 

 

Mes très chaleureux remerciements à Jean-Jacques GOURVENEC alias LM-5 à l’origine de cette anecdote. J-J GOURVENEC, est l’auteur des romans : Chasse au congre à LannilisScénario macabre à Saint-Pabu – Sortilèges au Conquet…

 

 

 

Lunatique

James Irwin raconte que lorsqu’il était enfant la lune exerçait sur lui une étrange fascination, chaque fois qu’il la regardait un fort sentiment le submergeait et il se disait qu’un jour il irait sur la Lune. Lorsqu’il en parlait à ses voisins ou ses parents tous se moquaient de lui. Sa mère Elsie était beaucoup plus directe : « Mon fils, c’est de la folie, l’Homme n’ira jamais sur la Lune ! »

Quelques décennies plus tard, le 31 juillet 1971, James et Elsie Irwin verront leur fils marcher sur la Lune, il y restera 2 jours et presque 19 heures.

Elsie Irwin (Photo prise en décembre 1982)

James Benson Irwin (1930-1991)  Huitième Homme à marcher sur la Lune. Premier des 12 Moonwalkers à nous quitter.

 Anecdote dans l’anecdote : Les grands-parents d’Irwin sont d’origine Irlandaise. James Irwin est né un 17 mars, jour de la St Patrick !

 

De g à d : James Irwin Jr – James Irwin Père – Charles Irwin (son frère) – Photo prise le 4 janvier 1942

 

Lunatique : Qui est soumis à l’influence de la Lune.

 

 

Esprit d’équipe

Les trois astronautes d’Apollo 15, David Scott, Al Worden et James Irwin avaient chacun commandé une corvette à Jim Rathman; Irwin une rouge, Worden une blanche et Scott une bleue, qu’ils avaient customisé en faisant peindre sur la moitié gauche du capot , deux bandes, qui reprenaient chacune la couleur des deux autres Corvettes. Les couleurs correspondent à celles des oiseaux stylisés présents sur le badge de la mission, qui sont bien évidemment les couleurs du drapeau américain. (L’équipage est 100% Air Force, 1 oiseau par astronaute)
Le badge a été conçu principalement par le styliste italien Emilio Pucci.
Les trois astronautes, copiant un peu l’équipage d’Apollo 12,  ont choisi ce moyen pour symboliser et afficher de manière ostensible leur esprit d’équipe.

 

 

Apollo 15 - Les trois corvettes

De gauche à droite : Irwin, Worden, Scott
Au premier plan le LRV 1g d’entrainement !

 

Galilée avait raison

Dave Scott avait emmené sur la Lune deux plumes de faucon (petit clin d’oeil lié à l’indicatif du module lunaire : « Falcon »), pour réaliser une petite expérience. Il s’agit de vérifier la théorie de Galilée sur la chute des corps dans le vide énoncée 350 ans plus tôt.
A la fin de leur dernière EVA il se positionne devant la caméra de la « jeep lunaire » et lâche en même temps la plume (0,03 kg) qu’il tenait dans sa main gauche et le marteau (1,32 kg) dans sa main droite… Les deux objets touchèrent le sol simultanément, déclenchant un tonnerre d’applaudissements parmi les contrôleurs de vols, et démontrant de manière magistrale que Galilée avait raison !

C’est un ami de Scott, de « l’Air Force Academy » à Colorado Springs, qui avait récupéré deux plumes, dans la volière du Faucon « Hungry » , la mascotte de l’académie !  Cette petite expérience est une idée de l’astronaute Joe Allen.

 

David Scott, Apollo 15, Galileo avait raison

David Scott tient dans sa main droite le marteau et de l’autre la plume

David Scott, Apollo 15 - Le marteau et la plume

La plume, et juste au-dessus, le marteau

David Scott et le Faucon « Hungry », la mascotte de l’Académie de l’US Air Force, qui a fourni la plume