Un cadeau pour John Aaron

Le EECOM (Electrical, Environmental and Consumables Manager) de légende, John Aaron, a reçu un jour un cadeau de l’un de ses fans qui lui a envoyé sa plaque d’immatriculation expirée, qu’il avait fait personnaliser…  Ainsi pendant des années cette personne avait eu sur sa plaque une inscription pour le moins familière… SCE to Aux.

 

Alan Shepard monte sur scène

Après un spectacle donné à Cocoa Beach, au cours duquel il joue son sketch de l’astronaute couard en incarnant son personnage fétiche de José Jimenez (prononcer hossèï himèness, avec le h aspiré), qui a propulsé sa carrière telle une fusée, c’est un Bill Dana hystérique qui appelle son producteur Mickey Kapp à New-York… « Mickey tu aurais dû être là… tu ne me croiras jamais ! Je venais de commencer mon sketch lorsque ce gars est monté sur scène et a pris la place de l’interviewer. Il connaissait toutes les paroles, Mickey ! C’était la folie dans la salle ! C’était Al Shepard ! Deke Slayton et Wally Schirra étaient là également ! Ils connaissent le sketch par cœur ! »

Le sketch irrésistible de drôlerie (en anglais)

Bill Dana deviendra le huitième astronaute du groupe 1 ! http://www.anecdotes-spatiales.com/bill-dana-jose-jimenez-lastronaute/

Ernst Stuhlinger, l’homme au doigt d’or

La mise en orbite du premier satellite américain, Explorer 1, le 31 janvier 1958, quatre mois après Spoutnik 1 et trois mois après Spoutnik 2 et Laïka, a comporté quelques aspects primitifs. Ainsi la mise à feu du deuxième étage est commandée manuellement en appuyant sur un bouton. L’allumage du troisième et quatrième étage se fait automatiquement avec un minuteur.
Utilisant une règle à calcul et un chronomètre, Ernst Stuhlinger a passé des heures et des heures à calculer et recalculer le timing des événements en fonction de l’accélération du premier étage du lanceur « Juno I » et du moment précis où il atteindrait l’apogée de sa trajectoire après l’extinction du moteur. Déclencher la mise à feu du deuxième étage une seconde trop tôt ou une seconde trop tard provoquerait un lamentable échec. La responsabilité qui incombe à Stuhlinger est immense.

 

57 personnes se trouvent dans le blockhaus, situé à cent mètres du pas de tir n°26 des installations de l’US Air Force au Cap Canaveral, dont : le général John Médaris, responsable de la Army Ballistic Missile Agency qui emploie la Rocket Team de Wernher Von Braun, Jack Fröhlich, directeur du projet Explorer au JPL, Kurt Debus et Hans Grüne, responsables des opérations de lancement.
William Pickering le directeur du JPL, Wernher Von Braun, (à son grand désespoir, il aurait préféré rester au cœur de l’action), et James Van Allen, ont été priés de se rendre à Washington D.C.

 

Ernst Stuhlinger, lui, se trouve dans le Hangar D à 5 km de là, qui abrite l’essentiel des équipes de contrôle et de suivi.  Les données télémétriques, transmises à partir des accéléromètres installés à bord du lanceur, ainsi que des radars et du système DOVAP* (Doppler Velocity and Position)  sont directement adressées vers sa console. Stuhlinger aidé par un ordinateur analogique de sa conception, doit prendre la bonne décision à la seconde près. Le moteur du premier étage a fonctionné  2 minutes et 37 secondes. C’est exactement 4 minutes et 20 secondes après l’extinction de ce dernier que Ernst Stuhlinger appuie sur le bouton qui déclenche la mise à feu des 11 moteurs à poudre Sergeant du deuxième étage.

La mission est un succès, les Etats-Unis sont dans l’espace, et il gagne ainsi son surnom de  « L’homme au doigt d’or ».

Stuhlinger l'homme au doigt d'or

 

Les principaux responsables du « projet Explorer » à la  Army Ballistic Missile Agency du Redstone Arsenal, Alabama, examinent un prototype d’Explorer I quelques jours avant son lancement. De g à d, (assis) Dr Eberhard Rees (1908 – 1998), General John B. Medaris (1902 – 1990), Dr Wernher von Braun (1912 – 1977), (debout), William Mrazek (1911 – 1992), Dr Walter Haeussermann (1914 – 2010) et Dr Ernst Stuhlinger (1913 – 2008)

 

Irmgard, sa femme, qui avait récemment accouché, lui dit : « OK, j’ai eu mon petit satellite, maintenant tu as le tiens !»

Ernst Stuhlinger et son épouse Irmgard, Hermann Oberth et son épouse Mathilde « Tilly »,  Wernher Von Braun et sa femme Maria. (Scan : Patrick Roger-Ravilly)

 

Système développé par les allemands pour le suivi des fusées A4 depuis le sol.

 

Kurt Debus débordé

Le Dr Kurt Debus cumulait les fonctions de Directeur du Centre Spatial Kennedy et de Directeur des Opérations de Lancement (Director of Launch Operations).
Le Centre devenant de plus en plus important Kurt Debus nomme Rocco Petrone « Director of Launch Operations »  en juillet 1966.

 

La mariage de Calio

Lors du dîner donné en l’honneur de la mission Apollo 14, le lundi 1er mars 1971, dans la Salle Est de la Maison Blanche, le président Nixon rend hommage au docteur en physique Anthony Calio, 41 ans, le directeur du département sciences et applications au Centre Spatial Johnson. On lui avait rapporté que Calio avait avancé la date de son mariage afin que sa femme Cheryll puisse assister à la cérémonie. Le couple a convolé en justes noces la veille. Nixon demande aux jeunes mariés de se lever pour les féliciter et déclare devant l’assistance : « Et dire qu’il a sacrifié quelques jours de liberté supplémentaires ! »

 

Anthony John Calio (1930-2012)