Neil Armstrong et Sir Edmund Hillary au pôle Nord

Le 1er avril 1985, une équipe de 15 personnes se retrouve à Edmonton, au Canada avec comme objectif, atteindre le pôle Nord géographique. Il y a notamment, Sir Edmund Hillary (1919-2008), le premier Homme à avoir gravi le Mont Everest en 1953 (avec son sherpa Tenzing Norgay) ; son fils Peter (né en 1954) ; Steve Fossett (1944-2007) qui réalisera en 2002 la première circumnavigation de la Terre en montgolfière en solitaire sans escale ; Patrick Morrow (né en 1952) le premier à accomplir l’ascension des sept sommets de la liste de Reinhold Messner, il a gravi le premier (Mont McKinley) en 1977, et le dernier (Puncak Jaya), le 7 mai 1986 ; et, Neil Armstrong (1930-2012), le premier Homme sur la Lune.

Neil Armstrong avait vu le pôle Nord depuis l’espace mais n’y était jamais allé.

L’expédition, qui ne fut pas médiatisée, a duré 11 jours et fut organisée et dirigée par l’explorateur professionnel Michael Chalmer Dunn, il voulait réunir les explorateurs les plus prestigieux de la planète. Mike Dunn qui a notamment effectué le premier saut en parachute au-dessus de pôle Nord en 1981 et qui réalisait là son septième voyage en arctique. Le coût de cette expédition : 10 000 dollars par personne. (23 000 en dollars constants)

C’est donc le samedi 6 avril, 1985, la veille de Pâques, 76 ans jour pour jour après Robert Peary (1856-1920), à très exactement 19:01 (Mountain Standard Time – Heure normale des Rocheuses), soit le dimanche 7 avril à 03:01 (Heure en France – UTC+1), que les explorateurs atteignent leur but. Ils resteront une heure et demi au pôle Nord. A peu près le même temps qu’il leur a fallu, pour couvrir les 760 km qui séparent leur camp de base au nord de l’île d’Ellesmere près du lac Hazen, (l’île la plus septentrionale de l’archipel arctique canadien), jusqu’au pôle Nord. Contrairement à Peary qui a effectué le trajet en traineau à chiens, ils ont fait le trajet en avion (Deux DHavilland Canada 6 Twin Otter – un pour les explorateurs, l’autre avec des réserves de carburant.)

(De g. à d.) Peter Hillary, Sir Edmund Hillary, Mike Dunn et Neil Armstrong

Lorsqu’une bouteille de Champagne est débouchée, à peine a-t-on servi deux verres, que le breuvage dans la bouteille commence à geler, il faut dire que la température ambiante est de moins 40 degrés centigrades…

(De g. à d.) Neil Armstrong, Michael Dunn et Sir Edmund Hillary. On aperçoit à l’arrière plan l’un des deux DHC-6 Twin Otter.

Neil Armstrong affirmera : « J’ai trouvé ce voyage au pôle Nord extrêmement intéressant, principalement, car c’est tellement différent de ce que nous avons l’occasion de voir dans la vie de tous les jours. C’est tellement inhabituel là-haut. Cela valait vraiment les incidents que nous avons rencontrés lors du voyage. »

En effet lors du retour, après avoir atterri sur l’île d’Ellesmere, la météo devint exécrable, et ils durent rester confinés trois jours avant de pouvoir reprendre l’avion vers  le hameau inuit de Resolute sur l’île Cornwallis.

A l’issue de cette expédition, Neil Armstrong recevra une attestation des Territoires du Nord-Ouest, certifiant qu’ayant traversé le cercle arctique et atteint la latitude 90° N, il fait désormais parti du club très fermé de la Polar Bear Chapter of the Order of Arctic Adventurers. (Confrérie de l’Ours Polaire de l’Ordre des Aventuriers de l’Arctique)

Dès 1981 John Young reste le seul marcheur lunaire à la NASA

Le 19 juin 1981 la NASA annonce la démission (effective à la date du 26 juin) de l’astronaute Alan Bean, le quatrième Homme à marcher sur la Lune. Il souhaite désormais se consacrer à plein temps à sa carrière de peintre. Sélectionné dans le troisième groupe d’astronautes en octobre 1963, il a été de la deuxième mission sur la Lune, Apollo 12 en novembre 1969, explorant l’Océan des Tempêtes avec Charles (Pete) Conrad, pendant que Richard Gordon restait en orbite autour de la Lune dans le Module de Commande. Bean a commandé la seconde mission habitée de Skylab en juillet-septembre 1973, et fut le commandant remplaçant de la mission conjointe américano-soviétique, Apollo-Soyouz en 1975. Alan Bean précise que pendant ces 18 années passées comme astronaute il a vu des choses qu’aucun autre artiste n’avait jamais contemplé de ses propres yeux, et il espère pouvoir retranscrire tout cela à travers sa peinture. Ayant totalisé 1 671 heures et 45 minutes dans l’espace, il détient alors le record de présence dans l’espace des astronautes en activité, et est à la quatrième place dans le classement général. Bean surpervisait la selection et l’entraînement des candidats astronautes. Et pendant que John Young, chef du bureau des astronautes depuis 1974, s’entraîne pour le premier vol de la navette spatiale, c’est Alan Bean qui assume l’essentiel de sa charge.

Avec le départ d’Alan Bean le 26 juin 1981, John W. Young, reste le seul astronaute à avoir marché sur la Lune au sein de la NASA.

Puis, avec la démission de Thomas « Ken » Mattingly en février 1985, John Young devient le dernier astronaute en activité, à avoir volé lors du programme lunaire Apollo.

 

Anecdote dans l’anecdote : John Young et Thomas Mattingly, coéquipiers lors de la mission Apollo 16, (avec Charles Duke), sont les seuls astronautes des missions lunaires, ayant volé sur la navette, avec deux vols chacun.

John W. Young (Groupe 2 -1962) et Thomas K. Mattingly (Groupe 5 – 1966).  Crédit photo : NASA

 

John W. Young reçoit deux distinctions le même jour

Le 19 mai 1981 vers 13:30, exactement 35 jours après le premier vol d’essai dans l’espace de la première navette spatiale, Columbia, 160 invités, dont quelque 40 astronautes, se retrouvent à la Maison-Blanche, sous un vaste chapiteau, dans le jardin de la Roseraie (Rose Garden) jouxtant le Bureau-Ovale, pour un déjeuner en l’honneur de John Young, Robert Crippen et Alan Lovelace.

Sont présents, six astronautes du premier groupe, Alan Shepard le premier américain dans l’espace, John Glenn le premier américain en orbite autour de la Terre, , Scott Carpenter, Walter Schirra, Gordon Cooper et Donald Slayton. (Virgil Grissom est décédé 14 ans plus tôt dans l’incendie au sol de la cabine Apollo 1). Il y a également l’équipage d’Apollo 8 qui a passé le Noël 1968 en orbite autour de la Lune, Frank Borman, James Lovell et William Anders, l’équipage d’Apollo 11 avec les deux premiers hommes sur la Lune, Neil Armstrong et Edwin Aldrin, et le troisième homme, Michael Collins… C’est la première fois qu’autant d’astronautes, dont beaucoup ne sont plus en activité, sont réunis à la Maison-Blanche.

Quelques instants auparavant, dans le Bureau Ovale de la Maison-Blanche, le Président des Etats-Unis, Ronald Reagan (1911-2004), en présence du Vice-Président Georges Bush (1924 -), du Secrétaire d’Etat Alexander M. Haig (1924-2010), et de membres du personnel de la Maison-Blanche, a décerné à l’administrateur intérimaire de la NASA, le Dr. Alan Lovelace, la Presidential Citizens Medal, (Deuxième plus haute distinction civile américaine, créée en 1969 – Alan Lovelace en est le quatrième récipiendaire.)  et à John Young et Robert Crippen la NASA Distinguished Service Medal. Pour John Young c’est la troisième, il en recevra une quatrième en 2004.

Mais surtout, John Young a également reçu la Congressional Space Medal of Honor pour ses cinq vols spatiaux en 16 ans. Il est le septième astronaute (sur 28 à l’heure actuelle, dont 17 à titre posthume) à recevoir cette distinction, qui récompense « tout astronaute qui dans le cadre de ses fonctions s’est distingué par ses efforts et ses actions pour le bien de la nation et de l’humanité ».

 

Après sa troisième NASA Distinguished Service Medal, John Young reçoit la Congressional Space Medal of Honor. (De g. à d.) Ronald Reagan, John Young, Georges Bush

(De g. à d.) Ronald Reagan, John Young, Robert Crippen, Alan Lovelace, Georges Bush.

(De g. à d.) Ronald Reagan, John Young, Robert Crippen. Crédit photo : Wallace William « Win » McNamee (1932-2017)

 

Le 40e Président des Etats-Unis, Ronald Reagan :  Mesdames et messieurs, bienvenus. Avant que nous ne disions quoi que ce soit ou que je fasse la moindre remarque – car il y en a beaucoup ici qui ne savent probablement pas qu’en plus des hommes auxquels nous rendons hommage aujourd’hui, il y a parmi nous, au sein de cette assemblée distinguée, un grand nombre de pionniers qui sont allés dans l’espace, nos astronautes, dont certains étaient là au tout début du programme. Pourrais-je demander à tous ceux qui correspondent à cette description de bien vouloir se lever ?

[Applaudissements]

Eh bien, nous sommes en excellente compagnie, croyez-moi. Capitaine de frégate Young et capitaine Crippen, le monde entier a retenu son souffle lors de votre rentrée dans l’atmosphère, lorsque les communications avec le sol étaient interrompues, puis quel soulagement, lorsqu’enfin nous avons à nouveau entendu vos voix, dès lors, le monde entier a su que l’Amérique était entrée dans une nouvelle ère.

Il y a quelques minutes, j’ai eu le privilège de décorer le capitaine de frégate Young et le capitaine Crippen pour leur courage personnel et la fierté qu’ils ont apporté à la nation, de même que le Dr Alan Lovelace, qui est avec nous aujourd’hui, mais j’y reviendrai plus tard. J’ai remis à John Young la Congressional Space Medal of Honor, notre plus haute distinction pour des réalisations spatiales et, à la fois à John Young et à Bob Crippen, la NASA Distinguished Service Medal, la plus haute distinction que l’agence spatiale puisse décerner.

[Robert Crippen obtiendra à son tour la Congressional Space Medal of Honor en 2006, à l’occasion du 25e anniversaire de STS-1, en présence de John Young. (Il la recevra des mains du Président Georges W. Bush (1946 -), le fils de Georges Herbert Walker Bush, ancien Président, qui a succédé à Reagan, et Vice-Président au moment où se déroule la présente cérémonie.)]

Ces hommes ont parcouru tout le pays depuis ce premier vol de la navette, et je pense qu’ils doivent maintenant savoir que pour toute l’Amérique ils sont désormais John et Bob. Le peuple américain les a accueilli avec énormément d’affection, rien d’étonnant à cela. A travers eux, nous avons tous vécu quelque chose de grand, étendant les limites de notre liberté. Comme je leur ai dit avant le décollage, grâce à eux nous nous sommes tous sentis à nouveau comme des géants. Et une fois encore, nous avons ressenti une indicible fierté, car nous savons que nous sommes les premiers et que nous sommes les meilleurs, et il en est ainsi car nous sommes libres.

La navette spatiale est le premier véritable système de transport spatial. Il sera notre cheval de bataille pour les nombreuses années à venir, et très vite nous aurons la capacité opérationnelle de mettre sur orbite des charges utiles pour les utilisations les plus variées. Comme nous sommes les premiers dans les domaines scientifiques, et des vols spatiaux, nous sommes à la pointe de la technologie et des découvertes. La navette spatiale va affecter la vie des américains de manière à la fois subtile et extraordinaire, nous apportant de l’energie et de l’émulation pour notre renouveau national.

Le vol de Columbia est une victoire de l’esprit américain. John Young et Bob Crippen nous ont rendu très fiers. Ce qu’ils ont accompli nous rappelle que nous, en tant que peuple libre, pouvons accomplir tout ce que nous avons décidé. Rien ne peut limiter nos capacités, c’est ainsi que, même l’étoile la plus éloignée est à notre portée.

Pour paraphraser John Greenleaf Whittier : Nous sommes ceux qui avons ouvert toutes grandes au soleil les fenêtres de nos âmes. Nous ferons notre possible pour aller là où nos coeurs se sont rendus depuis longtemps, et nous serons les instigateurs du progrès pour que toute l’humanité en profite. Les Américains ont montré au monde que non seulement nous faisons de grands rêves, mais que nous osons les vivre.

Et maintenant, je voudrais vous présenter un homme, dont les qualités de dirigeant ont rendu le succès de Columbia possible. Mesdames et messieurs, le directeur intérimaire de la NASA, le Dr Alan M. Lovelace.

Dr. Lovelace : J’aimerais demander à John et Bob de venir me rejoindre. Ainsi que le Vice-Président Bush, venez s’il vous plait me rejoindre sur l’estrade.

M. le Président, je voudrais juste dire quelques mots, je parle en mon nom mais également au nom de tout le personnel de la NASA – nous vous remercions de nous donner l’occasion de servir notre pays, et nous sommes prêts à continuer. (Le 10 juillet 1981 c’est James Beggs qui prend la direction de la NASA, il devient ainsi le sixième administrateur de l’agence spatiale américaine, il a été nommé le 1er juin 1981 par Ronald Reagan.) Je voudrais maintenant vous remettre, M. le Président, votre drapeau qui a été emporté lors du premier vol de Columbia.

Ronald Reagan : Merci beaucoup

Alan Lovelace : Et, M. le Vice-Président, un drapeau pour vous, monsieur.

Georges Bush : Merci beaucoup.

Alan Lovelace : M. le Président, il y a quelques semaines, nous avons eu le plaisir d’accueillir le Vice-Président Bush au Centre Spatial Kennedy, à cette occasion nous lui avons offert un blouson d’astronaute. Nous avons apporté le vôtre ici à Washington, et je souhaite vous le remettre aujourd’hui. Il peut servir pour voler, mais également pour faire du cheval.  [Rires]

On notera sur le blouson offert à Ronald Reagan, à gauche, le badge de la première mission de la navette spatiale, et à droite, le sceau de la présidence des Etats-Unis

John Young : C’est un grand honneur pour Bob et moi d’être ici aujourd’hui. Et nous souhaitions également offrir quelque chose de significatif au Président, pour tous ceux qui ont tant fait pour ce programme, tout ce qu’il représente en réalité. Pouvez-vous nous apporter le cadre s’il vous plait ?

[Un cadre contenant diverses photos et objets du programme navette spatiale, dont un drapeau américain est présenté.]

Il est significatif pour moi, de souligner que le drapeau américain est l’objet le plus important dans ce cadre. (Se rapporter à cette anecdote qui illustre bien ces propos) N’oublions jamais cela. Et voici, pour le vice-Président, le même cadre souvenir.

Ronald Reagan : Vous ne m’en voudrez-pas si je le porte (parlant du blouson de vol) uniquement dans l’atmosphère de la Terre. [Rires]  Mais merci beaucoup à vous tous. Et maintenant, je pense qu’il y a deux personnes que vous souhaiteriez rencontrer également, car je pense qu’elles ont dû faire preuve d’autant de courage, voire même plus, que ceux qui ont effectué le vol. Je pense que vous serez ravis de voir madame Young et madame Crippen. Voulez-vous vous lever s’il vous plaît ?

[Applaudissements]

Nous voilà de retour au point de départ ; nous avons fait le tour (jeu de mot avec land qui signifie également atterrir). Merci.

[Applaudissements]

Le fabuleux John W. Young en quelques chiffres

John W. Young intègre le deuxième groupe d’astronautes en 1962 à l’âge de 32 ans.

Voici une liste non exhaustive du « palmarès » de cet extraordinaire pionnier de la conquête de l’espace… Une légende.

 

 

 

 

  • 18e personne dans l’espace. (Critères FAI – 100 km d’altitude – 19e si l’on compte le vol #90 de Joseph Walker sur le X-15). 
  • 5e personnes à effectuer 2 vols spatiaux.
  • 3e personne à effectuer 3 vols spatiaux.
  • 2e personne à effectuer 4 vols spatiaux (le premier est James Lovell).
  • 1re personne à effectuer 5 vols spatiaux (12 avril 1981).
  • 1re personne à effectuer 6 vols spatiaux (8 décembre 1983). Il détiendra ce record jusqu’au 8 avril 2002 lorsque Jerry Ross du groupe 9 (1980) effectue son septième vol spatial à bord d’une navette spatiale.
  • 1re personne du groupe 2 ( sur 9 astronautes) à effectuer une mission spatiale (et dernier astronaute de ce même groupe à faire une mission spatiale, l’avant dernier étant Thomas Stafford dont le dernier vol (Apollo-Soyouz) est intervenu en 1975… Huit ans plus tôt !).
  • 1er astronaute à effectuer un changement orbital avec Virgil Grissom (Gemini 3).
  • 1er astronaute à être réprimandé (pour l’histoire du sandwich au corned-beef.).
  • 1er astronaute à effectuer deux rendez-vous spatiaux lors de la même mission avec Michael Collins (Gemini 10 – Agena 10 et 8).
  • 1er Homme à effectuer un vol solo autour de la Lune. (Apollo 10 en 1969).
  • 1er amarrage de deux vaisseaux spatiaux en orbite lunaire (Apollo 10). Les toutes dernières manoeuvres sont effectuées par le CSM piloté par Young.
  • Recordman du monde de vitesse avec Thomas Stafford et Eugene Cernan (Apollo 10) : 39,938 km/h.
  • 2e personne deux fois en orbite lunaire. (Sur 3)
  • 2e personne à voler deux fois sur la Saturne V. (Sur 4)
  • 1re personne a effectuer deux voyages vers le Lune dont 1 atterrissage. (Sur 2)
  • 9e Homme sur la Lune avec Apollo 16. (Sur 12)
  • 1er Homme à effectuer un « Grand Prix » sur la Lune avec une automobile. (Lunar Roving Vehicle)
  • 2e Homme le plus rapide sur la Lune au « volant » du LRV (17 km/h), après Eugene Cernan (18 km/h).
  • 2e Homme à être resté le plus longtemps sur la surface de la Lune. (Avec Charles Duke – 71 heures et 21 mn)
  • 3e Homme à avoir marché (et roulé) le plus longtemps sur la surface Lune. (20 h 14 mn)
  • 1er Homme à effectuer un vol orbital sur un véhicule spatial muni d’ailes, qui atterrit comme un avion. (STS-1, avec Robert Crippen)
  • 1er Homme à effectuer le premier vol orbital d’un vaisseau spatial jamais testé dans l’espace auparavant. (Avec Robert Crippen)
  • 1re et à ce jour unique, personne à avoir piloté 4 vaisseaux spatiaux différents. (Gemini, Apollo CSM, Apollo LM, Navette Spatiale)
  • 1er commandant d’une mission spatiale comprenant 6 personnes. (STS-9 – Premier vol de SpaceLab)

Avec un temps cumulé passé dans l’espace de 34 j 19 h et 39 mn il se classe, à ce jour, au 228e rang sur 556 spationautes – et à la 61e place, si l’on ne tient pas compte des spationautes ayant effectué un séjour dans une station spatiale. Il faut comparer ce qui est comparable.)

John Young reste à ce jour l’astronaute le plus expérimenté n‘ayant jamais vécu. C’est l’astronaute ayant passé le plus de temps à la NASA : 42 ans.

Lorsqu’il prend sa retraite, en 2004, à l’âge de 74 ans il déclare :

« J’ai eu une longue vie, et elle a été intéressante. Je me suis beaucoup amusé, j’ai également dû travailler dur et relever des défis. Si c’était à refaire, je referais exactement pareil. J’ai été émerveillé la plupart du temps. »

Propos qui lui ont valu une ovation…

John W. Young (1930-2018) – « Fair winds and following seas, Captain. »

John W. YOUNG « An American Hero Forever Remembered » —- Crédit Photo :  NASA/ FRANK MICHAUX

« Mr Astronaut ». Crédit Photo: TIM SHORTT / FLORIDA TODAY

Les astronautes et leur image vue par le New York Times.

« Sur les 73 astronautes sélectionnés, il n’en reste que 39, trois sont morts dans l’incendie d’Apollo 1, 4 dans des accidents d’avion et 1 à la suite d’un accident de voiture. 26 ont démissionné pour passer de la gloire au secteur privé ou retourner dans l’armée.

Certains se comportent de manière excentrique et troublante, il y a dans cela un aspect quasi mythologique, le héros voyageur de retour dans sa tribu, après avoir volé le feu sacré et affronté de terrifiantes créatures.

Les gens considèrent les astronautes comme les Byrd et les Lindbergh de notre temps.

Comme les priorités du programme spatial changent, il se pourrait bien que les astronautes tels qu’on les connaissait, deviennent une espèce en voie de disparition. Car il semble que l’astronaute, militaire et as du pilotage, est destiné à être remplacé dans les stations spatiales par des scientifiques dont l’entrainement sera réduit au sricte minimum, juste pour les expériences et les tâches qu’ils auront à accomplir. Les astronautes furent les héros voyageurs, essayant de nous unir avec leur vision de la Terre, sphère minuscule, flottant dans un univers infini, avec tous les Hommes comme passagers. Mais les astronautes n’étaient pas des poètes, et ils ont effectué leurs vols spatiaux alors que la Terre était le théatre de querelles intestines acharnées, et dont beaucoup de ses habitants décriaient le coût exhorbitant de leurs odyssées. Comme la plupart des héros, ils étaient des versions magnifiées de ce que nous sommes, des hommes audacieux et courageux, avec un féroce esprit de compétition, dont la perspective était plutôt corporatiste voire banale, et dont l’ingénuité était quelquefois profonde. Leur image, de symbole réconfortant de l’amérique moyenne, leur a causé du tort. »

Cet article date de décembre 1972 !