John Swigert, plus Don Juan que Casanova

L’astronaute John Leonard « Jack » Swigert (Apollo XIII) est resté toute sa vie un célibataire endurci. Pendant les années NASA, il organisait une fête chaque week-end et draguait toutes les filles qu’il voyait. C’était un coureur de jupon et playboy notoire. Il passait beaucoup de temps à Miami, où la compagnie Eastern Airlines* avait son centre de formation des hôtesses de l’air. Pour l’impénitent séducteur qu’il était, il avait trouvé l’endroit idéal où le nombre de très jolies filles au mètre carré était largement supérieur à la moyenne.

Swigert était également connu pour être grippe-sous. Il n’avait par exemple aucun scrupule à sortir avec des filles et les laisser payer l’addition.
Une histoire raconte qu’il est sorti avec une fille à Washington D.C. et, prétextant avoir oublié son portefeuille, ne l’a pas seulement laissé régler la note du restaurant, mais également le plein de sa voiture…
Quelle n’est pas sa surprise, lorsque raccompagnant la fille chez elle, cette dernière ne l’invite pas à prendre un dernier verre !

 
 

* Dont un autre astronaute, Frank Borman, deviendra le Président

 
 
 

Vos pellicules risquent de ne jamais être développées

Le mardi 14 avril 1970 les astronautes survolent la face cachée de la Lune, Jack Swigert et Fred Haise ont le nez collé sur le hublot, émerveillés par le spectacle ils en profitent pour prendre des photos…James Lovell un peu tendu marmonne alors : « Si le moteur ne fonctionne pas, vos pellicules ne seront jamais développées ».
Haise : « Du calme Jim, tu as déjà fait un vol autour de la Lune, pas nous ! » (Lovell était sur Apollo Huit)
Si James Lovell est un peu nerveux c’est qu’il doit bientôt allumer le moteur de descente de module lunaire au « PC+2 ».* Si le moteur fonctionne correctement cela augmentera leur vitesse et leur permettra de gagner environ 9 précieuses heures, et, qui plus est, d’amerrir dans le Pacifique Sud où se trouve déjà la flotte de récupération, dans le cas contraire, l’amerrissage est prévu dans l’Océan Indien, mais beaucoup plus important, les réserves d’eau qui permettent de refroidir les systèmes électroniques du LM seront épuisées quelques 5 heures avant l’entrée dans l’atmosphère… Même si Lovell savait que l’électronique du LM d’Apollo 11, après avoir été « abandonné » en orbite lunaire, avait fonctionné encore 8 heures après l’épuisement du « liquide de refroidissement », il préférait ne pas avoir à courir ce risque supplémentaire !

 

* PériCynthe + deux heures – le péricynthe – terme utilisé uniquement pour un satellite de la Lune – ou périgée, indique dans le cas présent le moment où le vaisseau spatial est au plus près de la Lune.

 

Témoignage de reconnaissance

Après leur odyssée, Fred Haise, James Lovell et Jack Swigert voulurent rendre hommage à toutes les personnes qui ont participé à la construction du LM-7 qui leur a sauvé la vie, faire un geste qui irait bien au-delà du simple remerciement verbal…
Pour ce faire Fred Haise avait eu l’idée de récupérer les « filets de rangement » dans le LM que les astronautes avaient baptisé Aquarius et avait confié à la fille de Al Beauregard [Le superviseur du LM-5 (Apollo 11) et du LM-7] la tâche de découper des petits morceaux de 3cm de côté et de les coller sur des plaquettes. Comme il y en avait plus d’une centaine à confectionner, Haise donna à la fillette le surnom de « Miss Elmer Glue », sobriquet qui lui resta longtemps ! (La colle Elmer est encore utilisée de nos jours dans toutes les écoles primaires américaines).
A compter du samedi 25 avril 1970, les astronautes d’Apollo 13 remirent personnellement à chacune des personnes ayant pris part à la construction du LM-7, une « plaquette », sur laquelle figuraient le nom du récipiendaire, un « morceau » d’Aquarius,  et ces mots manuscrits: « Thanks for a job well done » (Merci pour cet excellent travail) signé James Lovell, Jack Swigert, Fred Haise.

 

Fraude Fiscale

C’est après le décollage, que Jack Swigert réalise qu’il a omis de remplir sa déclaration de revenus, et qu’il sera, pour ainsi dire, absent le 15 avril, date limite de dépôt.
Swigert plaisante alors: « Je vais peut-être devoir passer un autre séjour en quarantaine après celui de la NASA». Le CapCom le rassure, il n’ira pas en prison, il n’y a aucun problème, il bénéficie du statut d’expatrié…
Lorsque l’équipage d’Apollo 13 arrive à Pago Pago, capitale des Samoa américaines, le gouverneur John Haydon remit à Swigert un petit cadeau… Une déclaration de revenus !