De l’efficacité de la fusée A4 en tant que missile V2

Des personnalités aussi éminentes que Winston Churchill ou Freeman John Dyson affirment que les allemands auraient été bien mieux inspirés de construire des armes conventionnelles plutôt que des fusées très imprécises ne pouvant emporter en moyenne que 700 kg d’explosif… (La quantité d’explosif dépendant de la portée attendue.)

Pour commencer, on oublie que même sans charge explosive, le pouvoir de déflagration d’un missile V2 est considérable, heurtant le sol à plus de 900 mètres par seconde il crée un cratère d’environ 8 mètres de profondeur sur 20 de large éjectant approximativement 3 000 tonnes de matière. Le souffle créé est dévastateur.

Pour juger de la précision du missile V2 il faut la comparer à celle des bombardements aériens alliés de cette époque… Même dans des conditions météo optimales, avec un raid de 100 bombardiers lourds B-17 larguant chacun 5 bombes de 225 kg, risquant la vie de 1 000 aviateurs, on ne pouvait espérer, statistiquement, que seules quelques bombes atteignent leur cible dans un rayon de 300 mètres ! Ainsi il faut lancer plus de 9 000 bombes pour avoir 90% de chances de frapper une cible de la taille d’une petite usine. Un Avro lancaster Mark I comportait 7 membres d’équipage et emportait grosso-modo un maximum de 7 tonnes de bombes. Un B-17 G était composé de 10 membres d’équipage avec une capacité d’emport de 8 tonnes de bombes. Le rayon d’action de l’appareil est bien évidemment conditionné par le poids total de bombes embarqué.

Opérant à une altitude de 8 000 mètres pour limiter les pertes dues aux chasseurs allemands et aux defenses anti-aériennes guidées par radar, les bombardiers diurnes de la Eight Air Force ont quelquefois frappé les mauvaises villes, voire le mauvais pays ! Larguant leurs bombes dans la campagne. Pas étonnant dans ces conditions que la production allemande d’armement n’ait cessé de croître jusque très tard dans le conflit.

Si l’on prend l’exemple du premier bombardement de Peenemünde par la Royal Air Force, qui a eu lieu de nuit sous la pleine lune, il n’a pas eu l’efficacité escomptée, loin s’en faut, alors même que quelque 570 bombardiers ont atteint le site. En dépit de ce déploiement de force, les travaux du centre de recherche n’ont été retardés que de six semaines. Lors de ce raid, les alliés ont perdu 40 avions et surtout 243 membres d’équipage. En trois vagues, 1 795 tonnes de bombes, (1 528 tonnes de bombes hautement explosives et 267 tonnes de bombes incendiaires au phosphore), ont été larguées, une grande partie sur les plages et la Baltique !  La seule vraie « réussite » de ce raid, est la mort de Walter Thiel, un homme clef du programme A4, le bras droit de Wernher Von Braun. Sa disparition fut de très loin le coup le plus dur encaissé par le centre de recherche par l’opération « Hydre de Lerne », qui valait largement la perte de 40 appareils…

Entre le 1er mai 1943 et le 31 mars 1944 les alliés ont effectué 10 310 missions de photo reconnaissance dont 4 000 dans la cadre de l’opération Crossbow, soit près de 40%. (L’opération Crossbow est la neutralisation des sites en relation avec les armes V, elle avait la priorité absolue sur toutes les autres opérations aériennes.)

 

Ce programme des fusées est également décrit comme vain, une perte de temps, un gaspillage de précieuses ressources. Il est très souvent pris en exemple pour démontrer l’irrationalité des dirigeants du Troisième Reich. Très curieusement cette affirmation est accompagnée par une autre, en totale contradiction, qui exalte le formidable potentiel de cette arme… dans des conflits futurs !

Il s’agit là d’un raisonnement des plus simplistes, qui ne tient, encore une fois, aucunement compte du contexte de l’époque…

Le déploiement des V2 a en réalité énormément affecté la stratégie des alliés, et a même causé une certaine panique.  Après la guerre le général Eisenhower a déclaré qui si les armes-V avaient pu être mises au point un peu plus tôt, et utilisées pour bombarder les ports anglais, le débarquement allié sur les côtes françaises n’aurait probablement pas pu avoir lieu…

On a calculé qu’avec l’argent et les matières premières gaspillés pour les V2 (environ 6 000) et les V1 (environ 30 000) les allemands auraient pu construire des armes conventionnelles beaucoup plus efficaces, comme par exemple, 24 000 avions de chasse. Une manière de plus pour essayer de démontrer que les dirigeants nazis étaient de pauvres hères d’un niveau intellectuel assez bas.

Or les allemands ne manquaient pas d’avions (uniquement de bombardiers lourds dont Goering avait arrêté le développement en 1938.), mais de carburant et de pilotes chevronnés. L’espérance de vie à bord d’un bombardier est très courte, les statistiques du Bomber Command de la seconde guerre mondiale, indiquent que seul 1 équipage sur 8 survit à 50 missions. La moitié des équipages ne survit pas à dix missions ! 47% des aviateurs furent tués et 59 % furent blessés ou faits prisonniers. Au moment du largage des bombes, un bombardier est extrêmement vulnérable car il doit réduire sa vitesse et son altitude pour gagner en précision, et suivre une trajectoire rectiligne.

Une fois lancé, un V2 ne peut être intercepté. Ce ne serait arrivé qu’une seule fois par un B-24, le missile, en phase d’ascension, passant à travers une formation de bombardiers, à 3 000 mètres d’altitude, aurait été détruit par des rafales de mitrailleuse ; une occurrence tout à fait exceptionnelle.  Le fait même que le V2 frappait Londres et que l’on ne pouvait l’en empêcher, prouve déjà de la meilleure manière possible, qu’il s’agissait d’une arme efficace. Londres qui était le centre névralgique de l’effort de guerre allié.

Il convient de ne pas oublier non plus qu’une formation de pilote est longue et onéreuse, qui nécessite des infrastructures (notamment des pistes…), qui sont les premières cibles visées par les forces aériennes antagonistes.

Le missile V2 quant à lui peut être déployé n’importe où et assez rapidement, sans la nécessité d’une intervention humaine, une fois le projectile lancé.

Pour faire voler un avion il faut également du carburant amélioré dit « carburants aviation » que l’on produit bien évidemment grâce au pétrole, une matière première dont les allemands ont toujours énormément manqué, qu’ils ont essayé de compenser par la fabrication de carburant synthétique, à partir du charbon qu’ils possédaient en grande quantité.

Les V2 utilisaient de l’alcool (que l’on fabrique notamment avec la pomme de terre) et de l’oxygène liquide que l’on peut produire assez facilement. Hormis en novembre 1944 et en mars 1945 où il y a eu une pénurie d’oxygène liquide, les missiles n’ont jamais connu les graves problèmes de carburant qu’on subi les armes conventionnelles (chars, avions etc.) à la fin de la guerre.

Si l’on compare le coût de construction et d’entretien d’une flotte de chasseurs par rapport à son efficacité, et le programme A4, en tenant compte de la supériorité aérienne des alliés, il eut été beaucoup plus onéreux de maintenir une flotte d’avions…

L’imprécision relative des missiles est également due aux systèmes de coordonnées géodésiques très imprécis de l’époque, de même que les calculs liés à la courbure, à la rotation de la Terre, sans oublier le peu de connaissances d’alors sur la composition et la densité de la très haute atmosphère. Les agents secrets allemands en Angleterre avaient pour la plupart été démasqués et on leur communiquait de fausses informations sur les points d’impact des V2. Au départ les allemands avaient utilisé les rubriques nécrologiques des journaux pour déterminer où les projectiles avaient frappé, mais les anglais ayant éventé le stratagème, les adresses des victimes furent bannies des faire-part de décès. A la longue ces renseignements auraient permis d’améliorer de manière très significative la précision des missiles. Les allemands n’ont jamais utilisé leurs avions de reconnaissance Arado 234, que les alliés ne pouvaient pas intercepter, pour récolter des informations.

Les alliés ont dépensé d’énormes moyens pour contrer les fusées allemandes. Plus de 30 pour cent des sorties à partir de fin 1943 ont été effectuées dans le cadre de l’opération Crossbow détournant ces bombardements de cibles industrielles et militaires… Soit environ 68 913 sorties et 122 133 tonnes de bombes. Les alliés ont perdu environ 450 bombardiers lourds ainsi que 2 900 pilotes et membres d’équipage, pour la plupart britanniques. Opération Crossbow qui fut en définitive très inefficace. La menace des V1 et des V2 a par ailleurs obligé les britanniques à délocaliser une forte proportion de leurs industries de guerre situées dans et autour de Londres, plus au nord… N’oublions pas non plus l’échec de l’opération Market Garden du maréchal Montgomery !

Face à la formidable puissance industrielle et économique des Etats-Unis, sans oublier sa démographie, aucune arme n’aurait permis aux Allemands de gagner la guerre ! D’autant que V1 et V2 ont été utilisés principalement comme un outil de représailles pour se venger des centaines de milliers de civils allemands victimes des bombardements alliés, et non de manière stratégique, excepté les attaques sur Anvers et son port. Heureusement, Hitler s’est toujours refusé à utiliser des gaz ou autres substances chimiques ou bactériologiques mortelles, non pas pour des considérations humanitaires on s’en doute bien, mais de peur que les alliés fassent de même. Cette potentialité des V1 et V2 fut la hantise des alliés.

Ce programme de fusées était loin d’être aussi absurde que beaucoup le croient, même si cette nouvelle arme n’a pas permis à l’Allemagne de gagner la guerre, le miracle tant espéré ne s’est pas produit. Pourtant les alliés ne s’y sont pas trompés, car la chasse aux savants allemands de Peenemünde (entre autres) a également bénéficié d’énormes moyens, tant du côté américain, britannique, français que soviétique ! Les scientifiques alliés ont été peu enclins à reconnaître le mérite de leurs homologues « nazis »… Pourtant, la fusée A4 est la mère de tous les missiles et lanceurs spatiaux actuels !

C’est la même équipe de « savants », qui a créé la Saturne V et a permis à L’Homme de marcher sur la Lune.

Nom de code : Homme Fusée

Les services secrets américains et plus particulièrement les services secrets de la Maison Blanche affectés à la sécurité rapprochée du Président Kennedy avaient donné un nom de code très original à Wernher Von Braun : « Rocket Man » (L’Homme Fusée).

John Kennedy et Wernher Von Braun au Centre Spatial Marshall le 11 septembre 1962 à 9:35. (Crédits photos : Robert LeRoy Knudsen, 1929-1989)

En complets clairs, au premier plan, les agents des services secrets de la Maison Blanche, Bill Greer, Gerald A. “Jerry” Behn, et Roy Kellerman.

Le souvenir de Walter Thiel

thielLe 29 octobre 1944, Walter Thiel, qui a trouvé la mort le 18 aout 1943 à l’âge de 33 ans avec sa femme et ses deux enfants, lors du premier bombardement de Peenemünde, reçoit à titre posthume la Croix de Chevalier de la Croix du Mérite de Guerre avec Glaives, (Ritterkreuz des Kriegsverdienstkreuzes mit Schwertern) qui n’a été attribuée que 243 fois entre 1939, date de sa création par Adolf Hitler et 1945 (seulement six fois à titre posthume). Walter Dornberger l’a reçue le même jour que Walter Thiel, et Wernher Von Braun la veille…

La remise de cette récompense à fait l’objet d’une cérémonie et d’un dîner le 9 décembre 1944 dans le magnifique Château de Varlar près de la ville de Coesfeld (en Rhénanie-du-Nord – Westphalie) présidée par Albert Speer alors ministre de l’Armement et de la Production de guerre.

Les parents de Walter Thiel n’étaient pas présents, puisque Wernher Von Braun leur envoya une lettre datée du 13 janvier 1945 dont voici quelques extraits :

« J’étais personnellement présent lors du discours de M. le Ministre du Reich Speer qui a rappelé les extraordinaires accomplissements de votre fils disparu, à l’occasion de la cérémonie de remise de sa décoration. Son discours laisse clairement apparaître qu’il mesure pleinement la contribution de Walter à cette technologie unique dans l’Histoire, qui a permis le développement de cette nouvelle arme. Le Führer lui-même a exprimé sa plus grande reconnaissance… Soyez assurés que les travaux de Walter passeront à la postérité et seront éternellement reconnus. Concernant la guerre elle-même, il a créé les bases d’une technologie entièrement nouvelle, dont les différentes possibilités semblent fantastiques pour beaucoup de gens mais dont certaines applications n’ont même pas encore été envisagées.  … Un viel adage énonce que l’on ne se rend compte de l’importance d’une personne que lorsqu’on la perd.  Depuis le 18 août 1943 Walter a laissé un grand vide, qui ne pourra jamais être comblé. Je le vis tous les jours, tout comme ses collègues qui continuent son travail, en suivant le chemin qu’il a commencé à tracer, mais sans son discernement et son inventivité. »

Les contributions déterminantes de Walter Thiel au développement de la fusée A4 en particulier et à l’astronautique en général n’ont pas été oubliées, puisqu’un cratère de la Lune, d’environ 32 km de diamètre, au nord ouest de la face cachée, dont les coordonnées sont 40° 42′ N, 134° 30′ W porte son nom depuis 1970, (un cratère qui se trouve à quelques 200 km au sud-est de celui de Robert Esnault-Pelterie situé à 47° 42′ N et 141° 24′ W) et qu’il figure dans la toute première liste (datant de 1976) des personnalités intronisées au célèbre Hall of fame (panthéon) du Musée de l’Histoire Spatiale qui se trouve à Alamogordo au Nouveau-Mexique (The International Space Hall of Fame, The New Mexico Museum of Space History) qui, comme son nom l’indique, honore les grands personnages ayant marqué l’Histoire de l’astronautique.

Il semble que la petite nièce de Walter Thiel, Karen Thiel, travaille actuellement sur une biographie de son illustre parent.

Dr Walter Thiel et son équipe

L’équipe du Dr. Walter Thiel (2ème à partir de la d.) au polygone de tir n° VII à Peenemünde devant la A4 V3 dont le lancement est intervenu le 16 août 1942 à 12.15 heure locale. (De g à d) : Hans Hueter, Kurt Hainisch, Friedrich Schwarz, (Responsable du banc d’essai), Willi Muenz, Dr. Rudolph Hackh, Helmut Zoike, Dr. Walter Thiel et Dr. Martin Schilling.

La fusée A4, un formidable outil pour la science

C’est à Peenemünde que furent jetées les bases de l’exploration des couches supérieures de l’atmosphère à l’aide de fusées.

Le 8 juillet 1942, Wernher Von Braun, Ernst Steinhoff, Reinhold Strobel (spécialiste en balistique) et Gerhard Reisig qui avait équipé les petites fusées A3 et A5 pour mesurer température et pression, rencontrent le Dr Erich Regener et ses collègues Alfred Ehmert et Erwin Schopper au centre de recherche pour la physique de la stratosphère à Friedrichshafen. [Forschungsstelle für Physik der Stratosphäre fondé et dirigé par Wegener  (1881-1955)].

Il était crucial pour l’équipe de Peenemünde de connaître la composition de la haute atmosphère (notamment la température, la pression et la densité) pour déterminer le comportement des fusées et calculer au mieux les trajectoires balistiques. Dès le 11 juillet 1942, le centre de recherche de l’armée de terre de Peenemünde, commande formellement l’étude d’un équipement composé d’un barographe à quartz, d’un thermographe à fil, d’un spectrographe à rayons ultraviolets, et d’un appareil pour le prélèvement d’échantillons d’air, pour un montant de 25 000 Reichsmark (en 1941 le taux de change officiel  s’établissait à 1 Reichsmark pour 2,5 USD). Von Braun nomme Helmut Weiss comme « interface logistique » entre Peenemünde et l’équipe de Regener, et Gerhard Reisig pour aider cette dernière.

Erich Regener était l’un des plus grands spécialistes au monde de la haute atmosphère de la Terre. A la suite de cette demande il réalisa un appareillage connu sous le nom de « tonneau de Regener », c’est-à-dire un container englobant tous les instruments énumérés plus haut, qui devait prendre la place de la charge utile, placée dans le nez de la fusée A4, pour être ejecté à l’apogée de la trajectoire, environ 80 km. (Regener et son fils Victor avaient envoyé des ballons sondes à des altitudes de 30 km. Ils ont même imaginé un canon à hydrogène, Wasserstoffkanone, qui permettait d’envoyer à partir d’un ballon ayant atteint cette hauteur, une charge utile à 50 km d’altitude). Un parachute imaginé par Regener, dont le déploiement était assuré par le gonflage de poches par du gaz comprimé, devait permettre sa récupération. Un émetteur incorporé facilitait la localisation au sol de l’ensemble.

« L’Institut de Recherches de la télémétrie radio » de Munich avait lui aussi songé à exploiter ces tirs scientifiques de A4 pour réunir des renseignements concernant la modification de la charge électrostatique du corps de la fusée, lors de son passage à travers les nuages cirrus. Il s’agissait là d’un problème d’une importance capitale pour la mise au point d’un détonateur électrique de proximité, destiné aux fusées antiaériennes.

Malheureusement les retards liés à la mise au point de la A4 et du « tonneau » et bien évidemment la fin de la guerre, ne permirent pas d’utiliser cette fusée pour explorer les hautes altitudes, du moins pas en Allemagne. En 1944 on effectua bien des mesures de température et de pression au niveau du nez de la fusée, fondamentales pour l’observation des phénomènes au moment de la rentrée dans les couches plus denses de l’atmosphère, mais rien de plus.

Ce n’est qu’après la guerre que la A4 fut utilisée aux Etats-Unis dans le cadre d’un programme grandiose d’exploration de la stratosphère, de l’ionosphre et de l’exosphère.

Dans ce cadre, la première photo de la Terre depuis l’espace fut prise le 24 octobre 1946 grâce à une A4 (V2 #13) ayant atteint 105 km d’altitude (photo ci-dessous). Le record d’altitude de la précedente photo de la Terre datait de 1937 à bord du ballon Explorer II qui avait atteint 22 km.  En 1950, Clyde Holliday, l’ingénieur ayant adapté sur la A4 la caméra 35 mm, qui prenait un cliché toutes les 90 secondes, écrivit un article dans le Geographic Magazine : « Les photos de la V2 nous montrèrent pour la première fois à quoi ressemblerait la Terre à des visiteurs venant d’une autre planète dans leur vaisseau spatial »

Première photo de l'espace

Puis, le 26 juillet 1948, des photos prises par une caméra à bord d’une A4 ayant atteint l’altitude de 96,5 km permirent de réaliser un panorama de la surface de la Terre couvrant une superficie de plus d’un million de km2. (Cliquer sur la photo pour l’agrandir)

Panorama A4

Les ouvriers d’abord

Alors que Robert Seamans et Wernher Von Braun arrivent pour prendre l’ascenseur de la tour de lancement car ils veulent jeter un coup d’œil sur une fusée, des ouvriers qui attendent, se reculent pour les laisser passer.

Prenant l’un des ouvriers par l’épaule, Wernher von Braun leur dit : « C’est vous qui faites le boulot, c’est vous qui entrez les premiers. »