Un pied de nez en guise d’indicatif

Les astronautes avaient pris l’habitude de donner un nom à leur « capsule » et pour la mission Gemini 3, Virgil Grissom avait choisi l’indicatif « Molly Brown » * en référence à une comédie musicale de Broadway intitulée « The Unsinkable Molly Brown » (l’insubmersible Molly Brown) et ceci, pour faire un pied de nez à la polémique qui a suivi la perte de sa capsule Mercury « Liberty Bell », tombée au fond de l’océan atlantique.
Lorsque la NASA lui a demandé de changer de nom, il a proposé « Titanic »…
C’est bon pour « Molly Brown » lui a-t-on rétorqué !
Peu après, un mémo issu des hautes sphères de la NASA, interdira désormais de donner des noms aux vaisseaux spatiaux, et ce, jusqu’à la mission  Apollo 9, où il fallait faire une distinction entre le CSM et le LM.

Virgil GRISSOM et John YOUNG (au premier plan)

Virgil GRISSOM

*  Margaret Brown (1867-1932) très célèbre au Colorado pour son engagement en faveur des femmes et des plus démunis, acquiert une renommée internationale  en faisant partie des rescapés du Titanic. Sauvée à bord du canot no 6, elle participera  à la création du Comité des Survivants. Ce n’est qu’après sa mort que Hollywood s’empare de son personnage pour un faire un mythe et qu’elle deviendra pour la postérité « L’insubmersible Molly Brown ». Il faut savoir qu’elle a reçu la Légion d’Honneur pour son action au cours de la première guerre mondiale, où, se trouvant en France, elle a aidé à soigner des soldats blessés. Une femme tout à fait exceptionnelle !