Un ticket pour les Etats-Unis

L’équipe de spécialistes allemands ès fusées « importée » aux Etats-Unis pour travailler sur de nouvelles armes, puis au final pour constituer la colonne vertébrale de l’effort américain pour développer des lanceurs spatiaux, travaillait à Peenemünde sur un projet de missile longue portée (inter-continental), la A10 (composée de deux étages : A9 et A10) dont le moteur du premier étage (tout d’abord avec 6 chambres de combustion de A4 et une seule tuyère, avant le développement d’un moteur mono-chambre) aurait eu 200 tonnes de poussée. « Nous l’avions surnommée la fusée américaine (Amerika Rakete) se rappelle Ludwig Roth (1909-1967) au début des années 50, car elle devait avoir une portée lui permettant de traverser l’Atlantique en 40 minutes.

« Cette fusée n’a jamais volée, mais elle nous a emmené ici quand même ! » ironisa t-il.

– Plusieurs concepts furent étudiés dont notamment un dernier étage piloté. A environ 200 km d’altitude l’étage A9, qui était muni d’ailes (testés sur la A4b), entamme un vol planné, guidé par des balises radio embarquées dans des sous-marins déployés dans l’Atlantique, le pilote ajuste la trajectoire finale sur la cible en visuel, et s’éjecte avant l’impact. Il en résulte pour le pilote la mort ou l’internement… Pour accroître la portée et atteindre environ 6 000 km, l’engin aurait pu « rebondir » plusieurs fois sur les couches plus denses de l’atmosphère pour reprendre de l’altitude et prolonger le vol planné…

« Popular Science » Octobre 1947 (Cliquer sur la photo pour l’agrandir)

 

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