George M. Low aura un fils astronaute

George Michael Low.

A l’automne 1975, quelques mois après la mission Apollo-Soyouz, George Low* (1926-1984), administrateur adjoint de la NASA, le numéro deux de l’agence spatiale, se fait enlever (exérèse chirurgicale) un grain de beauté suspect sur le dos, qui se révélera être un mélanome (le plus grave des cancers de la peau) à un stade avancé. Sur les conseils de son ami et ancien collègue, le Dr Charles Berry (1923- ), médecin chef à la NASA, il suit une immunothérapie expérimentale par BCG (Bacille de Calmette et Guérin – vaccin antituberculeux) au Monroe Dunaway Anderson Cancer Center à Houston, afin de stimuler son système immunitaire et éviter les métastases, la propagation à d’autres organes… Le traitement s’avère efficace et son mélanome est en rémission…

En février 1984, une forme agressive de son mélanome réapparaît, ses jours sont comptés. Lors de son séjour à l’hôpital il reçoit de nombreuses visites, dont deux de ses anciens collègues de la NASA, George Abbey (directeur du FCOD : Flight Crew Operations Directorate) et l’astronaute John Young (chef du bureau des astronautes) qui viennent l’informer officieusement que son fils David fera partie du prochain groupe d’astronautes (Groupe 10). Le cancer de George Low étant en phase terminale ils ne sont pas sûrs qu’il sera toujours vivant lorsque la nouvelle sera annoncée officiellement dans quelques semaines. Ils tiennent également à l’assurer que son fils n’a bénéficié d’aucun traitement de faveur, David a été sélectionné sur ses mérites et ses compétences, et non parce qu’il est le fils de George Low.

Cette nouvelle le comble de joie et de fierté…

Finalement David aura le temps d’annoncer la bonne nouvelle à son père, le 23 mai 1984. George Low décède le mardi 17 juillet 1984, 15 ans et 1 jour après le lancement d’Apollo11, à l’âge de 58 ans, il ne verra pas son fils aller dans l’espace.

David Low né le 19 février 1956 effectuera son premier vol spatial du 9 au 20 janvier 1990 à bord de Columbia (STS-32), puis fera deux autres vols, en août 1991 (STS-43), et en juin 1993 (STS-57), cumulant 714 heures et 5 minutes dans l’espace, ce qui comprend une sortie extravéhiculaire de 5 heures et 50 minutes (STS-57). Il décède le 15 mars 2008 d’un cancer du côlon, il avait 52 ans…

*George Michael Low, né Georg Wilhelm Löw, est un illustre ingénieur d’origine autrichienne dont la famille quitte l’Autriche en octobre 1938, peu après le rattachement de leur pays au troisième Reich Allemand (Anschluß – Par la loi du 13 mars 1938 ratifiée par « plébiscite » le 10 avril suivant). Après un passage en Suisse puis au Royaume Uni, la famille Löw arrive aux Etats-Unis le lundi 5 février 1940… En 27 ans il a occupé nombre de postes clefs au NACA et à la NASA jusqu’en 1976.  Ses contributions, notamment au programme Apollo furent majeures, une figure essentielle. Il a perdu son père alors qu’il n’avait que 8 ans ; Arthur Low est mort en 1934, à l’âge de 33 ans… d’un cancer. George Low a eu deux filles et trois fils issus du même mariage célébré le samedi 3 septembre 1949, avec Mary Ruth McNamara (1925-2011)… De 1976 à sa mort il sera le président de son Alma Mater, l’Institut Polytechnique Rensselaer (Rensselaer Polytechnic Institute ou RPI). Pendant son mandat le volume annuel des recherches de l’institut passe de 20 millions à 600 millions de dollars de l’époque. La veille du jour de sa mort, la Maison-Blanche annonce qu’il recevra la Médaille Présidentielle de la Liberté, la plus haute distinction civile américaine. Il la recevra officiellement à titre posthume en 1985…

Lyndon B. Johnson s’exprime après le lancement d’Apollo 11

L’ancien président des Etats-Unis, Lyndon B. Johnson (1908-1973), qui a quitté sa fonction depuis juste six mois, donne son sentiment après le décollage d’Apollo 11 auquel il vient d’assister avec son épouse :

« Il semblait que le demi-million de personnes qui ont travaillé sur ce programme étaient là pour soulever la fusée », a déclaré Johnson. « Je ne crois pas qu’il y ait une seule autre chose que notre pays entreprend, sur lequel notre gouvernement travaille, que nos compatriotes produisent, qui présente un plus grand potentiel pour la paix dans le monde. »

Lorsque le président Kennedy chambre son vice-président

Lorsqu’il reçoit Alan Shepard (1923-1998), le premier américain dans l’espace au cours d’un vol suborbital d’une quinzaine de minutes, à la Maison-Blanche le lundi 8 mai 1961 pour lui remettre la NASA Distinguished Service Medal, le président John Kennedy (1917-1963) sait déjà, d’après les consultations qu’il a initiées dès le 20 avril, huit jours après le vol orbital de Youri Gagarine (1934-1968), que la meilleure chance de laisser les soviétiques loin derrière dans la course à l’espace, est d’envoyer un américain sur la Lune. Rien d’autre ne pourra marquer autant les esprits. Reste à soumettre cet objectif au Congrès et aux américains…

Lors de cette « Rose Garden Party », le président Kennedy chambre un peu son vice-président, Lyndon Johnson (1908-1973) : « Personne ne sait que le vice-président est le président du conseil de l’espace. Mais si ce vol avait été un échec, je vous garantis que tout le monde l’aurait su ! »  Newton « Newt » Minow (1926- ) le président de la commission des télécommunications fédérales (Federal Communications Commission) ajoute : « M. le président, si le vol avait été un échec, le vice-président aurait été le prochain astronaute. »

Une répartie qui amuse beaucoup John Kennedy, un peu moins Johnson.

En plaisantant ainsi avec Johnson il reconnait implicitement qu’il mise énormément sur les succès dans l’espace pour améliorer son image publique, démontrer qu’il est un dirigeant dynamique qui a la ferme intention de gagner la guerre froide.  Il le fera savoir publiquement le 25 mai suivant