Ernst Steinhoff effectue une folle acrobatie

Le Dr Ernst Steinhoff (11 février 1908 – 2 décembre 1987) membre éminent de la Rocket Team de Wernher von Braun, spécialiste des systèmes de guidage des fusées, était un pilote d’avions émérite.

Le 29 juillet 1935, il bat le record mondial de distance en planeur. Ayant décollé de Wasserkuppe dans le massif du Rhön, il parcoure quelque 500 km jusqu’à Brünn en Tchécoslovaquie (actuellement Brno en Tchéquie.)

Ernst Steinhoff en 1935 devant son planeur « Rhönadler », de retour à Wasserkuppe, après son record du monde.

Pendant le déroulement des jeux olympiques de Berlin, Ernst Steinhoff, alors âgé de 28 ans, effectue un looping autour du ballon dirigeable Hindenburg (LZ 129), qui survolait les différents sites olympiques.

Le Hindenburg a notamment survolé le stade olympique à basse altitude, le jour de la cérémonie d’ouverture des jeux, le 1er août 1936, trainant un énorme drapeau olympique.

Le Hindenburg (246,7 mètres de long, 44,7 mètres de haut et d’une envergure de 46,8 m) au-dessus du stade Olympique de Berlin en 1936.

Une « folle » acrobatie, effectuée dans un DFS Habicht (« Autour des palombes »), un planeur de voltige conçu par Hans Jacobs (30 avril 1907 – 24 octobre 1994).

Quatre planeurs ont été utilisés pour les Jeux Olympiques de 1936, l’un piloté par Hanna Reitsch (29 mars 1912 – 24 août 1979). Les démonstrations du Habicht au-dessus et littéralement à l’intérieur du stade olympique ont eu un grand succès. Le vol à voile devait devenir une discipline olympique lors des jeux d’Helsinki en 1940. Après la guerre l’idée sera abandonnée.

DFS Habicht en démonstration lors des jeux olympiques de Berlin.

Des versions modifiées du Habicht, surnommé Stummel-Habicht (« Autour rétrécit ») ont été utilisées pour entraîner les pilotes du chasseur fusée Messerschmitt Me 163 Komet à l’atterrissage. Sur ces versions, l’envergure de l’avion, à l’origine de 14 mètres, est réduite à 8, et 6 mètres.

De 1936 à 1939 Steinhoff dirige le département mécanique de vol et instruments de pilotage, de la Deutsche Forschungsanstalt für Segelflug (DSL – Centre de recherche allemande sur le vol à voile) à Darmstadt, avant de rejoindre le centre de recherche de Peenemünde.

Il ne faut pas s’y tromper, Traité de Versailles oblige, la DSL ne travaillait pas seulement sur les planeurs, mais également sur les chasseurs propulsés par des moteurs fusées, etc.

Un centre de recherche aéronautique allemand de tout premier plan, qui permit de former les futurs pilotes de la Luftwaffe. Le centre compte 73 employés en 1933 et 680 à l’été 1940.

Ernst Steinhoff (circa 1965)

Ce n’est qu’en 1965, aux Etats-Unis, que Ernst Steinhoff recommence à voler régulièrement. Il participe à des compétitions nationales de vol à voile (US National Soaring Contests).

Cette même année, il gagne un deuxième insigne de diamant (US n°46 – FAI 451), juste trente ans après son premier.

Bien évidemment, Ernst Steinhoff pilotait également des avions à moteurs.

Les records battus par Gemini 5

Le 30 août 1965, le New York Times publie un récapitulatif des records battus par Gemini 5, la neuvième mission spatiale américaine. En l’occurrence, cinq records mondiaux, trois records mondiaux individuels, et deux records américains.

  1. Vol spatial habité le plus long : 190 heures et 56 minutes, battant ainsi le record de 119 heures et 6 minutes établi par Valeri Bykovski lors du vol Vostok 5 du 14 au 19 juin 1963. Ce record a été battu à 09:06 le 26 août EDT (Eastern Daylight Time) lors de la 75ème révolution.
  2. Temps total cumulé dans l’espace par pays : 639 heures et 48 minutes, battant le record précédent de 507 heures et 16 minutes établi par 11 cosmonautes au cours de 8 missions. Ce record a été battu le 26 août à 14:01 EDT lors de la 78ème révolution.
  3. Vol spatial le plus long en équipage : 190 heures et 56 minutes, le record précédent de 97 heures et 48 minutes était détenu par James A. McDivitt et Edward H. White lors de la mission Gemini 4 du 3 au 7 juin. Ce record a été battu le 25 août à 11:59 EDT lors de la 62ème révolution.
  4. Nombre de révolutions pour une mission spatiales : 120. Le précédent record de 81 orbites, était détenu par Valeri Bykovski lors de la mission Vostok 5.
  5. Nombre de vols spatiaux : USA = 9, URSS = 8. (NdT : 2 des 9 vols américains sont suborbitaux.)
  1. Premier Homme à effectuer deux vols spatiaux orbitaux : Leroy Gordon Cooper, 38 ans. (Premier vol : Mercury Faith 7 du 15 au 16 mai 1963, 22 révolutions, 34 heures et 20 minutes – Deuxième vol : Gemini 5 du 21 au 29 août 1965, 120 révolutions, 190 heures et 56 minutes. (NdT : le premier Homme a effectuer deux vols spatiaux est Virgil Grissom : Mercury Redstone 4 (vol suborbital) et Gemini 3.)
  2. Temps cumulé dans l’espace : Leroy Gordon Cooper avec 225 heures et 16 minutes. Le précédent record de 119 heures et 7 minutes était détenu par Gordon Cooper et Charles Conrad à 9:06 EDT le 26 août lors de la 75ème révolution.
  3. Plus long vol spatial : Gordon Cooper et Charles Conrad : 190 heures et 56 minutes. Le record précédent de 119 heures et 6 minutes était détenu par Valeri Bykovski. Cooper et Conrad ont battu le record le 26 août à 9:06 EDT lors de la 75ème révolution. (NdT : Valeri Bykovski reste le recordman du monde du plus long vol spatial en solo.)
  1. Plus long vol spatial : 190 heures et 56 minutes. Précédent record de 97 heures et 48 minutes détenu par Gemini 4. Record battu par Gemini V le 25 août à 11:59 EDT lors de la 75ème révolution. (NdT : Egalement record mondial.)
  2. Altitude : 216 miles (347,6 km). Le record précédent de 176 miles (283,2 km) était détenu par Walter M. Schirra lors de son vol Mercury Atlas 8 (Sigma 7) du 3 octobre 1962. Record battu par Gemini 5 le 21 août lors de sa première orbite.

« De la terreur à la Lune », un beau livre truffé d’erreurs incroyables

Pourquoi donc une critique de livre en guise d’anecdote ? Tout simplement car cet ouvrage, intitulé, « De la terreur à la Lune », est symptomatique du « traitement » réservé à Wernher von Braun par de pseudos historiens ou « spécialistes » français, incapables de rapporter des faits exacts, de contextualiser des événements, et si prompts à émettre des jugements.

Féru d’histoire de la conquête de l’espace, j’ai acheté ce très beau livre, paru en 2019, au titre particulièrement bien trouvé : « De la terreur à la Lune. La saga des armes secrètes d’Hitler. » avec ses 230 pages en papier glacé au format 22 x 26, et ses nombreuses illustrations. 

Le sujet est alléchant, il m’intéresse au plus haut point depuis longtemps ; l’atterrissage d’astronautes sur la Lune en 1969, n’a été possible que par la captation par les Etats-Unis, du savoir-faire technologique du Troisième Reich, en matière de missiles balistiques. Le dénominateur commun de ces deux programmes, est bien évidemment Wernher von Braun.

Il s’agit de l’un des derniers ouvrages parus sur ce sujet en français, qui n’est pas une traduction.

Malheureusement, ce livre est une énorme déception, il renferme beaucoup trop d’erreurs factuelles, dont certaines sont extrêmement surprenantes car elles dénotent, au-delà d’une méconnaissance totale de certains aspects historiques, et un travail de recherche insuffisant, un affligeant manque de sagacité.

Sur la quatrième de couverture on peut lire : « Exploitant d’abondantes archives inédites à Londres, à Washington et en France, l’auteur dresse un tableau complet et fascinant d’un programme scientifique à la trajectoire singulière : de la terreur à la Lune. » Hélas, il n’y a absolument rien dans ce livre, que je n’avais déjà lu dans des ouvrages, en français, en anglais, ou en allemand, parus depuis de nombreuses années. 

Il en va de même pour les illustrations, soi-disant, plus de 200 documents rares ou inédits. Que nenni !

Cela dit, nous sommes rompus à ce genre de pratique malhonnête, cette « publicité mensongère », ne constitue en aucune manière un cas d’espèce parmi les éditeurs, prêts à tout pour attirer le chaland.

Un autre point de stupéfaction pour moi : l’auteur de cet ouvrage a obtenu le prix littéraire « La Plume et l’Epée » pour ce travail. Une distinction remise chaque année depuis 2009, qui vise « à promouvoir la culture, la réflexion et l’écriture sur les sciences militaires et les questions de Défense ». Un prix plutôt confidentiel il est vrai, mais tout de même. Un jury, malheureusement aussi incompétent, que l’auteur récompensé.

Ce livre est un exemple parfait, car il révèle les lacunes qu’ont certains historiens ou qui se considèrent comme tels. La première est de préjuger des événements, ainsi par exemple dans le cas qui nous occupe, la SS en 1933 n’est pas la SS de 1945. Comme l’on ne donne pas le dernier grade militaire d’un protagoniste, mais celui qu’il avait au moment des faits évoqués, etc.

Il faut juger dans le stricte contexte du moment, respecter la chronologie. De même les problèmes moraux doivent être contextualisés, mis en perspective. Les pensées et les actions des humains dépendent de leur environnement social, qui varie selon le lieu et le temps. Les systèmes de valeurs varient considérablement d’une époque à l’autre, d’un pays à l’autre. Il est impératif d’en tenir compte. En second lieu, si chacun est libre d’interpréter les faits rapportés, encore faut-il que ces derniers soient exacts. C’est le b.a.-ba de toute étude historique.

Voici donc un florilège des erreurs contenues dans ce livre, par chapitre, dont certaines sont littéralement effarantes.

Max Valier ne trouve pas la mort dans une voiture de course équipée d’un moteur-fusée.  Il trouve la mort lorsqu’avec Arthur Rudolph et Walter Riedel, ils testent un moteur de 100 kg de poussée qui explose sur le banc d’essai. Valier meurt en quelque minutes dans les bras d’Arthur Rudolph, sa carotide sectionnée par un « shrapnel », il s’est vidé de son sang avant l’arrivée des secours.

Pour pinailler, en 1929 il s’agit de « Wa Prw 1 ». Le capitaine Ernst Ritter von Horstig est responsable de la sous-section Wa Prw 1/1. Il ne devient responsable de la section Wa Prw 1 qu’en 1933 après la promotion de Becker comme responsable de tous les tests du HWA (Heereswaffenamt – bureau des armes de l’armée de terre). Dornberger prend alors la place de von Horstig à la tête de Wa Prw 1/1.  L’appellation Wa Prüf 11 n’apparait qu’en avril 1938. -Abteilung fur Sondergerat (département des engins spéciaux). Amtsgruppe für Entwicklung und Prüfwesen – L’ensemble des bureaux en charge du développement et des tests des nouvelles armes est désigné par (Wa Prw. puis Wa Prüf.)

Il faut attendre le printemps 1932 pour que Becker, von Horstig et Dornberger prennent contact avec « les Fous de Tegel ».

WvB signe son premier CDD de 4 mois avec l’armée allemande le 27 novembre 1932.

Kummersdorf se situe à quelque 45 km de Berlin (vol d’oiseau) ! On trouve le chiffre de 28 km dans l’ouvrage de Willy Ley (Rockets, Missiles and Space Travel) qui a connu de nombreuses augmentations et rééditions, il aura certainement confondu le mile avec le km.

Kurt Wahmke a trouvé la mort dans l’explosion d’un moteur fusée le 16 juillet 1934 ! Comment peut-on commettre une telle erreur ? Il suffit de faire une rapide recherche sur internet pour avoir les dates de naissance et de décès de ce pionnier !

C’était le 1er mai 1935 à 77 ans, 4 mois avant son décès.

Une « subtile » allusion au roman de H. G. Wells, « L’ile du Dr Moreau », peuplée de créatures monstrueuses. Pour info : Walter Dornberger n’a jamais obtenu de doctorat stricto sensu. En 1935 on lui décerne le titre honorifique de docteur honoris causa. 

Absolument pas, Peenemünde comptait quelque 550 habitants. 33 familles vivaient de la pêche. Il y avait 82 maisons, une école, une chapelle à côté du cimetière, des commerces, deux auberges “Zur Schwedenschanze“ et « Zur Post », une laiterie, etc. Après les graves inondations de 1872, 1904 et 1913, une digue de 1,80 mètres de haut fut érigée. Le village fut relié à l’électricité en 1928. Les habitants du village furent expropriés lorsqu’en 1936 l’armée de terre et l’armée de l’air s’associent pour créer un centre de recherche sur les fusées. En 1940, 80% du village avait été détruit. Certains commerçants déménagèrent leur boutique dans la Karlshagener Siedlung du centre de recherche…

Il s’agit là d’une erreur rien moins qu’ahurissante. Je n’en reviens pas. Greifswalder Oie est une île de 54 hectares située à 12 km au Nord-Est de Peenemünde, à partir de laquelle plusieurs lancements de fusées ont eu lieu (notamment des tirs de A3, A5, les tirs verticaux de la A4, des essais des missiles sol-air Wasserfall et Enzian).

Jamais cet îlot n’a abrité la Entwicklungswerk Ost, qui signifie au passage « usine de développement Est » et non pas « centre de l’Est ». Plus tard il y aura l’usine de production Werk-Sud (Versuchsserienwerk) toujours à Peenemünde. Werk-Ost se trouve bien à Peenemünde proprement dit. On imagine les problèmes de logistique si le site de développement dédié aux recherches, avait été érigé sur cette île !

Pour les tirs effectués à partir de Greifswalder Oie, la Wehrmacht y avait construit un bunker de lancement, avec instruments de mesure (deux cinéthéodolites fixes, radars utilisant le système de Walter Wolman, etc.)  Il existait une ferme auberge sur l’île « Der Hinselhof » avec 14 chambres, où Wernher von Braun et ses amis aimaient se rendre en voilier pour déguster un bon repas. Il y avait également un petit restaurant (au départ un refuge pour marins en détresse), le « Seemannsheim » aux abords du petit port de pêche. Le phare de 48,5 mètres de haut (optique comprise) mis en service en 1855 fut relié à l’électricité en 1938. Ce phare avait une portée de 48 km.

Certainement pas. Puisque Walter Thiel, qui a remplacé Kurt Wahmke, à la tête de l’équipe en charge de la propulsion, est toujours à Kummersdorf à ce moment là, ce personnel ne rejoindra Peenemünde qu’à l’été 1940, lorsque la construction des pas de tir et bancs d’essais sera terminée. La centrale électrique du port par exemple, ne sera achevée que fin 1942, et mise en service début 1943. La Fertigungshalle 1 pour la production en série, est achevée en 1943. Il y a également les bancs d’essais adjacents, les voies de chemin de fer et les caténaires pour les locomotives électriques, la gare. L’usine de production d’oxygène liquide, haute de trois étage et demi, la plus grande d’Europe a été terminée fin 1942.

Ce chiffre est largement exagéré. A son apogée, en 1943, Peenemünde employait entre 10 000 et 12 000 personnes, en tout.

Faux, les spécifications de la A4 ont été arrêtées dès 1936 et approuvées par Werner von Fritsch alors commandant en chef de l’armée de terre.

Tout d’abord, en mars 1939 il ne s’agit pas de sa première, mais de sa troisième visite au centre d’essai de Kummersdorf. En second lieu, Hitler n’a pas pu s’y rendre le 23 mars 1939, (incidemment c’est le 27e anniversaire de Wernher von Braun) car ce jour-là il se trouve dans le territoire de Memel que le Reich vient d’annexer ! Cette troisième visite s’est déroulée le 9 mars 1939.

Pas exactement, le 20 novembre 1939 Hitler ordonne à Becker de réduire les quotas d’acier de Peenemünde pour l’année 1940, qui passent de 6 000 tonnes à 2 000 tonnes par mois. Cette réduction permet de poursuivre les travaux de recherche sur la A4 comme avant, mais retarde la construction de la gigantesque usine de production en série, qui devait être terminée lorsque la A4 serait au point.

Le début de la guerre en 1939, au lieu de 1942-44 comme l’avaient prévu les têtes pensantes de l’armée allemande, a provoqué de graves pénuries de munitions après la campagne de Pologne, d’où cette décision. A aucun moment Hitler raye le programme des fusées de ses priorités. Le développement est une chose, la production en série en est une autre.

Le VKN pour « Versuchskommando Nord » (Détachement/Commando expérimental nord) est créé en novembre 1941 après le déclenchement de l’opération « Barbarossa » qui a mobilisé 3,4 millions de soldats allemands. Il s’agit d’un subterfuge pour soustraire du front, les scientifiques mobilisés. Le VKN comptait alors 641 officiers et hommes du rang, et 15 administratifs. Tout au long de la campagne contre l’URSS, des scientifiques et des ingénieurs seront rapatriés vers Peenemünde dans le cadre du VKN.

Un chapitre principalement technique, avec les spécifications de la A4 série B (Baureihe B) du 1er février 1945, modifiée pour la production en série. La A4 n’a cessé d’évoluer, notamment ses dispositifs de guidage. Pour produire la A4 en série, il a fallu apporter des milliers de modifications pour « simplifier » l’engin, notamment le moteur. Il existe de nombreux documents sur le sujet.

Le premier vol réussi de la A4, le 3 octobre 1942, est relaté du point de vue de Walter Dornberger, tel qu’il l’a si bien décrit dans son livre « l’Arme secrète de Peenemünde ».

La première visite d’Himmler est intervenue le 11 décembre 1942.

Très gros problème de chronologie, car en 1943 Kammler est SS-Brigadeführer. Il ne sera promu SS-Obergrüppenfuhrer qu’en avril 1945…  Entre temps il passera par le grade de SS-Gruppenführer und Generalleutnant der Waffen-SS le 30 mars 1944.

Les premiers travailleurs forcés pour la production en série, 200 personnes, (pour moitié allemands et russes) arrivent le 17 juin 1943. Le 11 juillet 1943, arrive un deuxième transport de 400 personnes, majoritairement des français, que les autorités veulent aussitôt échanger contre des allemands.

Au final, il y aura en tout et pour tout 600 travailleurs. Ils sont logés au sous-sol du hall d’assemblage F1, qui prend administrativement la dénomination de Karlshagen Aussenlager II. Il est rattaché au KZ de Ravensbrück, qui était un camp de concentration pour femmes.

Tout cela, en attendant la construction d’un camp dédié, et le transfert de 2 500 travailleurs forcés supplémentaires, qui est le quota attribué à Peenemünde.

En définitive ces 600 travailleurs restent 4 mois à Peenemünde, jusqu’au 13 octobre 1943 lorsqu’ils sont transférés à Nordhausen.

Le chef du détachement SS, chargé de la surveillance, est le SS-Untersturmführer (sous-lieutenant) Arnold Strippel. Le premier bombardement de Peenemünde dans la nuit du 17 au 18 août 1943 a mis un terme définitif à la production en série de la A4 sur le site.

Il a également existé à Peenemünde, le Karlshagen Aussenlager I, de mai 1943 à février 1945 dans la zone de la Luftwaffe, il comptait environ 1 200 personnes. (Aussenlager = camp subsidiaire dépendant administrativement d’un camp principal).

Sur 27 pages, que compte ce chapitre, 8 sont consacrées au lancement du missile V2 par les troupes mobiles. Le restant évoque les armes de représailles 1, 3 et 4 qui n’ont aucun rapport avec la conquête de la Lune ou Wernher von Braun, mais il fallait bien les évoquer puisque le sous-titre de l’ouvrage est : « La saga des armes secrètes d’Hitler. »

Les informations délivrées sont connues de longue date. L’auteur a oublié d’aborder le lancement de V2 à partir de plates-formes tractées par des sous-marins.

C’est Hanna Reitsch.

Très vite rebaptisée officiellement A4B.

Encore une erreur ahurissante. Un « rapport historique » ! Au secours ! Plutôt un cas typique de désinformation du temps de la guerre froide.

Ce « rapport » évoque également le Ohrdruf Truppenübungsplatz – zone d’entrainement militaire – (qui existe depuis 1871) et les installations sous-terraines dans le Jonastal, qui auraient servies à des essais atomiques ainsi qu’au test d’un dispositif émettant des rayons électromagnétiques, destinés à interférer avec les moteurs des avions alliés et les faire s’écraser… Là aussi, des « témoins » ont affirmé que dans les environs, les moteurs des voitures s’arrêtaient spontanément… 

Cette région a fait partie de la zone d’occupation soviétique, qui y installera une base militaire, puis sera rétrocédée à l’Allemagne de l’Est en 1947.

Aucune fusée Amerika n’a jamais été lancée !

Comment peut-on colporter de telles inepties ?

Ce chapitre relate le renseignement et les contre-mesures face à la menace des armes de représailles. Notamment les opérations Hydra (opération ponctuelle de la RAF sur Peenemünde) et Crossbow qui est une suite de bombardements sur les sites en lien avec les armes V.  Là encore les informations délivrées ont fait l’objet de nombreux ouvrages. Rien de nouveau.

Appellation ambiguë. Il ne faut pas tout confondre, ce sont les ateliers de « l’Usine du Centre » – Mittelwerk – dans lesquels travaillent des détenus du camp de « Mittelbau Dora ». Deux entités parfaitement distinctes.

Les internés du « camp de Dora », qui fut d’abord  un Aussenlager du camp de Buchenwald à compter du 28 août 1943, puis un Hauptlager à partir du 29 octobre 1944, n’ont pas tous travaillé sur l’assemblage des V2, le pourcentage s’établit à quelque 30% au début, et 12% les derniers mois.

Ceux qui travaillaient directement sur les missiles (ou autres armes) avaient beaucoup plus de privilèges (en plus bien évidemment de leurs conditions de travail, comme on peut d’ailleurs le constater sur les photos proposées, avec des détenus assis effectuant du travail de précision.) que ceux affectés par exemple à l’excavation et à l’aménagement des tunnels…

On peut facilement remplacer un travailleur maniant une pelle ou une barre à mine, mais certainement pas un ouvrier qualifié, que l’on a dû former pour travailler sur l’assemblage des composants d’un engin aussi élaboré que la V2.

Avec ce document on atteint le comble de la désinformation et de l’incompétence. Car cette photo n’a pas été prise à Dora ou à Mittelwerk, mais dans la ville de Gardelegen (140 km à vol d’oiseau de Nordhausen) où le 13 avril 1945, 1 016 détenus en provenance des camps de travail environnants évacués, ont été brûlés vifs dans une grange. Il n’y aura que 8 rescapés. (Début avril 1945 les aussenlagern du camp de concentration de Mittelbau-Dora ; Ellrich-Bürgergarten, Ilfeld, Mackenrode, Nüxei, Osterhagen, Rottleberode, Stempeda et Wieda ainsi qu’un aussenlager du camp de concentration de Neuengamme à Hanovre-Stöcken sont évacués devant l’approche des troupes alliées. Ces « marches de la mort », induites par le délabrement des réseaux routiers et ferrés, firent d’innombrables victimes.)

Les dossiers du FBI sur Wernher von Braun indiquent le 21 mars. Selon l’intéressé lui-même, dans la nuit du 21 au 22 mars.

L’information est parfaitement exacte, sauf qu’il ne faut pas oublier un petit détail, curieusement toujours occulté par les auteurs. Par ignorance ? A dessein ?

Début 1933, la SS annexe toute les sociétés hippiques, les clubs équestres d’Allemagne. A compter de cette date, quiconque veut prendre des cours d’équitation doit obligatoirement passer par une école SS !

Il n’a pas été le seul dans ce cas. Qui plus est, qu’est-ce que l’organisation SS en 1933 ? Il ne faut pas présumer ce qu’elle deviendra quelques années plus tard ! C’est bien pour cela, que la SS-Reitersturm, sera la seule et unique formation SS à n’avoir pas été qualifiée de criminelle par le tribunal de Nuremberg.

Cette fois l’information exacte !  Très précisément le 11 décembre 1942. On se rappelle que l’auteur a écrit page 67 : « Le chef de l’ordre noir rend une première visite à Peenemünde au début du mois d’avril 1943 ».

De nouveau un très fâcheux problème de chronologie, et une sidérante confusion dans les grades !

C’est le 8 février 1942 que Albert Speer remplace Fritz Todt comme ministre de l’armement et des munitions. Comme l’indique Speer dans ses mémoires, « Au cœur du Troisième Reich » au chapitre 25 : « Ma collaboration avec Himmler avait commencé immédiatement après ma nomination au poste de ministre par une fausse note. Presque tous les ministres du Reich, dont Himmler devait prendre en considération l’importance politique ou personnelle, s’étaient vu attribuer par lui un grade honorifique dans la SS… ».

La proposition d’Himmler a donc dû se faire courant 1942 « immédiatement après ma nomination au poste de ministre » et non pas en 1944.

C’est ainsi qu’Himmler lui propose le grade honoraire de SS Oberst-Gruppenführer dans la Allgemeine SS, qui est le grade juste au-dessous de celui d’Himmler, Reichsführer SS !

Contrairement à von Braun, pressé lui aussi par Himmler de rejoindre la Allgemeine SS, ce qu’il fera en 1940 pour ne pas attirer l’attention sur lui, et pour qu’on lui foute la paix, Speer peut se permettre de refuser cet « honneur », fort de sa position, et de ses relations privilégiées avec Hitler.

« Flairant le piège » ; tu m’étonnes !

Au printemps 1942 Kammler est encore SS-Brigadeführer. Il ne deviendra SS-Obergruppenführer que le 1er avril 1945.

Kammler n’a jamais été SS-Oberst-Gruppenführer, un grade qui n’a été attribué que quatre fois et à seulement deux dates ! 

En revanche, des SS-Obergruppenführer, il en a existé plus d’une centaine. 

Là encore il faut faire preuve d’un peu de réflexion, Speer et Kammler n’ont pas du tout la même « importance » ou « influence » au sein du régime, jamais Himmler ne leur aurait octroyé un grade équivalent.

Pas du tout, cette affirmation de Wernher von Braun est parfaitement exacte ! Il n’a pas menti !

Depuis le début, l’auteur confond tout. Quelle incompétence !  L’usine de Mittelwerk où sont assemblés les V2 (entres autres armes) et le camp de travail de Dora, à proprement parler, sont deux entités distinctes. Au départ le commando de travail Dora, issu de Buchenwald, a pour mission d’élargir et d’aménager les tunnels existants de la Wifo, pour la future usine de production en série, sous-terraine.

Si les premiers mois, les détenus dorment, mangent, survivent dans les tunnels dans des conditions innommables, lorsque la production en série commence réellement, en janvier 1944, des barraques, une infirmerie etc. sont construits aux abords (environ 1 km) de l’entrée du tunnel B de l’usine, qui constitueront physiquement le camp de travail de Mittelbau-Dora, qui va lui aussi essaimer quelque 40 camps satellites, pour creuser et aménager de nouveaux tunnels, pour différentes usines de production d’armes implantées dans le massif du Harz.

Au fur et à mesure que les barraques se construisent, les détenus quittent les tunnels… Le Troisième Reich était lancé dans une course contre la montre effrénée pour produire en série les nouvelles armes, notamment les V1, V2, l’avion He-162, le moteur à réaction du Me 262, les missiles anti-aériens « Taifun » et « R4M » etc., dans l’espoir fou que ces dernières pourraient renverser la situation.

Pour creuser les tunnels, et les aménager en une usine moderne le plus rapidement possible (en quelque trois mois), il n’a été fait aucun cas de la vie de ces travailleurs forcés.

Pourquoi donc von Braun, le directeur technique de Peenemünde-Est, responsable du développement de la A4, se serait-il rendu dans le camp de travail de Mittelbau-Dora ?

Lorsque von Braun se rend à Nordhausen, c’est pour rencontrer les responsables de la production en série de Mittelwerk, et s’enquérir des problèmes techniques affectant cette dernière. Le travail de von Braun, et d’une grande partie de son équipe à Peenemünde et à Blizna à ce moment-là, est de « simplifier » Das Gerät (l’engin), pour la production en série, et de comprendre pourquoi autant de missiles se désagrègent lors de la rentrée dans la basse atmosphère. Ces explosions ne sont pas dues au sabotage, mais à un manque de rigidité au niveau du haut du corps de la fusée.

Lorsque von Braun rencontre l’éminent physicien Charles Sadron, c’est également dans un des tunnels de l’usine sous-terraine dédiés à l’assemblage des V2 (la transversale 28 en l’occurrence) et non dans le camp de Dora !

Tous ces amalgames, toutes ces erreurs, ne sont pas dignes d’un historien, ou qui se prétend comme tel !

Voici un article concernant le procès d’Essen.

L’orthographe exacte est Rickhey.

Il était le directeur général de Mittelwerk GmbH. A noter : il fut acquitté de l’accusation de crime de guerre en 1947, par le tribunal militaire américain qui siégeait à Dachau. Lui est acquitté, et l’ingénieur Wernher von Braun aurait du être condamné ? Il faut rester cohérent.

Lorsque Oskar Schindler fait travailler des juifs dans son usine, c’est un héros, lorsque von Braun veut aider des détenus de Mittelwerk, en leur proposant de venir à Peenemünde, il est vilipendé ! Soit dit en passant, ils auraient été bien mieux traités… Il existe de nombreux témoignages de travailleurs forcés de Peenemünde.

« Leur état famélique » ! Franchement, pour dénoncer les conditions de détention et de travail forcé, l’auteur aurait pu trouver mieux, les traits des visages et la corpulence générale de ces deux personnes, n’inspirent pas d’inquiétude particulière. J’ai montré la photo sans la légende à plusieurs personnes, ils n’ont rien trouvé d’anormal ! Où étaient affectés ces deux personnes ? L’auteur n’en sait rien !

Il existe tellement de photos insoutenables, celle-ci est très loin d’en faire partie.

En Allemagne, pendant les derniers mois de la guerre, c’est la rupture de la chaîne d’approvisionnement des produits alimentaires ; c’est partout la sous-alimentation, voire la famine dans les grandes villes d’Allemagne. L’alimentation des soldats a priorité sur tout. Les travailleurs forcés en furent les premières victimes.

Le directeur de la production et de l’assemblage Arthur Rudolph mesurait 1 m 73, lorsqu’il prend ses fonctions à Mittelwerk I il pèse 82 kg, lorsque la production des V2 s’arrête, il ne pèse plus que 57 kg.

Si à la date du 3 octobre 156 fusées ont bien été lancées, toutes n’atteignent pas leur cible. Cf https://www.v2rocket.com/start/deployment/timeline.html

On retrouve ce nom sur plusieurs sites internet français, de piètre qualité… Sauf qu’en allemand, Graf est un titre de noblesse, équivalent à celui de Comte, ou encore un nom de famille. L’ingénieur en question est Friedrich von Saurma, qui a travaillé à Peenemünde Ouest (secteur armée de l’air) sur le V1. Il se trouve qu’il était Comte.

En 1954, il rejoint le Baron Wernher von Braun à Huntsville. (Dans la hiérarchie nobiliaire le Comte est au-dessus du Baron). Son épouse n’est autre que Ruth von Saurma qui a travaillé au bureau des relations publiques du centre spatial Marshall ; sa spécialité, les relations internationales.

Ce chapitre résume la dernière phase des offensives des V1 et V2, plus stratégique en grande partie, que les premiers tirs sur Paris ou sur Londres. La Luftwaffe ayant effectivement, depuis bien longtemps, perdu la maîtrise du ciel. Comme pour le chapitre précédent, il existe de nombreux ouvrages sur la question. Ce sujet, sur les opérations militaires, est parfaitement connu.

L’opération « coup de tonnerre » commence depuis le sol allemand, le 21 octobre 1944.

L’auteur au fil des pages, vantant à juste titre la résilience du peuple anglais, oublie tout de même de mentionner le déplacement de plus d’un million de personnes vulnérables (enfants, femmes enceintes etc.) hors de portée des missiles entre juillet et septembre 1944 (Operation Rivulet).

Plus de 2 millions de personnes avaient été évacuées lors du Blitz sur le Royaume-Uni du 7 septembre 1940 au 21 mai 1941.

Ces déplacements ont également causé des traumatismes durables dans les familles…

De la même façon, beaucoup d’industries ont été déplacées…

Lorsque les premiers V2 s’abattent sur Londres, c’est le black-out total de l’information. Les explosions sont attribuées à des canalisations de gaz. Le gouvernement ne fera aucun démenti…

Le dernier missile a été tiré le 20 février 1945.

Non pas toutes. La dernière évacuation a lieu le 7 mars 1945, elle inclut des femmes et des enfants.

Faux. Le chiffre 4 325 représente le nombre total de personnes employées à Peenemünde à ce moment-là. Que dire du millier de camions ?

  • 1 940 personnes travaillaient sur la A4 (développement et modifications)
  • 270 sur la version ailée A-4B
  • 1 220 sur le missile sol-air Wasserfall
  • 135 sur le missile sol-air Taifun
  • 760 administratifs et préposés à la logistique.

Sur ces 4 325 personnes, quelque 30% ne se rendront pas dans le Sud de l’Allemagne, la plupart pour des raisons personnelles. Ce sont donc un peu plus de 3 000 personnes qui seront évacuées, principalement par le train. Le matériel le plus lourd sera déménagé par barge. Le premier train avec 525 personnes quitte Peenemünde le 17 février 1945. On emmène même des vaches pour le lait des bébés. Le personnel en charge du guidage sera évacué par camion, les femmes et les enfants dans des bus.

Aucune A9, ou plutôt A-4B, n’a jamais été lancée « dans le Harz » ! En consultant la source citée à l’appui de cette information, et pas n’importe laquelle, d’où mon étonnement : VON BRAUN W. et LORDWAY F., « Les fusées, de la préhistoire à la conquête de l’espace », Paris, 1976, p. 181-182″, j’ai constaté que l’auteur avait carrément interprété les données délivrées, et qu’il ne s’agissait donc pas d’une erreur de cette dernière. Interprétation totalement erronée, qui révèle de nouveau un cruel manque de jugement.

On notera au passage que ce n’est pas LORDWAY mais ORDWAY, Frederick Ira ORDWAY III.

Dans l’ouvrage en question on peut lire : « Quant à la fusée « A-9 », c’était une « A-4 » avec des ailes. Deux de ces engins furent essayés en vol pendant l’hiver 1944-1945. Le premier fut un fiasco, mais le second grimpa presque verticalement dans le ciel, à une vitesse quadruple de celle du son… ».

J’ai vérifié, à aucun moment dans ce livre il est mentionné que ces tirs d’essai du missile A-4b ont été effectués dans le Hartz. Il ne s’agit donc pas non plus d’une erreur dans le numéro des pages.

Comment l’auteur a-t-il bien pu déduire que des essais ont été réalisés dans le Harz alors que sa source évoque « l’hiver 1944-1945 » ? On se souvient qu’il aborde, un peu plus haut dans le chapitre, l’évacuation de Peenemünde ; début 1945. Cette dernière a été effectuée en plusieurs phases, principalement de février à mars 1945. Il est donc matériellement impossible, que les équipes de von Braun aient pu lancer un prototype dans le Harz, en si peu de temps, compte tenu des préparatifs, des infrastructures nécessaires, pour que notamment, les paramètres d’un tel vol d’essai puissent être enregistrés.

Les essais en vol (2 ou 3 selon les sources) de la A-9 / A-4b, ont bien eu lieu à Peenemünde durant l’hiver 1944-1945. L’un en décembre 1944, le dernier en janvier 1945 ! 270 personnes travaillaient sur ce programme à Peenemünde.

C’est le 14 avril 1955 vers 21:00 (heure locale) que 103 allemands et leurs épouses sont naturalisés américains dont Wernher von Braun. (Même avec le décalage horaire cela reste le 14 avril en France). Le 11 novembre 1954, 39 allemands célibataires ou mariés en Allemagne avant leur venue sur le sol américain, avaient été naturalisés.

La station d’Antigua n’existait pas encore en 1958 ! C’est la station Minitrack de Brown Field en Californie qui reçoit le premier signal d’Explorer 1. Brown Naval Auxiliary Air Station près de Chula Vista dans la « banlieue » de San Diego.

Non, Capitale spatiale de l’univers.  « Welcome to Huntsville, Space Capital of the Universe. »

On constate avec stupéfaction que l’auteur, soi-disant spécialiste, confond le vaisseau spatial avec le lanceur. Inouï. Faith 7 était l’indicatif de la mission. Le nom que l’astronaute Leroy Gordon Cooper a choisi de donner à son vaisseau spatial. Le lanceur est une Atlas D LV-3B.


Il est tellement regrettable d’observer, à quel point la doxa arrive à contaminer certaines « études historiques ».

Cette « anecdote » est la reprise de mon post sur : https://spatial.forumdediscussions.com/t3272-critique-du-livre-de-la-terreur-a-la-lune-de-hugues-wenkin en date du 10 octobre 2020.