Un cosmonaute à bord d’Apollo 17

Le grand économiste américain d’origine allemande Oskar Morgenstern (1902-1977), alors directeur du centre de théorie économique appliquée de l’Université de New York, avait proposé en mai 1972 que la NASA enterre symboliquement la hache de la course à l’espace en invitant un cosmonaute à participer à la dernière mission Apollo.

Imaginons un équipage Cernan, Evans, Leonov…

La suggestion fut poliment refusée.

Cecile Grissom pose la main sur le vaisseau spatial de son fils

Quelques semaines avant l’incendie d’Apollo 1, survenu le 27 janvier 1967, les parents de l’astronaute Virgil « Gus » Grissom, Dennis (1903-1994) et Cecile (1901-1995) font le voyage depuis l’Indiana pour voir leur fils. Ce dernier demande à Charles « Chuck » Friedlander (1928 – ), chef du Astronaut Support Office au Cap Canaveral (une antenne du bureau des astronautes pour les seconder, les assister lorsqu’ils sont au Cap ) de leur faire la visite des installations de lancement.

Cecile Grissom étant toujours très inquiète pour son fils, comme toutes les mamans, il avait demandé à Chuck Friedlander de la rassurer en lui parlant de toutes les mesures de sécurité.

Friedlander emmène les parents de Grissom au complexe de lancement 34, là, ils prennent l’ascenseur jusqu’au niveau huit pour voir de près le module de commande… Cécile Grissom se retourne vers lui et demande : « Puis-je le toucher pour lui porter chance ? »

– Bien sûr.

Cecile Grissom tend le bras et pose la main sur le module de commande.

Charles Friedlander se demande souvent combien de fois Cecile Grissom a bien pu repenser à ce moment !

Virgil Grissom embrasse sa mère après son vol Gemini 3 (mars 1965). Crédit Photo : Ralph Morse/ LIFE
Les parents de Virgil Grissom après le premier vol de leur fils (juillet 1961). Lorsqu’un journaliste demande alors à Cecile Grissom si elle aimerait que son fils fasse la première mission sur la Lune, elle répond : « non ». https://outlet.historicimages.com/products/dfpa96205

Le coût de la mission Apollo 10

Le 18 mai 1969, jour du lancement d’ Apollo 10, des officiels de la NASA annoncent que le coût de la mission s’élève à 350 millions de dollars (2,437 milliards en dollars constants). Soit, 185 millions pour la Saturn V (1,288 milliards USD 2019) , 55 millions pour le module de commande et de service (383 millions USD 2019), 41 millions pour le module lunaire (285,5 millions USD 2019), et 69 millions pour les « opérations », lancement, suivi, récupération (480,5 millions USD 2019).

Certains spécialistes ont remis ces chiffres en question, car ils ne tiennent pas compte des énormes investissements réalisés pour les infrastructures, que ce soit au sein des trois principaux centres spatiaux, et chez les contractants.

C’est ainsi qu’un expert de l’industrie a calculé que le prix de revient du module lunaire était plus proche de 100 millions si l’on prenait en considération ce facteur. (696 millions en dollars constants)

Si l’on extrapole, le coût de la mission Apollo 10 serait donc, pour le moins, 143,9 % plus cher, et s’élèverait plutôt à 853,65 millions, soit 5,91 milliards de dollars en monnaie constante. Pour le moins, car le coût des infrastructures liées au développement, à l’acheminement des étages et à l’exploitation de la Saturn V est sans commune mesure avec celui dévolu au LM.

Pour ce qui est du coût moyen d’une mission Apollo habitée, sachant que le programme a coûté grosso-modo 25 milliards de dollars (1972) soit 152 milliards en monnaie constante (2019), il suffit de diviser ce montant par le nombre total de missions habitées,11, ce qui donne… 13,8 milliards de dollars !