Michael Collins seul comme aucun terrien ne l’avait jamais été

Michael Collins, (31 octobre 1930 – 28 avril 2021) seul en orbite autour de la Lune lors de la mission Apollo 11, pendant que Neil Armstrong (5 août 1930 – 25 août 2012) et Buzz Aldrin (né le 20 janvier 1930) sont sur la Lune, reste, à chaque révolution (14), environ 47 minutes sans voir la Terre et sans pouvoir contacter le Contrôle de Mission.

Alors qu’il se trouve en quarantaine avec ses deux coéquipiers, il reçoit une lettre :

« Quelle magnifique expérience ce dut être, seul à contempler un autre corps céleste, tel un dieu de l’espace !  Il existe un degré de solitude, que l’on ne peut pas appréhender si on ne l’a pas vécu. Vous avez fait l’expérience d’une solitude qu’aucun Homme avant vous n’avait jamais connue. Je pense que vous allez vous rendre compte, que cela vous permet désormais de raisonner et de percevoir les choses avec beaucoup plus d’acuité. »

L’auteur de la missive a lui aussi connu une immense et longue solitude physique pendant les 33 heures et trente minutes qu’a duré sa traversée de l’Atlantique, de New-York à Paris, du 20 au 21 mai 1927 ; il sait de quoi il parle. Il s’agit bien évidemment de Charles Lindbergh (4 février 1902 – 26 août 1974).

Charles A. Lindbergh qui écrira la préface de l’éblouissante autobiographie de Michael Collins intitulée « Carrying the Fire », dont la première édition date de 1974 (cinquième anniversaire d’Apollo 11), parue quelques semaines avant son décès.

« Je savais que j’étais seul, comme aucun terrien ne l’avait jamais été. »

« I knew I was alone in a way that no earthling has ever been before »

Michael Collins in « Carrying the Fire ».

L’interrogatoire de Thomas Paine, administrateur de la NASA

Dans le cadre de la procédure judiciaire intentée par Madalyn Murray O’Hair contre l’administrateur de la NASA Thomas O. Paine qu’elle accuse de favoriser le prosélytisme religieux au sein de l’agence spatiale, cette dernière lui fait subir cet interrogatoire à distance. Seules les questions figurent dans le document consulté, traduit par mes soins, mais elles valent le détour…

(1) Veuillez préciser vos fonctions au sein de la National Aeronautics and Space Administration.

(2) Citez le service de la NASA responsable des calculs relatifs au lancement et à la durée pendant laquelle le module de commande reste en orbite autour de la Lune.

(3) Citez le nom de la personne qui valide définitivement ces calculs.

(4) Combien de sites d’atterrissage sur la surface de la Lune ont été approuvés. Quels sont les coordonnées sélénographiques de ces derniers ?

(5) Est-ce que l’exploration de ces sites est conditionné par l’angle du soleil au-dessus de l’horizon lunaire ?

(6) Quel éventail d’angles solaires est autorisé, le soleil peut-il être indifféremment au-dessus de l’horizon est, ou de l’horizon ouest ? Sinon lequel doit-on utiliser ?

(7) Quelles durées de temps correspondent à cette fourchette d’altitudes solaires ? Quelle est la différence de temps correspondant à la différence de longitude de ces sites d’atterrissage ?

(8) Est-ce que l’un des objectifs de la mission Apollo 8 était de photographier tous ces sites d’atterrissage ? Était-ce l’objectif d’Apollo 10 ? Si non, quels étaient les sites à photographier prévus par le plan de vol ?

(9 ) Était-il essentiel que cette reconnaissance photographique soit réalisée ? Quels changements auraient-ils du falloir faire dans le plan de vol d’Apollo 10 si tous les appareils photos à bord d’Apollo 8 avaient été défaillants ? Quels changements auraient-ils du falloir faire dans le plan de vol d’Apollo 11 si tous les appareils photos à bord d’Apollo 10 avaient été défaillants ?

(10) Est-il désirable que l’angle d’illumination pendant les prises de vues soit le même pour l’atterrissage ? Quel différentiel, en temps et en angle, est tolérable ?

(11) Est-ce que le site d’atterrissage de la première mission sur la Lune a-t-il été sélectionné avant le lancement d’Apollo 8 ?

(12) Quelle était l’altitude du soleil au site d’atterrissage d’Apollo 11 au moment où Apollo 8 l’a survolé pour la première fois ? Quelle était son altitude lorsque Apollo 9 l’a survolé pour la dernière fois ? (NdT : Apollo 9 est resté en orbite terrestre basse.)

(13) Répondez à la question (12) pour Apollo 10.

(14) Si des problèmes techniques avaient retardé le lancement d’Apollo 8, décrivez les modifications du plan de vol, au fur et à mesure que ce retard se prolonge. Précisez, en heure, les délais, qui auraient résulté de chacune des modifications du plan de vol.

(15) Répondez à la question (14) pour Apollo 10 ; pour Apollo 11.

(16) Expliquez en détail pourquoi l‘expérience P1, a été incorporée aux missions Apollo VIII et Apollo XI ?

(17) Expliquez en détail en quoi consistait l’expérience P1, pourquoi a-t-on utilisé un nom de code, et qui en a eu l’idée.

(18) Citez la personne qui a suggéré « l’histoire de la Création » comme appropriée pour l’expérience P1. Était-ce réellement une « suggestion », un ordre, une directive, une requête ? Si cela ne faisait pas partie de P1, de quoi s’agissait-il ?

(19 Expliquez en détail pourquoi un médaillon gravé (ou comportant des inscriptions) représentant le profil du Pape Jean, a été emporté sur le vol Apollo VIII. Expliquez en détail, de quelle manière. Expliquez en détail à quel moment les préparatifs ont été entrepris, et qui en a donné l’ordre et les directives.

(20) Ce médaillon a-t-il ensuite été offert au Pape Paul ? Par le Colonel de l’Air Force Frank Borman, si non par qui ?

(21) Précisez qui a autorisé, approuvé, ou toléré la « prière pour la paix » récitée par le colonel de l’Air Force Frank Borman lors du vol Apollo VIII. Cette prière faisait-elle partie de l’expérience P1 ?

(22) Qui avait connaissance de tous détails concernant la prière de l’espace. Nommez toutes les personnes.

(23) Qui était au courant de tous détails concernant la lecture de la Genèse. Nommez toutes les personnes.

(24) A quel niveau de commandement ces décisions ont-elles été prises, et comment furent-elles transmises aux astronautes pour mise en pratique ? (NdT : O’Hair utilise acting-out, terme de psychologie qui de manière générale, définie une action autodestructive ou dérangeante envers autrui)

(25) Pourquoi cela a-t-il été intégré au plan de vol ? Qui s’est occupé de tous les détails ?

(26) Qui a autorisé l’emport de Bibles dans le vaisseau spatial ? Combien de Bibles et d’autres objets religieux ont été emporté sur chaque vol spatial. Listez-les tous, leur provenance, le motif de leur présence à bord du vaisseau spatial, comment ils furent utilisés, s’ils ont été utilisés. Listez toutes les personnes qui ont autorisé la présence de ces objets religieux, ou Bibles, et identifiez-les en fonction de leur hiérarchie au sein de la NASA.

(27) Qui autorise la divulgation continuelle « d’informations à caractère religieux » en relation avec le programme de la NASA. Exemples :

(a) Le colonel Thomas P. Stafford a demandé à l’église méthodiste de Seabrook, près de Houston, Texas, de lire les psaumes 8, 122, et 148 ainsi que le quatrième verset du second chapitre du Livre d’Isaïe, lorsqu’il serait dans l’espace. Cette information a été rapportée par tous les organes de presse.

(b) Le capitaine de frégate (NdT : U.S. Navy Commander) John W. Young a prévu la confirmation de sa fille (Sandra Young) à l’église épiscopale St Christophe, Houston, Texas, pendant son vol Apollo 10.

(c) Le 27 juillet 1969, le Dr Rodney W. Johnson, une autorité de la NASA sur les bases lunaires, s’est exprimé à Associated Press, affirmant que l’exploration de l’espace pourrait entraîner une toute nouvelle manifestation de Dieu.

(d) Le 24 juillet, le Dr Wernher von Braun de la NASA affirma que le voyage spatial pourrait être « une porte d’une prise de conscience plus forte de la souveraineté de Dieu dans l’univers. »

(e) Le 13 novembre 1969, l’Eglise Méthodiste de Clearlake (NdT: Clear Lake) a donné au capitaine de frégate (NdT : Commander) A. Bean une bannière recouverte de symboles chrétiens (9 au total, sous forme de broderie (3 cm X 35,5 cm) pour être emportée sur la surface de la Lune.

(f) Le révérend Francis J. Furey du diocèse catholique romain de San Diego a confié à l’astronaute William Anders une médaille religieuse pour son voyage de Noël autour de la Lune.

(g) Le commandant James McDivitt a affirmé qu’il savait que Dieu était dans ses cieux (NdT : HIS Heaven, dans le texte original)… et il est également avec moi lorsque je pilote. »

(h) Le lieutenant-colonel John H. Glenn, Jr., a toujours été considéré par la presse comme un Presbytérien « actif dans les affaires de l’église » qui avait affirmé que Dieu est plus grand qu’une portion de l’espace et : « Je pense qu’il sera où que nous allions. »

(i) Une liaison téléphonique fut établie afin que le Pape Paul puisse s’entretenir avec le président Nixon à bord du Hornet le 24 juillet lors des opérations de récupération d’Apollo XI.

(j) Lorsque Eagle a décollé de la surface de la Lune, madame Stephen Armstrong, la mère du commandant d’Apollo XI, a répété à ce moment très précis (à la presse !!) « Louez Dieu, à l’origine de tous les bienfaits. »

(k) Lorsque les astronautes ont fait leur dernière retransmission télévisée depuis le vaisseau spatial « Columbia », le 24 juillet, ils « remercièrent Dieu et l’Homme pour ce voyage. »

(l) Deux heures avant l’atterrissage sur la Lune (NdT : en réalité deux heures avant que les astronautes ne marchent sur la Lune) le colonel Aldrin a dit :  » Qui que vous soyez et où que vous soyez, témoins de ce grand événement – nous vous demandons de rendre grâce à votre manière. »

(m) Vous êtes cité dans le Saturday Review, en date du 18 janvier 1969, affirmant que le voyage vers la Lune était « un triomphe de la raison – avec des gars aux cheveux courts qui utilisent des ordinateurs et des règles à calcul, lisent la Bible, et font en sorte que les choses soient bien faites. »

(n) Mike Collins, (Colonel A.F.) a affirmé lors d’une émission télévisée nationale, « Face The Nation » que nous devrions dire une prière pour la plaignante, Madalyn Murray O’Hair, et peut-être qu’elle verra la lumière, alors que la discussion portait sur la prière et la lecture de la Bible comme partie intégrante du programme lunaire et spatial.

(o) Le colonel Borman est régulièrement décrit comme un pasteur servant, à l’extraordinaire dévotion religieuse.

Ce ne sont que quelques-unes des nombreuses citations en rapport avec la religion qui pleuvent de la NASA. Pour chacune des déclarations ci-dessus, indiquez de quelle manière elle se rapporte aux objectifs de la NASA, tels que définis par Public Law, 90-373, 90th Congress, H.R.15856 *, adoptée le 3 juillet 1968. 

Nommez la source de ces affirmations à la NASA. Joignez une copie de chacune des déclarations de la NASA, se rapportant à la religion, ou à l’appartenance religieuse, faite aux médias.

(28) Donnez des critères relatifs à la religion pour ces personnes employées par la NASA. Quelle est la foi religieuse prédominante ? Est-ce qu’un dossier recense les différentes affiliations religieuses ? Est-ce que l’on demande au personnel ses affiliations religieuses ?

(29) Dans le magazine Life en date du 30 mai 1969, vol. 66, #21, page 50, M. Albert Rosenfeld, rédacteur en chef, après une étude exhaustive des missions vers la Lune et une longue analyse, a affirmé : « La lecture de la Genèse, qui a tellement impressionné les personnes ayant suivi la mission Apollo VIII n’a pas été spontanée – mais plutôt suggérée à Washington et méticuleusement préparée. » Expliquez en détail de quelle manière ce fut suggéré à Washington et comment cela a été méticuleusement organisé.

(30) Le 26 décembre 1969, John Harris, travaillant pour le Hearst (newspapers) Headline Service, affirme dans son article que les lectures ne furent pas une manifestation spontanée d’humilité, mais plutôt un coup publicitaire remarquablement bien préparé et à la finalité bien précise, qui a créé une vive controverse au centre spatial des vaisseaux habités car reçue avec incrédulité et gêne, en partie par des membres de cette équipe.

Expliquez en détail en quoi ce fut un coup publicitaire et quelle fut la finalité bien précise. Expliquez par ailleurs qui fut impliqué dans cette vive controverse et pourquoi.

(31) Vous trouverez ci-joint 3 documents sous la référence « pièce A ». Ils émanent du magazine STERN, numéro 29, Hambourg, Allemagne en date du 20 juillet 1969, et concernent Neil Armstrong. Le titre stipule : « Le premier Homme sur la Lune ne croit pas en Dieu ». L’article a été écrit par Elrich (NdT : Ulrich) Blumenstein et Eberhard Seeliger, après une longue interview avec Neil Armstrong.

(A) Alors que cette information a été largement diffusée en Allemagne, France et Royaume-Uni, pourquoi cette information n’a-t-elle pas été diffusée en Amérique ?

(B) Est-ce que Neil Armstrong est athée ?

(C) Cet article a-t-il été approuvé par le service des relations publiques de la NASA pour diffusion en Allemagne, France et Royaume-Uni ?

(32) Indiquez le coût de l’expérience P1, en heures de travail, et dans son exécution. Précisez le coût des autres programmations religieuses dans le cadre du programme de la NASA.

(33) Indiquez si le coût de tout cela est prévu par Public Law, 90-373, 90th Congress, H.R.15856, en date du 3 juillet 1968.

(34) Etes-vous, ou la NASA, régit par « le traité sur les principes régissant les activités des États en matière d’exploration et d’utilisation de l’espace extra-atmosphérique, y compris la Lune et les autres corps célestes » dont les Etats-Unis est une nation signataire ?

(35) Avez-vous prêté serment avant de prendre vos fonctions, de respecter et défendre la Constitution des Etats-Unis ?

(36) Reconnaissez vous le principe de la séparation des Eglises et de l’Etat, par rapport à ce serment ?

(37) Veuillez s’il vous plait lire les réponses de tous les interrogatoires des astronautes et indiquez si leurs activités sont en accord avec le concept de séparation entres les Eglises et l’Etat, du point de vue de l’administrateur de la NASA.

(38) Ont-ils agi dans le cadre de leur mission à la NASA ?

(39) Avez-vous donné votre assentiment, expressément ou implicitement, avant ou après chacune des pratiques religieuses dans lesquelles ils furent impliqués. A quel moment ? Pourquoi ?

(40) Avez-vous manifesté votre désapprobation, avant ou après chacune des pratiques religieuses dans lesquelles ils furent impliqués ?

(41) Veuillez préciser votre adresse personnelle, afin que l’on puisse vous faire parvenir un subpoena (NdT : citation pour comparution devant le tribunal en tant que témoin) le cas échéant.

MADALYN MURRAY O’HAIR, pro se
P.O. Box 2117,
Austin, TEXAS 78767

Une copie de cet interrogatoire fut également adressée à l’avocat de Thomas O. Paine, Segal V. Wheatley, le 13 novembre 1969.

  • Ci-dessous le texte de la Public Law, 90-373, 90th Congress, H.R.15856, en anglais.
Public-Law-90-373-print

Les signatures cachées des couturières d’ILC

Roberta Pilkenton, couturière en chef, surnommée « Bert » par ses amis et collègues d’ILC Dover (le fabricant de la combinaison lunaire, filiale de International Latex Corporation, spécialisée dans l’élaboration de matériaux flexibles hautes performances, qui compte une autre filiale célèbre : Playtex crée en 1947) a révélé que les couturières avaient apposé leur signature sur certains films de polyester aluminisé, le Mylar, qui constituent 5 des 14 couches de l’enveloppe extérieure de la combinaison A7L [(I)TMG – (Integrated) Thermal Micrometeoroid Garment]. Le Mylar a été intégré aux ITMG des combinaisons spatiales à partir de la mission Apollo 10.

C’est ainsi, par exemple, que la combinaison de Neil Armstrong, (actuellement exposée au Musée de l’Air et de l’Espace de Washington), renferme les signatures des couturières qui l’ont assemblée.

900 personnes d’ILC travaillaient pour le programme Apollo, dont quelque 83 couturières et coupeuses-tailleuses … Une pensée pour Iona Allen (qui a notamment cousu les bottes de Neil Armstrong), Evelyn Kibler, Thelma Breedin, Ruth Embert (la poétesse), Joanne Thompson (spécialiste des gants), Jean Wilson, Eleanore Foraker…