Lyndon B. Johnson s’exprime après le lancement d’Apollo 11

L’ancien président des Etats-Unis, Lyndon B. Johnson (1908-1973), qui a quitté sa fonction depuis juste six mois, donne son sentiment après le décollage d’Apollo 11 auquel il vient d’assister avec son épouse :

« Il semblait que le demi-million de personnes qui ont travaillé sur ce programme étaient là pour soulever la fusée », a déclaré Johnson. « Je ne crois pas qu’il y ait une seule autre chose que notre pays entreprend, sur lequel notre gouvernement travaille, que nos compatriotes produisent, qui présente un plus grand potentiel pour la paix dans le monde. »

Des graffitis dans le module de commande Columbia

Les trois astronautes utilisaient les parois du vaisseau spatial pour prendre des notes, la plupart du temps des chiffres et des coordonnées…

Le programme de modélisation du module de commande Columbia en 3D , réalisé en 2016 par la Smithsonian Institution, pour le quarante-septième anniversaire d’Apollo 11, a permis de révéler au public la totalité de ces graffitis.

Ainsi par exemple, Michael Collins avait dessiné au feutre un petit calendrier de la mission, marquant d’une croix chaque jour écoulé… Seul le jeudi 24, le jour du retour sur Terre, n’est pas coché…

Le calendrier est dessiné à même la paroi du vaisseau spatial, puis recouvert d’une feuille plastique pour éviter son effacement au passage des astronautes.

Le témoignage le plus émouvant est la toute dernière inscription laissée par Michael Collins qui, alors que les trois astronautes sont en quarantaine sur le porte-avions Hornet, va retourner dans le module de commande Columbia, le lendemain soir, pour y inscrire un dernier mot. Le module de commande, également isolé biologiquement, était relié par un tunnel à la Mobile Quarantine Facility (MQF), afin de permettre son déchargement. (La MQF est cette « caravane » dans laquelle les astronautes vont passer leurs premiers jours de quarantaine jusqu’à leur arrivée à Houston.)

Il explique dans son excellente autobiographie Carrying the Fire publiée en 1974, (et fâcheusement toujours pas traduite en français à ce jour), qu’il n’est pas particulièrement sentimental vis-à-vis de machines, mais qu’il fut pris d’un désir irrépressible de laisser un dernier message à Columbia, car il ne pouvait décemment pas la quitter comme ça, c’est ainsi qu’il inscrivit :  « Vaisseau spatial 107 – alias Apollo 11 – alias « Columbia ». Le meilleur vaisseau jamais produit (n’ayant jamais existé). Que Dieu la bénisse. Michael Collins, Pilote du Module de Commande. »

« Spacecraft 107 – alias Apollo 11  alias « Columbia ». The Best Ship to Come Down the Line. God Bless Her. Michael Collins, CMP. » »

Inscription qui se situe au niveau de la lower equipment bay, sur le système de navigation du vaisseau spatial, juste au-dessus du support d’attache de l’oculaire du sextant.

En haut l’emplacement du touchant message de Michael Collins, en bas à gauche le calendrier…

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La lisibilité de ce premier tracé n’étant pas satisfaisant, Michael Collins décide de retourner dans le vaisseau spatial, une fois les astronautes et les accompagnants rendus à Houston, dans le Lunar Receiving Laboratory où ils vont terminer leurs 21 jours de quarantaine, pour repasser plusieurs fois avec un stylo sur les mots…

Bouleversant message pour la postérité, qui en dit long sur l’état d’esprit de Michael Collins…

Une photo où seul Michael Collins ne figure pas

L’une des photos préférées de Michael Collins, concernant le programme Apollo, est sentimentalement parlant, celle qu’il a prise lui-même alors que Neil Armstrong et Buzz Aldrin, dans l’étage de remontée du Module Lunaire Eagle, s’apprêtent à le rejoindre dans le Module de Commande Columbia, après leur périple sur la surface de la Lune. Au loin on aperçoit la Terre, qui abritait alors quelque 3,6 milliards d’êtres humains…

« Trois milliards plus deux ». Photo prise le 21 juillet 1969 à 17:34 (Eastern Daylight Time) soit 22:34 heure de Paris. (Apollo 11, AS11-44-6642)

Michael Collins a donné un nom à cette photo, « Trois milliards plus deux », une image qui se trouve juste au-dessus de son bureau… Chaque fois qu’il la regarde il se dit également que toute l’humanité figure sur cette photo, excepté lui-même…