Kurt Debus vante la liberté de la presse

Le 9 novembre 1967, juste avant qu’il ne quitte la NASA (Il démissionne en janvier 1968, las, selon ses propres termes, de défendre le programme Apollo face au discours de basse-cour du Président Johnson et des disputes avec son patron, James Webb), Robert Seamans, le n°2 de la NASA, assiste au premier lancement d’une  Saturne V.  Un événement qui suscite le plus vif intérêt de la presse du monde entier, parmi le millier de journalistes il y a également des « reporters » soviétiques. Lors de la conférence de presse les questions de qualité très inégale fusent de toute part. Après ce passage obligé, Seamans dit à Kurt Debus, le directeur du Centre Spatial Kennedy :

« Ce fut plutôt pénible. Je suis désolé que vous ayez eu à subir ça.

– Certes, mais vous devez réaliser que pendant la deuxième guerre mondiale, il n’y avait aucune liberté d’expression dans la presse allemande. Il n’y avait qu’une seule version de l’histoire, et je me suis mis à croire tout ce que disait Goebbels*. Ce fut houleux, mais c’est tellement mieux qu’une presse muselée. »

*Joseph Goebbels, Ministre de l’Éducation du peuple et de la Propagande sous le Troisième Reich