La place de Willy Ley dans l’astroculture

Willy Ley (1906-1969) l’un des plus grands prosélytes de la conquête de l’espace est brutalement décédé d’une crise cardiaque le 24 juin 1969 à son domicile new-yorkais, vingt-six jours avant le premier atterrissage humain sur la Lune. Pour sa famille et ses amis, les célébrations liées à la mission Apollo 11 furent en demi-teinte.

Les hommages furent unanimes, et éminemment justifiés…

Wernher von Braun (1912-1977) a déclaré : « Au cours des trente dernières années il a fait plus, que n’importe qui, pour délivrer au public le message spatial, plus particulièrement à la jeune génération. On lui doit tout le mérite pour avoir fait naître la conscience de l’espace aux Etats-Unis, qui est la base fondatrice indispensable du programme spatial américain. »

Isaac Asimov (1920-1992) : « La situation est à la fois tragique et ironique, Willy a passé presque toute son existence dans le domaine des fusées. Il était le plus grand vulgarisateur au monde dans ce domaine, depuis son adolescence il avait le désir irrépressible de voir des êtres humains sur la Lune, et il est mort quatre semaines avant la première tentative … »

Olga Ley (1912-2001) son épouse confirma : « Le premier atterrissage sur la Lune était la consécration ultime de tous ses rêves. »

Walter Seager Sullivan (1918-1996) le « doyen » des journalistes scientifiques écrivit : « Willy Ley qui a contribué à ce que nous entrions dans l’ère des fusées, et qui fut le principal vulgarisateur de cette discipline, est décédé hier… Monsieur Ley a vécu, à juste un mois près, de la réalisation de sa prophétie… »

Fritz Lang (1890-1976) a déclaré :  « Willy a permis au rêve de devenir réalité. L’atterrissage sur la Lune est l’aboutissement de ses rêves, pour lui comme pour moi ce jour est le symbole de l’espoir, l’espoir que d’autres rêves nés dans l’esprit d’autres Hommes, de bons rêves pour un futur meilleur, deviendront peut-être réalité. »

Chesley Bonestell (1888-1986), déclara : « Willy Ley nous a quittés. Il a probablement, plus que quiconque, œuvré pour inculquer au public la conscience de l’espace et aider l’Homme à atteindre la Lune…”

Philip. E. Cleator (1908-1994) écrivit : “… D’une manière ou d’une autre, Ley faisait tellement partie de la scène astronautique, qu’il sera difficile de l’appréhender sans lui… Son nom continuera à vivre comme l’un des pionniers de cette fantastique entreprise qu’est le voyage vers une autre planète. »

Arthur Valentine Cleaver (1917-1977) prévoit des conséquences sur l’ère post-Apollo et la NASA, dont Willy Ley était consultant : “Avec la disparition de Willy Ley, l’humanité a perdu l’un de ses plus grands prosélytes en matière d’astronautique, à une époque où les besoins d’une meilleure compréhension des objectifs et des potentialités du voyage spatial s’avèrent cruciaux. »

Lester del Rey (Leonard Knapp) (1915-1993) : « Il était plus qu’un prophète sans honneur. Il ne subissait pas les événements il les influençait. C’est de loin grâce au travail de Willy, que l’antipathie du public envers les fusées, jusque là utilisées comme des armes de terreur, s’est transformée et a abouti au rêve du voyage spatial. Plus que n’importe qui, Ley fut un visionnaire qui a influencé l’opinion publique. Il a réussi grâce à ses articles à convertir des gens qui eux-mêmes ont pu convaincre une majorité de personnes que le programme spatial avait suffisamment de potentiel pour qu’on lui consacre beaucoup d’argent. Petit à petit il a su persuader les gens de tourner leurs yeux vers les vastes étendues de l’espace. Cela lui a pris 40 ans, et il a raté son rendez-vous de voir l’Homme sur la Lune, d’un mois… »

Un cratère sur la face cachée de la Lune a été baptisé en son honneur !

Willy Ley : ses débuts de prosélyte de la cause spatiale

En 1925, alors que Willy Ley (1906-1969) se balade à Berlin, dans la Friedrichstraße, il aperçoit dans la devanture d’une librairie le livre de Max Valier (1895-1930) A la conquête de l’espace (Der Vorstoss in den Weltenraum – R. Oldenbourg, München und Berlin, 1925), la couverture du livre représente un vaisseau spatial en route vers Saturne. Ley qui était jusque-là beaucoup plus intéressé par la zoologie et la géologie, est passionné par ce qu’il découvre. En réalité, ce livre reprend les idées d’un certain Hermann Oberth (1894-1989), dont il n’avait jamais entendu parler, dans un ouvrage intitulé La fusée pour atteindre l’espace (Die Rakete zu den Planetenräumen –  Oldenbourg, München und Berlin, 1923). Intrigué, Ley décide de l’acheter, le libraire lui propose également un autre livre sur le même sujet, celui du Dr. Walter Hohmann (1880-1945), L’accessibilité des coprs célestes (Die Erreichbarkeit der Himmelskörper – Verlag Oldenbourg, München 1925 – qui sera traduit par la NASA en 1960 – NASA Technical Translation – F44) qu’il prend également, ne lui laissant plus d’argent pour prendre le tram, c’est à pieds qu’il doit parcourir les 5 km qui le séparent de son domicile.

Lorsqu‘il en commence la lecture il est dépité, les deux ouvrages lui sont totalement abscons, « il y a des équations à toutes les pages » celles d’Oberth, brillant mathématicien, sont encore plus ardues que celles de Hohmann… « Le livre aurait tout aussi bien pu être écrit en caractères sumériens… » Ley s’accroche et étudie jusqu’à ce qu’il en saisisse le sens, (la même démarche sera effectuée par Wernher von Braun de six ans son cadet). A partir de ce moment, il considère que Max Valier est passé un peu à côté de son travail de vulgarisation. « Autant Oberth est trop hermétique, trop élitiste, autant Valier manque de bases scientifiques ». A 19 ans, il va se fixer l’objectif d’y remédier, et c’est ainsi que Willy Ley commence sa brillante carrière de vulgarisateur scientifique, en traduisant les équations de Oberth en langage intelligible pour tout le monde, dans un opuscule de 68 pages Le Voyage dans l’espace (Die Fahrt ins Weltall –  Hachmeister & Thal, 1926), dont la conclusion est la suivante :

« Lorsque la première fusée s’affranchira de l’atmosphère terrestre, l’humanité qui règne sur la Terre, à la fois physiquement et spirituellement, aura franchi un nouveau pas, dans une nouvelle ère… L ’è r e   d e   l a   c o n q u ê t e   d e   l’ e s p a c e. »

Ce premier livre n’est pas un succès populaire, il n’en vendra que mille par an entre 1926 et 1932, bien moins que Valier… Mais la consécration suprême viendra lorsqu’ Oberth affirmera que le livre de Ley est bien supérieur à celui de Valier !

Valier et Ley se rencontrent et deviennent amis, Valier demande un jour à Ley de prendre contact avec un certain Johannes Winkler (1897-1947) de Breslau…  En juillet 1927 Valier et Winkler fondent la Verein für Raumschiffahrt (VfR), sans aucun doute la plus prestigieuse des associations consacrées au vol spatial. Deux mois plus tard elle compte déjà 400 membres. Ley a sans doute quelque peu exagéré son rôle dans sa création, il a prétendu être l’un des co-fondateurs alors que son nom ne figure pas dans les statuts de l’association… Il ne deviendra vraiment actif qu’en 1928, car jusque-là il travaille sur un livre de 208 pages qui parait en 1927 et qui s’intitule : Le livre du dragon :  discussions sur les lézards, les amphibiens et les dinosaures. ; (Das Drachenbuch: Plaudereien von Echsen, Lurchen und Vorweltsauriern – Leipzig: Thüringer Verlags-Anstalt H. Bartholomäus, 1927) dans lequel il évoque les mythes entourant certains animaux, ainsi que l’origine de certains animaux imaginaires. Il s’agit d’un livre à la fois éducatif et divertissant. Sa première passion étant la zoologie et les sciences naturelles.

Willy Ley – Source: National Air and Space Museum Archives, Smithsonian Institution.

 

Dès 1928 il s’investit de plus en plus au sein de la VfR, les années 1928 et 1929 marquent l’apogée de l’engouement de la population allemande pour les fusées, avec notamment le film de Fritz Lang (1890-1976) Frau Im Mond (La Femme sur la Lune) dont Oberth fut le consultant technique.

Valier avait été pressenti, mais il était de plus en plus considéré comme un cascadeur avec ses tests sur les voitures-fusées. D’abord des moteurs à propergols solides, puis à compter de décembre 1929, à ergols liquides. Le 17 mai 1930 il décède lors d’un test de moteur lorque ce dernier explose et qu’un éclat lui sectionne l’aorte. Il meurt dans les bras d’Arthur Rudolph (1906-1996)… Erich Wurm le président de l’antenne berlinoise de la VfR dira  : « Valier est le premier martyr d’une nouvelle science ».

Oberth devait lancer une petite fusée à ergols liquides le jour de la première, mais le projet se solda par un cuisant échec et entraina son retour provisoire dans son pays natal, la Roumanie. Fritz Lang affirme que Ley fut également consultant pour son film, un rôle, que curieusement, Ley a toujours minimisé. Il s’occupera également de la publicité scientifique du film… Willy Ley et Fritz Lang deviendront de très bons amis.

En 1929 parait une deuxième édition de Die Fahrt ins Weltall, revue et augmentée avec, suprême consécration, une préface de Hermann Oberth. Ley ajoute notamment, un chapitre sur l’histoire des fusées à travers les âges, trente illustrations…

Au sein de la VfR, Ley qui est depuis le 1er novembre 1930 son vice président, tisse des relations internationales, notamment avec la France, l’URSS, l’Angleterre et les Etats-Unis, lesquelles lui permettront de quitter l’Allemagne en 1935… Ley avait des facilités pour les langues, il se débrouillait bien en anglais, français, italien et russe.  Edward Pendray (1901-1987) et son épouse, co-fondateur de la American Interplanetary Society, passe trois jours à Berlin du 10 au 13 avril 1931. Il visite le Raketenflugplatz (Centre d’envol des fusées) de la VfR le dimanche 12 avril, et assiste à un test qui l’impressionne beaucoup…

Les difficultés économiques, le départ de Wernher von Braun, embauché par l’armée le 27 novembre 1932, l’arrivée au pouvoir d’Adof Hitler en 1933 et la mise sous sequestre de tous les travaux sur les fusées, les frasques de Rudolf Nebel, etc. sonne le glas de la VfR

Lors des autodafés de mai et juin 1933, faisant suite aux « propositions contre l’esprit non allemand », les nazis brûlent notamment le livre préféré de science-fiction de Willy Ley ; Auf Zwei Planeten (Sur deux planètes), paru en 1897du génial Kurd Lasswitz (1848-1910)… 

Adepte de l’internationalisation de la science et de la recherche scientifique, Ley ne pouvait que s’opposer aux nazis et leurs pseudo-sciences…

C’est ainsi que le trois février 1935, à 29 ans, il quitte l’Allemagne et entamera une nouvelle et fructueuse carrière aux Etats-Unis…

Avec Wernher von Braun, Willy Ley est assurément l’un des plus grands prosélytes de la conquête de l’espace, dont l’influence fut incommensurable.

L’épouse de Willy Ley, Olga (1912-2001) a dessiné cette vignette artistique résumant les deux passions de son époux.

En 1958 Walter Dornberger prévoit un Homme sur la Lune d’ici dix ans

En 1958, environ 3 ans avant que le président Kennedy ne lance la course à la Lune, Walter Dornberger avait prédit qu’un homme marcherait sur la Lune d’ici dix ans :  « Savoir s’il sera russe ou américain dépendra de combien le Congrès est disposé à dépenser » précisa t-il.

Le général et ingénieur Walter Robert Dornberger (1895-1980) était le responsable du programme de missiles de l’armée allemande, notamment à Peenemünde. Wernher von Braun travaillait sous ses ordres. Il émigre aux Etats-Unis en 1947 après avoir passé deux ans dans un camp de prisonniers de guerre au Royaume-Uni ( à Island Farm – Camp 198 / Special Camp XI – près de la ville de Bridgend au Pays de Galles). Il travaille pour l’armée de terre et l’armée de l’air américaine, notamment sur les projets X-15 et le X-20 Dyna Soar. Citoyen américain, il deviendra vice-président et scientifique en chef de la société Bell Aerosystems. C’est au cours d’un voyage en Allemagne qu’il décède d’une crise cardiaque. Il est mort dans la ville de Sasbach située à 250 km de sa ville de naissance, Giessen.

Lorsqu’en 1984 les américains installent pour la première fois en Europe leur système anti-missiles Patriot, près de Giessen, ils baptisent ce site du nom de ce pionnier des missiles et des fusées.

 

Qui est votre héros de l’espace ?

Le 27 octobre 2010, la Space Foundation, créée en 1983, révèle le résultat de son sondage en ligne, la question était simple : Qui est votre héros de l’espace ? (Who is your space hero ?) les réponses sont ouvertes, il ne s’agit donc pas de choisir un nom sur une liste préétablie, mais d’en donner un librement, et d’expliquer brièvement pourquoi.

Le palmarès :

  1. Neil Armstrong (Astronaute)
  2. Eugene Krantz (Directeur de vol)
  3. John Young (Astronaute)
  4. James Lovell (Astronaute)
  5. John Glenn (Astronaute)
  6. Ex-aequo : Youri Gagarine (Cosmonaute) et le Capitaine James T. Kirk (Personnage de fiction de la série télévisée Star Trek)
  7. Michael Griffin (Administrateur de la NASA de 2005 à 2009)
  8. Carl Sagan (scientifique – vulgarisateur)
  9. Ex-aequo : les astronautes Buzz Aldrin, Virgil Grissom et Alan Shepard
  10. Elon Musk (Fondateur et PDG de SpaceX) – Wernher von Braun (scientifique, spécialiste des fusées, et prosélyte de la conquête de l’espace.)

La première femme, l’astronaute et premier commandant féminin d’une mission spatiale, Eileen Collins est 11e  ex-aequo avec le Capitaile Jean-Luc Picard (personnage de fiction de la série Star Trek: the Next Generation).

Comme le précise Elliot Pulham (1955-2017), alors président de la fondation, 49% des réponses concerne des astronautes, et surtout ceux des premiers temps (Programmes Mercury, Gemini, Apollo), les personnages de fiction représentent 13% des réponses, les scientifiques et personnels au sol 9%, les entrepreneurs 6% et les politiques et administrateurs 5% . Le restant comprend des écrivains, journalistes, enseignants. Laïka, le premier animal en orbite autour de la Terre a été mentionné une fois ! (Je n’ai pas trouvé le nombre total de votes.)

Le Top 100 des stars de l’aérospatial

Pour le centième anniversaire du premier vol piloté et motorisé de l’Histoire, par les frères Wright, le magazine Aviation Week & Space Technology a imaginé soumettre au vote une liste de 762 noms, compilée par des historiens spécialistes de l’aviation et de l’espace, l’institut américain d’aéronautique et d’astronautique, ainsi que le conseil international des sciences aéronautiques, qui englobe 32 sociétés aérospatiales dans le monde, pour élire le Top 100 des stars du monde aérospatial. Une biographie succincte accompagne chacun des 762 noms qui sont répartis dans 15 catégories. Le vote réservé exclusivement aux professionnels du monde entier s’est déroulé du 1er février au 30 mars 2003. Le logiciel spécifique pour cette opération a été conçu par IBM et hébergé sur leurs serveurs. Plus d’un million de votes ont été comptabilisés, en provenance de 180 pays.

Le 18 juin 2003,  dans le cadre du Salon du Bourget, Aviation Week a organisé une cérémonie en la Salle Wagram à Paris, afin d’honorer ces 100 stars du secteur aérospatial.

Voici tout d’abord la liste des trois premiers de chacune des 15 catégories :

Les trois premiers de chaque catégorie. Entre parenthèses leur classement général.

Cette liste de 45 personnalités comprend quatre français, trois allemands, un russe, un brésilien, un suisse, un britannique, un italien… et 33 américains…

Lorsque l’on sait qu’en 2003 sur les dix plus grandes entreprises aérospatiales du monde on trouve 6 sociétés américaines, dont 5 aux 6 premières places (la quatrième est britannique), et que la première entreprise russe n’est qu’à la 17è place avec un chiffre d’affaire 34 fois inférieur au n°1 mondial, qui est américain, on « comprend » mieux la sous représentation de ce pays dans le sondage (5 sur 100 !). La septième entreprise aérospatiale du monde était alors française ! (Désormais l’Europe est en deuxième position avec Airbus !)

Voici les 100 stars : (en rouge les trois premiers de chaque catégorie)

  1. Wilbur and Orville Wright
  2. Wernher von Braun
  3. Robert Goddard
  4. Leonard de Vinci
  5. Glenn Curtiss
  6. Charles A. Lindbergh
  7. William L. « Billy » Mitchell
  8. Clarence L. « Kelly » Johnson
  9. Neil A. Armstrong
  10. Daniel Bernoulli
  11. Charles E. « Chuck » Yeager
  12. Otto Lilienthal
  13. Buzz Aldrin
  14. William Boeing
  15. Alan B. Shepard, Jr.
  16. Henry H. « Hap » Arnold
  17. Manfred von Richthofen
  18. Samuel P. Langley
  19. Igor I. Sikorsky
  20. Jules Verne (F)
  21. John K. Northrop
  22. Herb Kelleher
  23. Edward V. « Eddie » Rickenbacker
  24. Jacques-Etienne et Joseph-Michel Montgolfier (F)
  25. Ex-aequo Christopher Kraft / Antoine de Saint-Exupéry (F)
  26. Curtis LeMay
  27. Ernst Mach
  28. Juan Trippe
  29. Elbert « Burt » Rutan
  30. Theodore von Karman
  31. Alberto Santos-Dumont
  32. James Van Allen
  33. Alexander Graham Bell
  34. Ben Rich
  35. Alvin M. « Tex » Johnston
  36. Richard Branson
  37. Youri Gagarine
  38. Octave Chanute
  39. James « Jimmy » H. Doolittle
  40. Alexandre Gustave Eiffel (F)
  41. Robert « Bob » Crandall
  42. Equipage de Challenger – 51-L
  43. Louis Blériot (F)
  44. Donald Douglas
  45. Claire L. Chennault
  46. Will Rogers
  47. James A. Lovell, Jr.
  48. Robert « Bob » Hoover
  49. Ex-aequo Thomas H. Kelly / Clément Ader (F)
  50. Hugh Dryden
  51. Pierre-Georges Latécoère (F)
  52. Ex-aequo Marcel Bloch (Dassault) (F) / Roger Béteille (F)
  53. Virgil I. « Gus » Grissom
  54. Ferdinand von Zeppelin
  55. Jacqueline Auriol (F)
  56. Arthur C. Clarke
  57. Isoroku Yamamoto
  58. Daniel and Harry Guggenheim
  59. Anne Morrow Lindbergh
  60. Robert J. Collier
  61. Gregory « Pappy » Boyington
  62. Elmer Sperry
  63. James « Jimmy » Stewart
  64. Douglas « Wrong Way » Corrigan
  65. Konstantin Tsiolkovsky
  66. Ex-aequo Patricia « Patty » Wagstaff / Frank Whittle
  67. Ex-aequo Carl Sagan / Sergey Korolyov
  68. Albert Boyd
  69. René Leduc (F)
  70. John W. Young
  71. Gene Roddenberry
  72. Valentina Tereshkova
  73. Thomas E. Braniff
  74. Walter C. « Walt » Williams
  75. Jean Mermoz (F)
  76. Henri and Maurice Farman (F)
  77. Paul Poberezny
  78. Jean Bertin (F)
  79. Sally K. Ride
  80. Roland Garros (F)
  81. Osborne Reynolds
  82. Amelia Earhart
  83. Georges Guynemer (F)
  84. G. Wells
  85. Jean-Pierre Haigneré (F)
  86. Ex-aequo James S. McDonnell, Jr. / Robert Esnault-Pelterie (F)
  87. Ex-aequo Allan and Malcom Loughhead (Lockheed) / Marcel Bouilloux-Lafont (F)
  88. Richard Bong
  89. John H. Glenn, Jr.
  90. Ex-aequo James E. Webb / Freddie Laker
  91. Lawrence Sperry
  92. Douglas Bader
  93. Howard Hughes
  94. Willy Messerschmitt
  95. Louis Breguet (F)
  96. William A. Moffett
  97. William « Bull » Halsey
  98. George Mueller
  99. Henri Deutsch de la Meurthe (F)
  100. Boris Petrov

 

Parmis ces cent noms, 20 français (22 si l’on différencie les frères Montgolfier et Farman), le premier est à la vingtième place : Jules Verne. Le premier russe est à la 37è place. Cherchez l’erreur !

Que Wernher von Braun soit arrivé second sur 762 noms, et premier de la catégorie « concepteurs de fusées », n’est que justice, non seulement pour ses travaux, surtout à Peenemünde, fondamentaux pour la conquête de l’espace, mais également pour son prosélytisme. Grâce à ses très nombreuses conférences, ses articles dans Collier’s, les films avec Walt Disney, il a réussi à persuader les américains de la faisabilité du vol spatial, qui n’était alors que de la science-fiction…

Que Serguei Koroliov ex-aequo avec Carl Sagan n’arrive qu’à la 67è place est une flagrante injustice !  Même si Koroliov s’est indéniablement servi des travaux de von Braun et son équipe de Peenemünde, y compris de savants allemands déportés en Union-Soviétique après la deuxième guerre mondiale, il aurait dû figurer dans les 10 premiers, compte tenu de son influence sur le programme spatial soviétique.

Konstantin Tsiolkovski est troisième de sa catégorie mais 65è du classement général… Hermann Oberth brille par son absence ! Un autre illustre absent, Willy Ley !  Vladimir Tchelomeï et Valentin Glouchko auraient également dû figurer dans ce Top 100 ! Ainsi que Erich Warsitz…

Beaucoup de surprises dans ces résultats, à l’époque, pour moi en tout cas. Ceci dit je suis plus spatial qu’aéro !

 

Le classement des 11 astronautes présents dans la liste des 100 « finalistes » :

  1. Neil A. Armstrong
  2. Buzz Aldrin
  3. Alan B. Shepard, Jr.
  4. Youri Gagarine
  5. Equipage de Challenger (51-L)
  6. James A. Lovell, Jr.
  7. Virgil I. « Gus » Grissom
  8. John W. Young
  9. Valentina Tereshkova
  10. Sally K. Ride
  11. Jean-Pierre Haigneré

Le problème c’est que les astronautes ont été classés à la fois dans « Héros » et dans « Voyageurs de l’espace » !

Que vient donc faire Jean-Pierre Haigneré dans ce classement alors que par exemple Jean-Loup Chrétien est absent ?  Comment furent classés Walter Schirra et Alexei Leonov ?  Gagarine et Tereshkova ne furent en définitive que de simples passagers « facilement » interchangeables, héros certainement, compte tenu des risques encourus, mais ils n’ont jamais piloté leur capsule spatiale…   Si Neil Armstrong mérite amplement la première place au regard de sa carrière militaire, ses vols sur le X-15 etc., l’équipage de Challenger n’est classé qu’en raison de son sacrifice ultime… Dans ce cas, il aurait fallu mentionner également, Vladimir Komarov, Vladislav Volkov, Victor Patsaïev et Gueorgui Dobrovolski, également décédés lors du déroulement d’une mission spatiale (L’accident de la navette Columbia s’est produit le premier février 2003 après le début des votes) !

Et où est donc passé John Glenn ?

Dans ce classement des astronautes, John Young aurait dû arriver en seconde position au regard de sa carrière (six vols spatiaux, dont une mission sur la surface de la Lune et le premier vol de la navette spatiale) …

Peut-être eût-il fallu distinguer l’aéronautique de l’astronautique ?

Voici le prix décerné aux lauréats ou ayants droit :