« Christophe Colomb est l’exemple classique d’un explorateur de l’inconnu. Il ne savait pas où il allait lorsqu’il est parti, il ne savait pas où il était lorsqu’il y est arrivé, il ne savait pas où il est allé lorsqu’il est revenu.«
Extrait d’un discours de Wernher von Braun, donné en 1961.
En 1928, la société de production et de distribution cinématographique allemande, fondée en 1917, UFA (Universum Film AG) qui produit le film de Fritz Lang (1890-1976) Une femme dans la Lune, veut faire un coup publicitaire.
Elle contacte Rudolf Nebel (1894-1978) de la VfR, et lui propose l’idée suivante, qui devrait frapper les esprits : procéder au lancement d’une fusée le jour de la sortie du film.
Une fusée de 2 mètres de long, qui doit atteindre une altitude minimale de 4 000 mètres.
La firme paie les travaux de développement de l’engin, 10 000 Reichsmark, et un peu plus tard encore 7 500 RM, et met à disposition des ingénieurs, un atelier, à Neu-Babelsberg près des studios de l’UFA .
Le 15 octobre 1929, lors de la première, la VfR (Verein für Raumschiffahrt – Société pour les voyages dans l’espace) qui a réalisé audacieusement une fusée à propergols liquides, procède à sa mise à feu. Malheureusement, la fusée n’arrive pas à quitter le sol. C’est la désolation dans le groupe d’Hermann Oberth (1894-1989) et bien évidemment une déception pour la UFA, qui coupe ses crédits.
« Hommage » au réalisme scientifique du film, les maquettes de la fusée (baptisée Friede, la Paix) furent plus tard détruites par les nazis, car de nature à nuire au secret absolu qui doit entourer la conception de la A4.
14 ans plus tard, le 3 octobre 1942, la première fusée a atteindre les portes de l’espace emportera sur ses flancs un « autocollant » en hommage à ce film.