Ils l’ont échappé belle

Le 19 octobre 1964 les trois cosmonautes de Voskhod 1, Vladimir Komarov, Konstantin Feoktistov et Boris Yegorov arrivent à Moscou.

Komarov présente le compte rendu de la mission devant le Parti Communiste et les différents ministres.

A 14:00, ils sont sur la Place Rouge et à 17:00 au Kremlin. Le jour suivant ils rencontrent Sergei Korolev et les ingénieurs du OKB-1, le 21 ils assistent à une conférence de Presse et le 22 ils vont au Centre d’Entrainement des Cosmonautes.

Ces journées de « célébrations » permettent au nouveau maître du Kremlin, Leonid Brejnev de se montrer en public.

Ces réjouissances nationales sont quelque peu ternies par le crash d’un Il-18 près de Belgrade, tuant les 17 représentants d’une délégation militaire, dont le ministre adjoint de la Défense, le Maréchal Sergei Biryuzov.

Par une de ces ironies du sort, c’est le même avion et le même équipage qui avaient rapatriés les trois cosmonautes de la ville kazakh de Koustanaï (désormais Kostanaï) distante de quelques 300 km du lieu d’atterrissage de la capsule, vers Baïkonour, quelques jours plus tôt.

Youri Gagarine, ne déshonore pas le nom de notre famille

Lorsqu’à l’âge de quinze ans Youri Gagarine annonce à ses parents qu’il ne veut pas devenir menuisier, comme son père, mais quitter son village natal pour « monter » à Moscou et continuer ses études, son père Alexeï sort de la pièce sans un mot, et Anna sa mère éclate en sanglots.

Grâce à un oncle qui habite Moscou, le jeune Youri Gagarine peut mettre son projet à exécution, lorsqu’il s’en va, son père lui fait une dernière recommandation : « Surtout ne déshonore pas le nom de notre famille »

Quelques années plus tard, après le vol historique de son fils, Alexei Gagarine est à côté des plus hauts dignitaires de l’URSS, ils attendent tous son Youri.

Ce jour là le premier cosmonaute de l’Histoire de l’Humanité a vu des milliers de visages heureux, mais celui qui l’a le plus ému, c’est celui de son père, radieux.

Maintenant il en était sûr, son père était fier de lui.  Alexei Gagarine est mort 5 ans après son fils, en 1973.