Leurs premiers mots en posant le pied sur la Lune…

Apollo 11 – 21 juillet 1969

1- Neil Armstrong : “C’est un petit pas pour un homme, un bond de géant pour l’Humani” (That’s one small step for a man, one giant leap for mankind.)

2- Buzz Aldrin : répondant à l’exclamation d’Armstrong : « Extraordinaire Hein ? Quelle vue splendide ! » il répond : “Magnifique désolation”

Apollo XII –  19 novembre 1969

3- Pete Conrad  : “Youpiii ! Purée, c’en était peut-être un petit pour Neil, mais c’en est un grand pour moi *  (Whoopee! Man, that may have been a small one for Neil, but it’s a long one for me.)

4- Alan Bean : “Le LM est magnifique vu de l’extérieur”

Apollo 14 – 5 février 1971

5- Alan Shepard : “Al est à la surface. Et ce fut un long chemin, mais nous y sommes**  (Al is on the surface. And it’s been a long way, but we’re here.)

6- Edgar Mitchell : Essayant de remonter sur l’échelle dont le premier échelon est à 90 cm de hauteur , “Je vérifie la remontée. Très facile à exécuter. Une petite impulsion et on y arrive”

Apollo 15 – 31 juillet 1971

7- David Scott : « Alors que je me tiens ici à Hadley, au beau milieu des merveilles de l’inconnu, je réalise qu’il existe en fait une vérité fondamentale quant à notre nature : explorer est pour l’Homme une nécessité … Et ce que nous faisons ici, c’est l’exploration dans toute sa quintessence ». (As I stand out here in the wonders of the unknown at Hadley, I sort of realize there’s a fundamental truth to our nature, Man must explore . . . and this is exploration at its greatest.)

8- James Irwin : “C’est magnifique ici !  Cela me rappelle Sun Valley”

Apollo 16 – 21 avril 1972

9- John Young  : “Vous voilàmystérieux et inconnus hauts plateaux de Descartes. Apollo 16 va changer votre image. Je suis on ne peut plus ravi qu’ils aient ramené ce vieux Frère Lapin ici, dans le carré de bruyère qui est le sien ***  (There you are, mysterious and unknown Descartes highland plains. Apollo 16 is gonna change your image. . . I’m sure glad they got ol’ Brer Rabbit here, back in the briar patch where he belongs.)

10- Charles Duke : “Génial… C’est super !”

Apollo XVII – 11 décembre 1972

11- Eugene Cernan  : “Alors que je pose le pied sur la surface, à Taurus-Litrov, je voudrais dédier ce premier pas de la mission Apollo 17 à tous ceux qui l’ont rendu possible”  (As I step off at the surface at Taurus-Littrow, I’d like to dedicate the first step of Apollo 17 to all those who made it possible.)

12- Harrison Schmitt : S’adressant à Cernan, “Tu as atterri dans un cratère !”

Il eut été intéressant de savoir ce que James Lovell (Apollo XIII) avait prévu de dire…

* La journaliste italienne Oriana Fallaci ne voulant pas croire que les astronautes étaient libres de dire ce qu’ils voulaient, Pete Conrad paria 500 dollars avec elle qu’il prononcerait exactement cette phrase. C’est ce qu’il fit, mot pour mot… mais ne vit jamais la couleur de son argent !

 ** Shepard avait été interdit de vol en 1964 car il souffrait du syndrome de Ménière. Ce n’est que le 7 mai 1969, après une opération chirurgicale qu’il recouvre son habilitation au vol. (cf anecdote Alan Shepard et le Dr House)

*** Old Brer Rabitt, (brer pour brother) est un personnage créé par le journaliste écrivain Joel Chandler Harris. Il s’agit d’un malicieux lapin qui quitte son terrier pour trouver son coin de paradis. Au cours de ses pérégrinations il affronte de nombreux danger qu’il surmonte en utilisant la ruse. C’est ainsi qu’il berna Brer Fox (Frère Renard) pour qu’il le laisse rentrer chez lui et regagner son terrier du carré de bruyère (Briar Patch). Le formidable John Young s’identifie à Frère Lapin, qui enfin, lors de son quatrième vol spatial et après quelques péripéties, est enfin là où il a toujours rêver d’être… sur la Lune !

Le vol de 10 cm de Mercury-Redstone 1

L’évocation du  « lancement » de la mission Mercury-Redstone 1, le 21 novembre 1960, fait, aujourd’hui encore, pleurer de rire ceux qui y ont assisté.

Il s’agissait du premier vol d’essai d’une capsule Mercury juchée sur une fusée Redstone. (Sans astronaute à bord)

 A la fin du compte à rebours, la fusée, celle là même qui doit envoyer le premier américain dans l’espace, est mise à feu. Elle décolle normalement, mais après avoir atteint 10 centimètres d’altitude, le moteur s’arrête net et elle retombe lourdement sur ses ailerons, vacille quelques instants, puis s’immobilise, sa base pudiquement enveloppée d’un nuage de fumée. Le cerveau de la fusée ayant enregistré l’arrêt du moteur déclenche la mise à feu de la  tour de sauvetage qui, dans un jet de chalumeau et de fumée, grimpe jusqu’à 1 200 mètres d’altitude laissant la capsule en place au sommet de la fusée…

Quelques secondes plus tard on entend un pouf, cette fois c’est au tour de la coiffe conique qui protège le compartiment des parachutes de la capsule, toujours fixée sur la fusée, d’être éjectée. Les spectateurs médusés voient cette dernière redescendre lentement au bout d’un mini parachute… Ce n’est pas fini, dans une sorte de « sproiing », jaillissent du nez de la capsule Mercury, les parachutes, qui se déplient lascivement le long de la fusée.

Cette suite d’événements digne d’un dessin animé de Tex Avery ne doit pas éluder le fait que la situation est des plus délicate, en effet, le système d’autodestruction de la fusée est toujours armé ; les batteries ont une durée de vie d’environ 24 heures… Si le vent se lève il s’engouffrera immanquablement dans les parachutes projetant le tout à terre… Kurt Debus, le directeur du centre, envisage un moment de faire tirer à la carabine sur la fusée pour vider les réservoirs, comme on le faisait à Peenemünde…

Finalement la fusée sera désarmée le lendemain, et la capsule Mercury intacte, sera réutilisée lors du vol Mercury-Redstone 1A du 19 décembre suivant, une mission qui sera un succès !

Cette tentative de lancement reste dans les annales, comme « le vol de 10 cm de Mercury-Redstone 1 » et ainsi que le remarqua ironiquement un ingénieur qui se trouvait dans le  blockhouse ce jour là : « Nous venons de battre un record, ce vol de fusée est sans conteste le plus court de l’Histoire »

[youtube_sc url= »http://youtu.be/7O4V7JfeTSU »]

Mon nom… José Jimenez…

En ce 5 mai 1961, Eugene F. Kranz, alors responsable des procédures et des opérations au sein du Mercury Control Center (MCC), en quelque sorte le bras droit du directeur de vol Christopher Kraft, reprend son poste après une brève pause café.

En effet, le compte à rebours de la mission Mercury-Redstone 3 vient tout juste d’être à nouveau interrompu, ce qui rend Alan Shepard quelque peu nerveux.

Son vol a déjà été reporté deux fois. Normalement, un pilote ne s’en prend jamais à son équipe au sol, mais à la stupéfaction de tous, Shepard lance le désormais célèbre : « Hé les gars, pourquoi vous ne réglez pas vos problèmes et allumez cette chandelle ? » (“Why don’t you guys fix your problems and light this candle? »)

La tension est de plus en plus palpable, lorsque soudain on entend sur « l’intercom » la voix du célèbre Bill Dana dans sa parodie de l’astronaute « pétochard »…

«Mon nom… José Jimenez… Savez-vous vraiment ce qu’il faut pour être un astronaute ?
«Non José, dis-moi ! »
«Il faut avoir du courage, une bonne pression artérielle et… quatre pattes »
«Pourquoi quatre pattes José ? »
«Au départ ils voulaient envoyer un chien, mais très vite  ils ont réalisé que c’est trop cruel»…

Alors que l’enregistrement continue d’être diffusé, Eugene Kranz vérifie sa provenance, il découvre avec un grand soulagement que la transmission vient du Blockhaus, et non du MCC, car si un des contrôleurs de vol avait été dans le coup, il aurait certainement passé un mauvais quart d’heure dans le bureau de Christopher Kraft.

Ce dernier est  furax, la responsabilité du vol repose sur ses épaules,  il s’agit de la toute première mission avec un astronaute à bord, dirigée par le Centre de Contrôle qu’il a mis sur pied. Ce genre de « surprise » est susceptible de déconcentrer son équipe ! (En effet tous les contrôleurs sont hilares !)

On découvrira plus tard que cette petite blague a été improvisée par le trio infernal, Gordon Cooper, Bill Douglas et Guenter Wendt, qui ont bien compris que tout le monde avait besoin de se détendre un peu, compte tenu de la pression (premier vol spatial d’un astronaute) et des aléas du compte à rebours, et surtout, Shepard qui aura en effet attendu plus de quatre heures enfermé dans la minuscule capsule Mercury, très exactement de 5:20, heure où il s’installe dans la capsule, à 9:34, heure du décollage ! (Il a été réveillé à  1:00 – Heure Locale)

Contrairement aux craintes de Christopher Columbus Kraft, non seulement le vol de Shepard fut un grand succès (il est ainsi devenu le premier américain et le deuxième Homme dans l’espace) mais son Mercury Control Center effectua un travail formidable… La légende de Mission Control était en marche !

Le soir même, lors de la « Splashdown Party », une tradition qui a commencé avec la mission MA-2, Gene Kranz a reconnu que finalement, ce petit intermède fut salutaire et a permis  à tout le monde de décompresser un peu !

Ceux qui ont vu l’expression du visage de Christopher Kraft lorsqu’il a entendu « José Jimenez »  en rigolent encore !