Un fragment de roche lunaire exposé à Moscou

Un fragment de roche de Lune et un drapeau de l’Union Soviétique emmenés sur notre satellite naturel par les astronautes d’Apollo 11 exposés à Moscou (actuellement au Musée Mémorial de la Cosmonautique inauguré le 10 avril 1981) ont connu un immense succès populaire, ce qui a surpris beaucoup de monde en occident, exception faite de l’éditorialiste du Washington Evening Star (numéro du 17 décembre 1969) qui écrit qu’il n’y a pourtant là rien de surprenant : « D’un point de vue strictement nationaliste la population russe et le gouvernement soviétique peuvent prétendre que sans leurs succès dans l’espace, ce morceau de roche se trouverait toujours sur la Lune. Mais il est plus probable que les russes, ainsi que les autres peuples de la Terre voient le premier atterrissage sur la Lune pour ce qu’il est réellement : le triomphe de l’ingéniosité collective de l’Homme ».

Frank Borman annonce une bonne nouvelle à Chuck Yeager

Lorsqu’au printemps 1962 Donald Slayton téléphone à Frank Borman, alors pilote d’essai à Edwards, pour lui annoncer qu’il est accepté dans le corps des astronautes, celui-ci lève le poing en signe de triomphe et s’empresse de rentrer chez lui pour annoncer la bonne nouvelle à sa femme Susan qui le félicite aussitôt en le serrant très fort dans ses bras.

La prochaine démarche, certainement la plus délicate, est d’en faire part à son responsable, le légendaire Charles “Chuck” Yeager alors commandant de la base d’Edwards.

Lorsque Yeager le fait entrer dans son bureau, Borman lui annonce : « Colonel je viens d’apprendre une bonne nouvelle. »

« De quoi s’agit-il ? » rétorque Yeager en levant nonchalamment la tête.

« Je viens juste d’être sélectionné par la NASA pour rejoindre le corps des astronautes. »

Yeager opine du chef, reste silencieux quelque temps puis réplique « Borman, vous pouvez faire une croix sur votre carrière au sein de l’Air Force. » Sur ce, il baisse la tête et retourne à ses papiers.

L’entrevue s’est terminée ainsi.

Le message des cosmonautes à l’équipage d’Apollo 10

Le 27 mai 1969, quelques heures après le retour sur Terre des astronautes d’Apollo X, un télégramme de félicitations, signé par cinq cosmonautes, est rendu public par l’ambassade soviétique :

“Nous, cosmonautes soviétiques avons suivi votre difficile mission avec attention. Nous admirons très sincèrement l’extrême précision avec laquelle vous avez mené toutes les manœuvres prévues, votre excellente préparation, et votre courage. »

Le message est signé par Hermann Titov, Andrian Nikolaïev, Alekseï Leonov, Georgui Beregovoï, et Vladimir Shatalov.

Bel hommage et beau fair-play.  Youri Gagarine eut-il été vivant, il aurait bien évidemment lui aussi signé ce message de félicitations !

Quatre drapeaux tout fripés

C’est le 30 juin 1969 lors d’un dîner donné à la Maison-Blanche que les astronautes d’Apollo 10, Thomas Stafford, John Young et Eugene Cernan offrent au Président Richard Nixon et au Vice-Président Spiro Agnew quatre drapeaux américains, quelque peu froissés, qu’ils avaient emporté avec eux lors de la mission. Stafford dit au Président :

« Ces drapeaux ont fait le voyage vers la Lune, et ont tourné 31 fois autour d’elle, c’est pourquoi nous avons pensé que vous les voudriez tels que nous les avons ramenés. C’est la raison pour laquelle nous ne les avons pas repassés avant de les encadrer. »

Un cosmonaute devrait participer à une mission Apollo

Lors des rencontres qui se sont déroulées du 28 septembre au 2 octobre 1969 à Cloudcroft au Nouveau-Mexique, sous l’égide de la International Academy of Astronautics, le Dr Oleg Gazenko une sommité soviétique dans le domaine biomédical spatial, a déclaré : « Il serait techniquement faisable et souhaitable d’un point de vue de la compréhension mutuelle entre les deux pays, qu’un cosmonaute russe fasse partie d’une prochaine mission Apollo ».  Le Dr Gazenko ajoute qu’un échange de scientifiques entre les deux pays pourrait conduire à former un équipage pour une mission spatiale internationale.

En définitive, aucun cosmonaute ne prendra part à une mission Apollo. Il faudra attendre six ans pour une mission conjointe, Apollo Soyouz en 1975, chacun des deux pays envoyant ses voyageurs de l’espace  dans son propre vaisseau spatial.

Ce n’est que 19 ans plus tard, le 3 février 1994, qu’un cosmonaute, Sergei K. Krikalev, effectue son troisième vol spatial à bord de la navette Discovery, lors de la mission STS-60* . Un an plus tard, le 14 mars 1995, c’est au tour d’un américain, Norman Thagard, de s’envoler dans l’espace à bord d’une capsule Soyouz  (Soyouz TM-21) à destination de la station spatiale Mir dans laquelle il séjournera 115 jours (Mir EO-18).

* Charles Bolden était le commandant de cette mission. Bolden qui sera l’administrateur de la NASA de 2009 à 2017.