Arseni Tarkovski : L’origine et l’avenir de l’Homme

L’immense poète ukrainien Arseni Tarkovski (1907-1989) résume parfaitement nos origines et notre avenir… qui passe inéluctablement par la conquête de l’espace…

Sachant que « nous sommes faits de poussières d’étoiles », (97% de notre corps est constitué par des atomes créés dans des étoiles), elles sont à la fois nos origines et notre avenir… Et comme notre Soleil s’éteindra lui aussi un jour, il faudra bien trouver une autre étoile et une planète…

« Je suis l’Homme, au milieu du monde. Derrière moi, des tas de protozoaires, devant moi, des myriades d’étoiles. Je me trouve entre les deux, dans toute ma grandeur. Deux rives reliées par une mer, un pont qui unit deux mondes. Et, mon Dieu, un papillon, tel une bribe de soie dorée qui rit de moi comme un enfant. »

 

Une épitaphe pour le programme Apollo

Le célèbre sociologue de l’université de Columbia, le Dr Amitai W. Etzioni, (né Werner Flak à Cologne en 1929) très critique face aux coûts du programme lunaire américain donne en décembre 1972 cette épitaphe du programme Apollo dans le New York Times : «  Ce fut le dernier souffle d’une société adonnée à la technologie et préoccupée par les relations publiques, la dernière escapade orchestrée par une coalition militaro-industrielle à la recherche de conquêtes dans l’espace, tout en ignorant les besoins croissants sur Terre. »

Définition du mot escapade : « Action d’échapper un certains temps aux obligations de la vie quotidienne. » (Larousse)

 

Pas de touristes à bord de la navette spatiale

« La NASA ne prévoit pas d’emmener des touristes dans l’espace avec la navette spatiale » affirme le Washington Star dans son édition du 8 juillet 1980, en dépit des nombreuses demandes reçues. A cette date plus de 15 000 personnes ont déjà essayé de réserver un vol, et 1 200 demandes supplémentaires arrivent chaque semaine dans les bureaux de la NASA. « Des non-astronautes pourront faire des vols dans la navette pour réaliser des expériences » affirme Chester M. Lee, le directeur du programme navette, « mais nous ne sommes pas prêts à faire voler des touristes. Aucune disposition n’a été prise en ce sens, et il n’existe aucune perspective pour des passagers improductifs. »

Contre toute attente, ce sont les russes, en 2001, qui franchiront le pas et permettront à l’américain Dennis Tito de devenir le premier touriste spatial de l’histoire, pour la somme de 20 millions de dollars. (28 millions en dollars constants)

Que des sociétés privées proposent des voyages spatiaux touristiques, libre à elles… Mais que ce soit le fait d’agences gouvernementales, dans des infrastructures payées par le contribuable, est tout de même le signe d’une certaine décrépitude !

Cela dit, on estime le potentiel du marché du tourisme spatial à 32 milliards de dollars à l’horizon 2021…

De la fiabilité de la navette spatiale

La navette spatiale est l’un des appareils les plus complexes jamais conçus, elle est constituée de plus de 2 500 000 pièces, 365 km de câblage, 1 440 coupes-circuits…

Comme en témoignent les catastrophes de Challenger et de Columbia, le décollage et l’atterrissage constituent les phases les plus dangereuses d’un vol de navette, car il y a relativement peu de danger en orbite dans l’espace…

Malheureusement, cette complexité s’est révélée difficile à gérer, entraînant la perte de 2 navettes (et 14 astronautes) en 135 missions, soit un taux d’échec de 1,48 %, ce qui est beaucoup plus que les pertes subies par les compagnies aériennes, 0,00005 %, soit 1 crash tous les deux millions de vols.

Même exprimé en taux de mortalité par milliard de km parcourus, (le passager-kilomètre ou voyageur-kilomètre) ce qui donnerait théoriquement un avantage à la navette, puisque la distance moyenne parcourue par mission est d’environ 6,5 millions de km, on obtient tout de même le chiffre de 2,5 morts par milliard de km, toujours supérieur aux 0,5 décès des compagnies aériennes. (Mais toujours plus faible que le taux affectant l’automobile, qui est de 7,5 décès par milliard de km parcourus).

Les 5 navettes ont couvert un total de 872,9 millions de km (soit pratiquement 6 fois la distance moyenne entre la Terre et le Soleil ou 11 fois la distance moyenne entre la Terre et la planète Mars) en 21 152 orbites, et 1 333 jours, avec 852 membres d’équipage ce qui représente 355 individus au total (306 hommes, 49 femmes), dont certains ont effectué jusqu’à 7 vols.

Un astronaute avait 1 chance sur 61 de ne pas survivre à la mission. Cela dit, si le nombre d’astronautes à bord de Challenger et de Columbia avait été, par exemple, de 4 (au lieu de 7), le chiffre passe à 1 chance sur 106,5…

2 échecs sur 135 missions = 1 chance sur 67,5 de périr lors d’une mission. Lorsque Challenger a explosé, il s’agissait de la 25e mission, les statistiques étaient alors de 1 chance sur 25, et après la désintégration de Columbia, le 113e vol du programme, on passe à 1 chance sur 56,5 !

 

La Confrérie du Jambon et des Oeufs

Il existe une suite à cette anecdote

Le premier lancement de la navette spatiale ayant effectivement eu lieu en avril 1981, comme les responsables du programme s’y étaient engagés dix mois plus tôt, l’administrateur de la NASA Alan Lovelace (né en 1929) a déclaré qu’il souhaitait que «les personnes ayant contribuées de manière significative» à l’événement soient identifiées et invitées à la prochaine réunion des responsables du programme, devant se tenir au Centre Spatial Kennedy.

Le jour venu, après avoir félicité les personnes présentes, il les intronise dans la toute nouvelle « Confrérie du Jambon et des Œufs de la navette spatiale ». Une carte de membre personnalisée leur est distribuée sur laquelle figure une photo de deux œufs au plat et une tranche de jambon, avec la phrase désormais célèbre : « Etes-vous impliqué – ou engagé ? »

Pour fêter ça, tout le monde est invité à un barbecue, à la maison de la plage.

Une photo de groupe a été prise qui fera office de certificat.

(Première rangée de g. à d.) : Walter Dankhoff, Walter Williams, Alan Lovelace, John Yardley, Kenneth S. Kleinknecht, Michael Weeks, Robert F. Thompson, Robert Gray, William R. Lucas, Edward P. Andrews, Gerald D. Griffin, Christopher Kraft, Aaron Cohen, Thomas L. Moser.

(Deuxième rangée de g. à d.) : Earl A. Reese, Frank Van Rensselaer, Robert E. Lindstrom, David R. Braunstein, George Hardy, Leroy Day, Daniel M. Germany, Philip E. Culberson, George F. Page, James B. Odom, James Robert « J.R. » Thompson, Philip Glynn.  [J’ai un gros doute concernant Leroy Day, je pense qu’il s’agit d’un « ajout »… La luminosité du visage est anormalement élevée, et l’incidence de la lumière très douteuse par rapport aux autres… C’est une opinion personnelle. La photo est extraite du livre de Leroy Day !]

Absents : President Ronald Reagan, John Young, Robert « Bob » Crippen, Richard H. Kohrs, Richard G. Smith, Donald Slayton, et Haggai « Guy » Cohen.