Une fissure dans la capsule ?

« Gus » Grissom avait surnommé sa capsule Liberty Bell (2ème vol suborbital), du nom de la célébrissime cloche de Philadelphie, dont les  tintements ont été annonciateurs des plus grands événements de l’histoire des Etats-Unis, Déclaration d’Indépendance, ratification de la constitution… Or cette cloche présente une importante craquelure, aussi afin que la capsule soit la plus ressemblante possible on avait peint une large « fissure » sur cette dernière, à gauche de l’inscription « Liberty Bell 7 ». Tout le monde connaît l’histoire, après l’amerrissage l’ouverture intempestive de la trappe d’accès provoque la perte de la capsule qui coule au fond de l’Atlantique (Elle sera récupérée 38 ans plus tard…)
Grissom dira que jamais plus il ne volera dans une capsule fissurée…

Grissom-et-Liberty-Bell-7

Gus Grissom pose à côté de Liberty Bell 7, on aperçoit la craquelure à gauche. (Ainsi que John Glenn qui, du regard, inspecte l’intérieur du vaisseau spatial.

 

Le passé ressurgit

Le 20 juillet 1999, après 38 ans, presque jour pour jour, Liberty Bell 7 est récupérée du fond de l’océan où elle avait sombrée, le 21 juillet 1961 !
Un homme, présent sur le navire s’approche et murmure : « Laissez-moi la toucher après 38 ans ! » Les revoilà face à face, lui et la capsule numéro 11 des usines Mc Donnell Aircraft de St Louis, Missouri. C’était comme revoir une vieille ami, sauf qu’il aurait aimé entendre la voix de Gus par-dessus son épaule disant : «Elle est superbe, n’est-ce pas ?»
Cet homme, c’est Guenter Wendt, le dernier à avoir touché Liberty Bell 7 avant son départ dans l’espace !

 

Liberty Bell 7 au fond de l'atlantique

Liberty Bell 7 au fond de l’Atlantique à une profondeur de 4 500 mètres

 

Les suborbitaux

Alan Shepard, lors de son vol suborbital Freedom 7, a été en impesanteur pendant 4 minutes et 41 secondes, alors que Virgil Grissom lors de son vol suborbital Liberty Bell 7, l’a été pendant 5 minutes et 18 secondes.  Grissom est allé plus vite (de 48,2 Km/h),  plus haut (de 2,4 km) et plus loin (de 4,8 km) que Shepard…

 

Entre le décollage et l’amerrissage

 Lorsque des journalistes demandaient à Gus Grissom quelle partie de la mission est la plus dangereuse, il répondait invariablement :

« Celle entre le décollage et l’amerrissage !« 

Par une de ces cruelles ironies du sort il a failli périr noyé lorsque la trappe explosive de sa capsule Liberty Bell (deuxième vol suborbital américain) s’est intempestivement déclenchée après l’amerrissage causant la perte de la capsule qui s’est remplie d’eau et a sombré au fond de l’Atlantique. Grissom fut sauvé in extremis…