L’événement marquant du XXe siècle

Un sondage auprès de personnalités et de journaliste américains a permis de déterminer le classement des « événements marquants du XXe siècle ». (Dans le cadre américano-américain.)

Apollo 11 arrive en deuxième position, après le largage des bombes atomiques sur Hiroshima et Nagasaki les 6 et 9 août 1945, mettant un terme à la seconde guerre mondiale, et avant l’attaque de Pearl Harbor par les japonais le 7 décembre 1941.

Le lancement du premier satellite Spoutnik 1 arrive en 18e position ; le premier vol d’un Homme dans l’espace, Youri Gagarine, à la 60e place ; le premier américain dans l’espace, Alan Shepard à la 66e ; l’explosion de la navette spatiale Challenger à la 83e ; le premier américain en orbite, John Glenn à la 90e ; et le robot Mars Pathfinder à la 92e. Soit sept réalisations spatiales sur 100 événements.

Le Top 100 des stars de l’aérospatial

Pour le centième anniversaire du premier vol piloté et motorisé de l’Histoire, par les frères Wright, le magazine Aviation Week & Space Technology a imaginé soumettre au vote une liste de 762 noms, compilée par des historiens spécialistes de l’aviation et de l’espace, l’institut américain d’aéronautique et d’astronautique, ainsi que le conseil international des sciences aéronautiques, qui englobe 32 sociétés aérospatiales dans le monde, pour élire le Top 100 des stars du monde aérospatial. Une biographie succincte accompagne chacun des 762 noms qui sont répartis dans 15 catégories. Le vote réservé exclusivement aux professionnels du monde entier s’est déroulé du 1er février au 30 mars 2003. Le logiciel spécifique pour cette opération a été conçu par IBM et hébergé sur leurs serveurs. Plus d’un million de votes ont été comptabilisés, en provenance de 180 pays.

Le 18 juin 2003,  dans le cadre du Salon du Bourget, Aviation Week a organisé une cérémonie en la Salle Wagram à Paris, afin d’honorer ces 100 stars du secteur aérospatial.

Voici tout d’abord la liste des trois premiers de chacune des 15 catégories :

Les trois premiers de chaque catégorie. Entre parenthèses leur classement général.

Cette liste de 45 personnalités comprend quatre français, trois allemands, un russe, un brésilien, un suisse, un britannique, un italien… et 33 américains…

Lorsque l’on sait qu’en 2003 sur les dix plus grandes entreprises aérospatiales du monde on trouve 6 sociétés américaines, dont 5 aux 6 premières places (la quatrième est britannique), et que la première entreprise russe n’est qu’à la 17è place avec un chiffre d’affaire 34 fois inférieur au n°1 mondial, qui est américain, on « comprend » mieux la sous représentation de ce pays dans le sondage (5 sur 100 !). La septième entreprise aérospatiale du monde était alors française ! (Désormais l’Europe est en deuxième position avec Airbus !)

Voici les 100 stars : (en rouge les trois premiers de chaque catégorie)

  1. Wilbur and Orville Wright
  2. Wernher von Braun
  3. Robert Goddard
  4. Leonard de Vinci
  5. Glenn Curtiss
  6. Charles A. Lindbergh
  7. William L. « Billy » Mitchell
  8. Clarence L. « Kelly » Johnson
  9. Neil A. Armstrong
  10. Daniel Bernoulli
  11. Charles E. « Chuck » Yeager
  12. Otto Lilienthal
  13. Buzz Aldrin
  14. William Boeing
  15. Alan B. Shepard, Jr.
  16. Henry H. « Hap » Arnold
  17. Manfred von Richthofen
  18. Samuel P. Langley
  19. Igor I. Sikorsky
  20. Jules Verne (F)
  21. John K. Northrop
  22. Herb Kelleher
  23. Edward V. « Eddie » Rickenbacker
  24. Jacques-Etienne et Joseph-Michel Montgolfier (F)
  25. Ex-aequo Christopher Kraft / Antoine de Saint-Exupéry (F)
  26. Curtis LeMay
  27. Ernst Mach
  28. Juan Trippe
  29. Elbert « Burt » Rutan
  30. Theodore von Karman
  31. Alberto Santos-Dumont
  32. James Van Allen
  33. Alexander Graham Bell
  34. Ben Rich
  35. Alvin M. « Tex » Johnston
  36. Richard Branson
  37. Youri Gagarine
  38. Octave Chanute
  39. James « Jimmy » H. Doolittle
  40. Alexandre Gustave Eiffel (F)
  41. Robert « Bob » Crandall
  42. Equipage de Challenger – 51-L
  43. Louis Blériot (F)
  44. Donald Douglas
  45. Claire L. Chennault
  46. Will Rogers
  47. James A. Lovell, Jr.
  48. Robert « Bob » Hoover
  49. Ex-aequo Thomas H. Kelly / Clément Ader (F)
  50. Hugh Dryden
  51. Pierre-Georges Latécoère (F)
  52. Ex-aequo Marcel Bloch (Dassault) (F) / Roger Béteille (F)
  53. Virgil I. « Gus » Grissom
  54. Ferdinand von Zeppelin
  55. Jacqueline Auriol (F)
  56. Arthur C. Clarke
  57. Isoroku Yamamoto
  58. Daniel and Harry Guggenheim
  59. Anne Morrow Lindbergh
  60. Robert J. Collier
  61. Gregory « Pappy » Boyington
  62. Elmer Sperry
  63. James « Jimmy » Stewart
  64. Douglas « Wrong Way » Corrigan
  65. Konstantin Tsiolkovsky
  66. Ex-aequo Patricia « Patty » Wagstaff / Frank Whittle
  67. Ex-aequo Carl Sagan / Sergey Korolyov
  68. Albert Boyd
  69. René Leduc (F)
  70. John W. Young
  71. Gene Roddenberry
  72. Valentina Tereshkova
  73. Thomas E. Braniff
  74. Walter C. « Walt » Williams
  75. Jean Mermoz (F)
  76. Henri and Maurice Farman (F)
  77. Paul Poberezny
  78. Jean Bertin (F)
  79. Sally K. Ride
  80. Roland Garros (F)
  81. Osborne Reynolds
  82. Amelia Earhart
  83. Georges Guynemer (F)
  84. G. Wells
  85. Jean-Pierre Haigneré (F)
  86. Ex-aequo James S. McDonnell, Jr. / Robert Esnault-Pelterie (F)
  87. Ex-aequo Allan and Malcom Loughhead (Lockheed) / Marcel Bouilloux-Lafont (F)
  88. Richard Bong
  89. John H. Glenn, Jr.
  90. Ex-aequo James E. Webb / Freddie Laker
  91. Lawrence Sperry
  92. Douglas Bader
  93. Howard Hughes
  94. Willy Messerschmitt
  95. Louis Breguet (F)
  96. William A. Moffett
  97. William « Bull » Halsey
  98. George Mueller
  99. Henri Deutsch de la Meurthe (F)
  100. Boris Petrov

 

Parmis ces cent noms, 20 français (22 si l’on différencie les frères Montgolfier et Farman), le premier est à la vingtième place : Jules Verne. Le premier russe est à la 37è place. Cherchez l’erreur !

Que Wernher von Braun soit arrivé second sur 762 noms, et premier de la catégorie « concepteurs de fusées », n’est que justice, non seulement pour ses travaux, surtout à Peenemünde, fondamentaux pour la conquête de l’espace, mais également pour son prosélytisme. Grâce à ses très nombreuses conférences, ses articles dans Collier’s, les films avec Walt Disney, il a réussi à persuader les américains de la faisabilité du vol spatial, qui n’était alors que de la science-fiction…

Que Serguei Koroliov ex-aequo avec Carl Sagan n’arrive qu’à la 67è place est une flagrante injustice !  Même si Koroliov s’est indéniablement servi des travaux de von Braun et son équipe de Peenemünde, y compris de savants allemands déportés en Union-Soviétique après la deuxième guerre mondiale, il aurait dû figurer dans les 10 premiers, compte tenu de son influence sur le programme spatial soviétique.

Konstantin Tsiolkovski est troisième de sa catégorie mais 65è du classement général… Hermann Oberth brille par son absence ! Un autre illustre absent, Willy Ley !  Vladimir Tchelomeï et Valentin Glouchko auraient également dû figurer dans ce Top 100 ! Ainsi que Erich Warsitz…

Beaucoup de surprises dans ces résultats, à l’époque, pour moi en tout cas. Ceci dit je suis plus spatial qu’aéro !

 

Le classement des 11 astronautes présents dans la liste des 100 « finalistes » :

  1. Neil A. Armstrong
  2. Buzz Aldrin
  3. Alan B. Shepard, Jr.
  4. Youri Gagarine
  5. Equipage de Challenger (51-L)
  6. James A. Lovell, Jr.
  7. Virgil I. « Gus » Grissom
  8. John W. Young
  9. Valentina Tereshkova
  10. Sally K. Ride
  11. Jean-Pierre Haigneré

Le problème c’est que les astronautes ont été classés à la fois dans « Héros » et dans « Voyageurs de l’espace » !

Que vient donc faire Jean-Pierre Haigneré dans ce classement alors que par exemple Jean-Loup Chrétien est absent ?  Comment furent classés Walter Schirra et Alexei Leonov ?  Gagarine et Tereshkova ne furent en définitive que de simples passagers « facilement » interchangeables, héros certainement, compte tenu des risques encourus, mais ils n’ont jamais piloté leur capsule spatiale…   Si Neil Armstrong mérite amplement la première place au regard de sa carrière militaire, ses vols sur le X-15 etc., l’équipage de Challenger n’est classé qu’en raison de son sacrifice ultime… Dans ce cas, il aurait fallu mentionner également, Vladimir Komarov, Vladislav Volkov, Victor Patsaïev et Gueorgui Dobrovolski, également décédés lors du déroulement d’une mission spatiale (L’accident de la navette Columbia s’est produit le premier février 2003 après le début des votes) !

Et où est donc passé John Glenn ?

Dans ce classement des astronautes, John Young aurait dû arriver en seconde position au regard de sa carrière (six vols spatiaux, dont une mission sur la surface de la Lune et le premier vol de la navette spatiale) …

Peut-être eût-il fallu distinguer l’aéronautique de l’astronautique ?

Voici le prix décerné aux lauréats ou ayants droit :

De la finalité des vols spatiaux habités

Au début de la guerre froide, le critère d’attractivité, selon les décideurs politiques aux États-Unis et en Union Soviétique, était lié à des programmes scientifiques et technologiques de grande ampleur. Ainsi, les démonstrations de prouesses scientifiques et technologiques sont devenues des actions clefs pour affirmer le prestige national et associer les valeurs et les symboles perçus de la science et de la technologie – la rationalité, le progrès – avec l’image de l’idéologie politique de chaque nation. Les records aéronautiques par exemple, sont alors extrêmement médiatisés.

C’est donc tout naturellement qu’en 1957, après les réactions mondiales liées au lancement de Spoutnik, dont l’ampleur a surpris les russes, les hommes politiques tant aux Etats-Unis qu’en Union Soviétique ont vu dans la conquête spatiale le moyen le plus visible, le plus spectaculaire, pour attester leur suprématie. En pleine guerre froide, les réalisations spatiales civiles, bien plus que les armes ou les conflits militaires, ont servi comme de très efficaces vecteurs pour démontrer ses capacités technologiques, sa puissance, et surtout, l’efficacité de son système politique. Les deux superpuissances investiront massivement dans le domaine du spatial habité, une escalade qui aboutira au programme Apollo, qui permettra à douze américains de marcher sur la Lune entre 1969 et 1972, à ce jour, l’apogée de 60 ans de conquête spatiale…

Peu après le lancement de Spoutnik, Arthur Larson, le directeur de l’agence d’information des Etats-Unis (United States Information Agency ou USIA qui a existé de 1953 à 1999 – Outil de diplomatie publique, de propagande.) encouragea vivement le président Dwight Eisenhower à prendre fait et cause pour l’exploration spatiale, afin d’améliorer l’image de l’opinion publique étrangère vis à vis des Etats-Unis, non pas pour la connaissance scientifique en elle- même, mais pour l’impact disproportionné que la prééminence dans l’espace semble avoir sur le ressenti de puissance d’une nation, qui permet d’accroître très significativement son pouvoir de négociation.

La NASA, l’USIA, et le Département d’Etat, ont vendu cette image des Etats-Unis au grand public, notamment, entre autres, en encourageant un programme spatial habité très élaboré et très dispendieux, avec de nombreuses expositions sur le thème de l’espace, des tournées mondiales d’astronautes et de capsules spatiales, et bien sûr, en diffusant en direct les différentes missions spatiales à la télévision et surtout sur les radios que l’on pouvait capter dans le monde entier…  Aux Etats-Unis il a fallu mettre en place une réthorique élaborée, car dans un pays démocratique le politique est tributaire de l’opinion publique ; vox populi, vox dei. Un problème que n’ont pas eu les dirigeants soviétiques.

L’origine du programme spatial habité étant avant tout politique, après la guerre froide il a fallu trouver une justification économique et scientifique, et là, tout s’est bigrement compliqué…

Depuis Eisenhower, aucun des onze présidents des Etats-Unis qui se sont succédé à ce jour, n’a mis fin au programme spatial habité. Avec le programme Apollo, l’espace est devenu dans l’imaginaire américain la nouvelle frontière, un leitmotiv habillement distillé par les responsables politiques depuis Kennedy, se substituant à l’Ouest mythique.

Plus philosophiquement, l’espace habité est le début de l’expansion humaine dans le système solaire et au-delà. Il s’agit même d’une étape dans l’évolution pour certains, qui n’ont pas hésité à comparer les premiers pas de l’Homme sur la Lune avec ceux des premiers arthropodes qui ont « sorti la tête de l’eau » …

 

Le Super Guppy, un gros poisson volant

Pour transporter de gros éléments de la fusée Saturne V, une société californienne, Aero-Space Lines, Inc. a modifié un vieux Boeing B-377 Stratocruiser et a surnommé cet avion « ballonné » Pregnant Guppy (Guppy enceinte). Lorsque trois ans plus tard est mis en service un appareil plus grand, permettant d’acheminer un étage entier de la Saturne V, le S-IVB, l’avion est tout naturellement appelé Very Pregnant Guppy, (Guppy enceinte jusqu’aux yeux) mais pas très longtemps, car les responsables demandèrent un nom plus convenable, c’est ainsi qu’il devint le Super Guppy.

 

Le Guppy est un petit poisson tropical d’eau douce dont la femelle gravide ressemble à ça… Bien vu !

 

 

 

 

 

 

Anecdote dans l’anecdote : Wernher von Braun a piloté le Super Guppy !

 

Lorsqu’un Directeur de Vol quitte ses fonctions

Lorsqu’un Directeur de Vol quitte ses fonctions, une déclaration solennelle est lue lors d’une cérémonie, stipulant que la couleur utilisée par ce dernier, ne sera plus jamais utilisée. Ce texte écrit par ses pairs, les seuls dont l’avis compte, est ensuite accroché dans la dernière salle de contrôle où il a officié.

Celle d’Eugene Kranz disait :

 « Attendu que sa direction et son inspiration ont modelé l’équipe des contrôleurs de vol, ce qui fut déterminant pour réaliser le premier rendez-vous, l’exploration de la Lune. Mais aussi pour l’étude de l’homme, la Terre, les étoiles, et l’amélioration de la technologie.

Il est décidé, au nom du personnel de la division contrôle de vol, que la couleur « Blanche » est retirée à jamais de la liste des équipes de contrôleurs de vol en activité, pour rendre hommage au « Directeur de Vol Blanc » – White Flight – Eugene F. Kranz. » (Dans les échanges verbaux entre les contrôleurs et le directeur de vol, ces derniers employaient Flight pour s’adresser à luidiminutif de Flight Director.)

 « Les contrôleurs de vol font tous partie de la fraternité qui a ouvert les portes de l’espace ! »

A partir de 1981 les couleurs (au nombre limité) choisies par les directeurs de vol  furent remplacées par des noms d’étoiles ou de constellations, des lieux géographiques, des pierres précieuses, des dieux, des personnages mythologiques etc.

La couleur choisie par les douze premiers Directeurs de Vol (Période : Mercury, Gemini, Apollo, Skylab.)

Rouge – Christopher C. Kraft (1960)

Bleu – John Hodge (1963)

Blanc – Eugene F. Kranz (1963)

Noir – Glynn S. Lunney (1963)

Vert – Clifford E. Charlesworth (1966)

Or – Gerald D. Griffin (1968)

Marron – Milton L. Windler (1968)

Orange – M. P. (Pete) Frank (1968)

Violet – Phillip C. Shaffer (1971)

Carmin – Donald R. Puddy (1971)

Argent – Neil B. Hutchinson (1971)

Bronze – Charles R. Lewis (1971)