Des noms de scène un peu « space »

Au tout début des années 60, trois filles qui posaient dans des magazines de charme et s’éffeuillaient dans des clubs et boîtes de nuit, avaient choisi des noms de scène qui vous diront certainement quelque chose…  Alana Shepard, Gussie Grissom et Jonnie Glenn.

Ceci dit, il paraît que sur scène elles occupaient très bien l’espace !

Un cas d’espace

Demain nous pourrons assister à une pleine Lune alors que notre satellite se trouvera à son périgée (356 511 km à 12:24 TU), sur une orbite plus basse que de coutume en raison d’un « alignement » fluctuant entre le Soleil, la Lune, et notre Terre. La dernière fois que le périgée a été aussi bas (356 462 km), c’était le 26 janvier 1948, et pour le prochain il faudra attendre le 25 novembre 2034 (356 447 km). Vu de la surface de notre planète, il y a 14% de différence entre le diamètre apparent de la peine lune à son apogée et celui à son périgée.

L’occasion est donnée à tous les passionnés de conquête spatiale de faire un clin d’œil à la Lune, comme le préconisait la famille de Neil Armstrong après son décès, en hommage au premier Homme à avoir foulé son sol.

Lorsque l’équipage d’Apollo 11 a atterri sur la Lune cette dernière se trouvait à 393 309 km de notre planète et nous dévoilait son premier quartier.

Le New-York Times évoque le missile balistique V2

Le lundi 22 août 1944, le journaliste spécialisé dans les questions militaires et correspondant de guerre, Hanson Weightman Baldwin (1903-1991) publie un article sur les armes de représailles allemandes dans le New York Times, intitulé : « The V2 Rocket Bomb » dont vous trouverez ma traduction ci-après. Un article paru 17 jours avant la première attaque par missile balistique de l’Histoire, intervenue le 8 septembre 1944, avec comme cible, Paris !

Un article qui révèle nombre d’idées fausses sur cette arme révolutionnaire…

Tous les pays ayant bénéficié du transfert de technologie lié au missile V2 (USA, URSS, France, Angleterre…) utiliseront ce dernier à des fins militaires, (pour concevoir de nouveaux missiles), bien avant de l’utiliser pour des applications civiles…

Ainsi, la fusée Redstone qui envoya Alan Shepard pour un vol suborbital, l’Atlas qui permit à John Glenn d’effectuer 3 orbites autour de la Terre ou la fusée « Vostok » du premier Homme dans l’espace, Youri Gagarine, ne sont que des missiles balistiques reconvertis !

Les premiers lanceurs 100 % civils (pour les vols habités), ceux de la classe Saturn, furent developpés pour le programme Apollo sous la direction de…  Wernher Von Braun !  Belle revanche !

 

La bombe-fusée V2 

La menace de son utilisation, annoncée depuis longtemps, soulèverait de nombreux problèmes de taille pour les allemands.

La fusée géante que les allemands appellent V2, car il s’agit de leur deuxième arme de représailles, devrait bientôt entrer en scène et jouer un rôle dans la guerre.

La fusée ne doit pas être confondue avec la bombe volante équipée d’un moteur à réaction déjà utilisée contre la ville de Londres.

La fusée – une gigantesque adaptation des fusées du 4 juillet – n’a pas encore été utilisée, mais la propagande allemande nous promet son déploiement depuis longtemps et cette arme est prise très au sérieux par les autorités alliées.

J’ai personellement vu un site de lancement de fusées à moitié construit en France dans le Cotentin en juillet dernier, la construction extrêmement massive ressemblait à un barrage miniature. Le tunnel qui permet d’acheminer les fusées sur l’aire de lancement, long de plusieurs trentaines de mètres et profondémment enterré est protégé par du béton armé d’une épaisseur de 7 à 10 mètres ; les tunnels destinés au stockage des fusées et les centrales électriques sont également à l’épreuve des bombes. Le site était de toute évidence érigé pour le lancement d’énormes engins et construit de la même manière que les abris pour sous-marins : pour résister aux bombardements les plus violents. Le site de Cherbourg est l’une des bases de lancement des fusées – les autres sont toutes aussi massives et ne diffèrent que par certains détails – construites jusqu’à présent par l’ennemi.

L’une est entre nos mains, les autres sont disséminées de Calais à Abbeville. Toutes ne sont pas terminées et toutes ont été intensément bombardées à de nombreuses reprises au cours des derniers mois avec les bombes de 5 tonnes des Britanniques (NdT : bombe sismique dite Tallboy – A partir de mars 1945 une version 10 tonnes sera mise en service : la Grand Slam, surnommée Ten Ton Tess) qui permettent de percer les blindages, à tel point que les travaux de construction ont été grandement retardés voire arrêtés, et que de gros dégats ont été ocassionnés à ces installations.

Qui plus est, les problèmes liés au lancement de la fusée géante V2 ne sont en aucun cas la seule difficulté rencontrée par l’ennemi. La fusée est si énorme que son transport par rail nécessite probablement des wagons plats.  La fabrication, l’assemblage, le stockage et le transport devraient inmanquablement poser beaucoup de problèmes aux Allemands, nos bombardements ayant sans le moindre doute retardé le déploiement de ces fusées bien au-delà du « jour J » initialement prévu.

Il ne fait aucun doute que les allemands disposent d’une telle arme, qu’ils comptent bien l’utiliser, et seront en mesure de le faire si la guerre dure assez longtemps. Bien que rien d’officiel n’ait été divulgué, il semblerait que, contrairement à l’avion sans pilote, la fusée ne se déplace pas à l’horizontale, mais suit une trajectoire parabolique, tel un mortier lancé par un obusier. Contrairement à un obus, la fusée n’est pas accéléree par un canon, mais emporte son propre carburant, qu’elle consomme au fur et à mesure de sa progression parabolique à travers l’espace.  

Un échaffaudage ou catapulte, se déplaçant sur des rails, est utilisé pour projeter la fusée dans l’espace. Le combustible, probablement une sorte de poudre se consummant rapidement, est éjecté par des tubes ou des moteurs à réaction situés au niveau de la base de la fusée ; la pression ainsi créée par la combustion propulse la fusée dans l’air jusqu’à la stratosphère, lorsque la trajectoire de la fusée atteint son apogée, peut-être entre 10 000 ou 20 000 mètres elle bascule vers le bas, et, stabilisée par son empenage, tombe, telle une bombe, en une trajectoire curviligne jusqu’à la cible.

La fusée géante à longue portée, telle que conçue par les allemands est de toute évidence une arme peu précise pour atteindre des objectifs précis, l’ennemi n’ayant plus le contrôle de l’engin après son lancement. Mais, comme la bombe volante V1, la fusée doit être assez précise pour frapper Londres, ou des villes dont la superficie est bien moindre.  On suppose que la V2 peut emporter dans son ogive l’équivalent d’au moins 5 tonnes d’explosifs – grosso modo l’équivalent, en poids, de la plus grosse bombe de fabrication anglaise. Mais il est possible que l’ogive soit bien plus grande que ça, certains estiment que la charge, qui explose au moment du contact avec le sol, pourrait atteindre 20 tonnes, et la masse totale de l’engin, y compris le carburant, 50 tonnes.

Ces chiffres sont probablement exagérés, mais il est très vraissemblable que la V2 est une arme de taille considérable, dont l’effet détonant, comme celui d’une bombe de 5 tonnes, devrait être très destructeur et de grande ampleur.

L’efficacité de la fusée géante, si elle est utilisée, dépendra du nombre d’exemplaires que les allemands seront capables de lancer. De nombreuses bombes de 5 tonnes ont été larguées sur les villes allemandes en un seul raid, et pourtant les allemands se battent toujours âprement. Si elle est mise en service, la V2, à moins qu’elle ne soit une arme au potentiel encore insoupçonné, ne fera pas gagner la guerre aux allemands, ni même la prolongera. Et à moins qu’elle ne soit utilisée rapidement, il se pourrait bien qu’ils ne puissent jamais s’en servir, dans la mesure où la guerre devrait se dérouler sous peu sur le sol allemand.

La fusée A4, un formidable outil pour la science

C’est à Peenemünde que furent jetées les bases de l’exploration des couches supérieures de l’atmosphère à l’aide de fusées.

Le 8 juillet 1942, Wernher Von Braun, Ernst Steinhoff, Reinhold Strobel (spécialiste en balistique) et Gerhard Reisig qui avait équipé les petites fusées A3 et A5 pour mesurer température et pression, rencontrent le Dr Erich Wegener et ses collègues Alfred Ehmert et Erwin Schopper au centre de recherche pour la physique de la stratosphère à Friedrichshafen. [Forschungsstelle für Physik der Stratosphäre fondé et dirigé par Wegener  (1881-1955)].

Il était crucial pour l’équipe de Peenemünde de connaître la composition de la haute atmosphère (notamment la température, la pression et la densité) pour déterminer le comportement des fusées et calculer au mieux les trajectoires balistiques. Dès le 11 juillet 1942, le centre de recherche de l’armée de terre de Peenemünde, commande formellement l’étude d’un équipement composé d’un barographe à quartz, d’un thermographe à fil, d’un spectrographe à rayons ultraviolets, et d’un appareil pour le prélèvement d’échantillons d’air, pour un montant de 25 000 Reichsmark (en 1941 le taux de change officiel  s’établissait à 1 Reichsmark pour 2,5 USD). Von Braun nomme Helmut Weiss comme « interface logistique » entre Peenemünde et l’équipe de Regener, et Gerhard Reisig pour aider cette dernière.

Erich Regener était l’un des plus grands spécialistes au monde de la haute atmosphère de la Terre. A la suite de cette demande il réalisa un appareillage connu sous le nom de « tonneau de Regener », c’est-à-dire un container englobant tous les instruments énumérés plus haut, qui devait prendre la place de la charge utile, placée dans le nez de la fusée A4, pour être ejecté à l’apogée de la trajectoire, environ 80 km. (Regener et son fils Victor avaient envoyé des ballons sondes à des altitudes de 30 km. Ils ont même imaginé un canon à hydrogène, Wasserstoffkanone, qui permettait d’envoyer à partir d’un ballon ayant atteint cette hauteur, une charge utile à 50 km d’altitude). Un parachute imaginé par Regener, dont le déploiement était assuré par le gonflage de poches par du gaz comprimé, devait permettre sa récupération. Un émetteur incorporé facilitait la localisation au sol de l’ensemble.

« L’Institut de Recherches de la télémétrie radio » de Munich avait lui aussi songé à exploiter ces tirs scientifiques de A4 pour réunir des renseignements concernant la modification de la charge électrostatique du corps de la fusée, lors de son passage à travers les nuages cirrus. Il s’agissait là d’un problème d’une importance capitale pour la mise au point d’un détonateur électrique de proximité, destiné aux fusées antiaériennes.

Malheureusement les retards liés à la mise au point de la A4 et du « tonneau » et bien évidemment la fin de la guerre, ne permirent pas d’utiliser cette fusée pour explorer les hautes altitudes, du moins pas en Allemagne. En 1944 on effectua bien des mesures de température et de pression au niveau du nez de la fusée, fondamentales pour l’observation des phénomènes au moment de la rentrée dans les couches plus denses de l’atmosphère, mais rien de plus.

Ce n’est qu’après la guerre que la A4 fut utilisée aux Etats-Unis dans le cadre d’un programme grandiose d’exploration de la stratosphère, de l’ionosphre et de l’exosphère.

Dans ce cadre, la première photo de la Terre depuis l’espace fut prise le 24 octobre 1946 grâce à une A4 (V2 #13) ayant atteint 105 km d’altitude (photo ci-dessous). Le record d’altitude de la précedente photo de la Terre datait de 1937 à bord du ballon Explorer II qui avait atteint 22 km.  En 1950, Clyde Holliday, l’ingénieur ayant adapté sur la A4 la caméra 35 mm, qui prenait un cliché toutes les 90 secondes, écrivit un article dans le Geographic Magazine : « Les photos de la V2 nous montrèrent pour la première fois à quoi ressemblerait la Terre à des visiteurs venant d’une autre planète dans leur vaisseau spatial »

Première photo de l'espace

Puis, le 26 juillet 1948, des photos prises par une caméra à bord d’une A4 ayant atteint l’altitude de 96,5 km permirent de réaliser un panorama de la surface de la Terre couvrant une superficie de plus d’un million de km2. (Cliquer sur la photo pour l’agrandir)

Panorama A4

David Bowie, un artiste très spatial

En 1969, l’année du premier atterrissage sur la Lune, un britannique de 22 ans, David Bowie, chante une chanson intitulée « Space Oddity » (littéralement « Bizarrerie de l’espace ») directement inspirée par le film de Stanley Kubrick « 2001, A Space Odyssey ». En dépit du thème de la chanson, un astronaute en perdition dans l’espace, le morceau est choisi par la BBC pour illustrer en direct, les images des premiers pas de l’Homme sur la Lune !  Ce qui amusera beaucoup David Bowie !

Dans son tout dernier clip, tiré de l’album « Blackstar », son album testament, sorti deux jours avant sa disparition, il met en scène un astronaute gisant mort sur le sol lunaire. Le « Major Tom » est mort, la boucle est bouclée…

Depuis la mission Gemini 6, la NASA utilise des chansons pour réveiller ses astronautes dans l’espace (Wakeup calls), ainsi lors des missions STS-78 (c’était en l’honneur du commandant de la mission Terence Thomas « Tom » Henricks) et STS-112, « Space Oddity » fut diffusé dans la navette spatiale.

Plus récemment, en 2013, le Canadien Chris Hadfield a tourné depuis la Station Spatiale Internationale le premier clip en impesanteur de l’Histoire, en reprenant « Space Oddity » à la guitare, modifiant quelque peu les paroles, pour les adapter à son cas personnel.

 

L’astronaute britannique Tim Peake en ce moment à bord de la Station Spatiale Internationale fut l’un des premiers à  « tweeter » un hommage au chanteur disparu depuis l’ISS : « Saddened to hear David Bowie has lost his battle with cancer – his music was an inspiration to many. »

« Sa musique a été une inspiration pour beaucoup de gens »…. Et le sera très certainement encore longtemps !

 

« SPACE ODDITY » (une traduction proposée par votre serviteur)

Centre de contrôle à Major Tom
Centre de contrôle à Major Tom
Prends tes cachets protéiniques et mets ton casque
Centre de contrôle à Major Tom (Dix, neuf, huit, sept, six…)
Début du compte à rebours, allumage des moteurs (cinq, quatre, trois…)
Attention à la mise à feu, et que l’amour de Dieu soit avec toi (… deux, un, décollage.)

Ici le centre de contrôle à Major Tom
Tu es vraiment à la hauteur
Et les journaux veulent tout savoir à ton sujet
Maintenant il est temps de quitter la capsule si tu l’oses
Ici Major Tom au centre de contrôle
Je franchis la porte du sas
Je flotte vraiment de la manière la plus bizarre
Et les étoiles semblent très différentes aujourd’hui

Car je suis là, assis dans ma boîte de conserve
Loin au-dessus du monde
La planète Terre est bleue
Et il n’y a rien que je puisse faire

Bien que je sois passé à plus de cent soixante mille kilomètres
Je suis serein
Et je pense que mon vaisseau sait où aller
Dis à ma femme que je l’aime énormément, elle le sait
Centre de contrôle à Major Tom
Tes circuits sont morts, il y a un problème
Vous m’entendez, Major Tom ?
Vous m’entendez, Major Tom ?
Vous m’entendez, Major Tom ?

Vous m’entendez et je flotte autour de ma boîte de conserve
Loin au-dessus de la lune
La planète Terre est bleue
Et il n’y a rien que je puisse faire.

David Bowie (1947-2016)