Etude comparative des programmes spatiaux soviétique et américain

Le Dr Charles S. Sheldon (1917-1981) était le chef de la division scientifique du service de recherche du Congrès et une sommité sur le programme spatial soviétique. Il est le premier à avoir compris que la dénomination Cosmos ne concernait pas un type de vaisseau spatial ou un programme en particulier mais est une appellation servant de couverture à d’innombrables types d’activités spatiales y compris les missions ratées. L’une de ses études, Review of the Soviet Space Program with Comparative United States Data, (Etude du programme spatial soviétique avec des données comparatives des États-Unis), publié par le Congrès en 1967 retrace le développement du programme spatial soviétique avec une minutie et une acuité jamais atteinte dans un document rendu public. Sheldon a notamment participé à la rédaction du National Aeronautics and Space Act de 1958 qui a permis la création de la NASA et du Communications Satellite Act de 1962 qui a permis d’impliquer des sociétés privées pour la commercialisation des satellites de télécommunication.

Lors d’un discours au National Space Club à Washington D.C. en août 1970 il donne les informations suivantes :

« L’U.R.S.S. dépense 2% de son PNB pour l’espace et les Etats-Unis 0,5 %. En 1969 le PNB de l’Union soviétique est estimé à 420 milliards de dollars ; celui des Etats-Unis est de 931 milliards. Les lancements spatiaux soviétiques réussis furent au nombre de 44 en 1966, 74 en 1968, 70 en 1969, et jusqu’ici, 40 pour cette année. La part la plus importante de leur activité concerne la photo reconnaissance. Chaque année l’U.R.S.S. dépasse les Etats-Unis en ce qui concerne la masse totale des charges utiles envoyées dans l’espace, ce depuis les 83,5 kg du premier Spoutnik en 1957, sauf pour l’année 1969. La masse totale des charges utiles envoyées par l’U.R.S.S. s’élève à 2 millions de kg comparé à 1,9 millions de kg pour les Etats-Unis. »

En 1971, il affirme qu’environ 600 000 personnes travaillent pour le programme spatial soviétique. Entre 1957 et 1970 Vandenberg AFB est le site qui enregistre le plus grand nombre de lancements réussis, avec 311, vient ensuite Baïkonour avec 282, puis le Centre Spatial Kennedy avec 189, et Plesetsk avec 147. Les missions militaires représentent environ les 2/3 des lancements pour les deux pays. Alors que les missions militaires sont en hausse en U.R.S.S., avec 28 missions en 1966 et 57 en 1970 elles sont en baisse aux Etats-Unis, avec 34 en 1966 et 16 en 1970.  Bien que les deux nations soient en compétition, elles collaborent notamment pour la météorologie, la biologie spatiale, le géomagnétisme, et la mise au point de systèmes d’amarrages compatibles afin de faciliter l’assistance mutuelle en cas de problème, ou la conduite de projets communs.

La Grande Encyclopédie Soviétique ou la réécriture de l’Histoire

Le premier volume de la troisième édition de la Grande Encyclopédie Soviétique (Bolshaya Sovetskaya Entsiklopediya), qui en compte 30 parus entre 1969 et 1978, crédite enfin les frères Wright du premier vol en aéroplane, ce qui est historiquement avéré. Mais il se trouve que la seconde édition (50 volumes), parue entre 1950 et 1958 annonçait que le concepteur du premier aéroplane était un russe, Alexandr Fyodorovich Mozhaisky, qui aurait effectué un premier vol motorisé au cours de l’été 1882 (21 ans avant les frères Wright !) Une version maintenue jusqu’en 1968 par le ministère de la défense de l’U.R.S.S. dans son Histoire de l’aviation et de l’astronautique russe.

Dans la dernière édition de ladite encyclopédie les auteurs rétablissent enfin la vérité, l’avion de Mozhaisky a été construit en 1885 et s’est disloqué lors de la tentative de décollage.

Malheureusement une « encyclopédie » sous influence politique, qui n’hésitait pas à réécrire l’Histoire !

Liquide contre solide

Arthur Rudolph, le directeur du programme Saturne V au Centre Spatial Marshall, à travaillé toute sa carrière sur les fusées à ergols liquides plutôt que celles à propergol solide. Après un colloque où l‘un des intervenant à fait l’apologie des propulseurs à propergol solide, les participants sont conviés à un cocktail. Avec un Martini à la main, le Dr Rudoph s’approche de la personne en question et lui dit : « Vous avez fait un discours très intéressant, mais je dois vous avouer que je suis de naissance un adepte des ergols liquides. « Ceci, ajoute Rudolph, en montrant l’olive dans son verre, représente le ratio de ma confiance dans le solide par rapport au liquide ! ».

Se sentant un peu mal après cette remarque acerbe, Arthur Rudolph se dirige vers le bar, ajoute quelques olives dans son verre et retourne voir la personne. « Mon ami, vous voyez que ma confiance dans le solide a augmenté, et plus je bois de ce liquide, plus ma confiance dans le solide grandit ! »

Juste un professeur ordinaire

En 1979, à l’occasion du dixième anniversaire de la mission Apollo 11, Neil Armstrong participe au tournage d’un documentaire sur Apollo par une télévision japonaise. Lors d’une pause, le journaliste lui demande si ses étudiants en ingénierie aérospatiale à l’Université de Cincinnati sont en admiration devant lui. La réponse de Neil Armstrong avec un petit sourire en coin : « Plus du tout après la première interro. »

Neil Armstrong dans sa classe. Crédit photo : Peggy Palange, UC Public Information Office – 1974.

Charles L. Buckley Jr, quelle flèche !

Lors de son pot de départ à la retraite en 1981, le légendaire Charles Buckley (1923-2009) qui a passé plus de vingt ans comme responsable de la sécurité du Centre Spatial Kennedy, fait un petit discours… « Voilà ce que c’est vraiment que d’être le flic en chef de la sécurité du Centre Spatial Kennedy », en souriant il attrape dans un sac un petit accessoire de farces et attrapes qu’il pose sur sa tête ; une flèche qui semble lui traverser le crâne !