Le rythme cardiaque des astronautes d’Apollo 9 au décollage

Quelque 11 minutes après le décollage, les astronautes d’Apollo 9 sont en orbite autour de la Terre.

Le directeur de vol Eugene Kranz leur dit alors : « Nous sommes fiers de vous. Tout le monde ici est heureux comme un poisson dans l’eau. » (en anglais : « Everybody here is happy as a clam. »)

Russell Schweickart le « bleu » fut exceptionnellement calme lors du lancement, lorsque les médecins lisent son électrocardiographe, ils s’aperçoivent que sa fréquence cardiaque n’a jamais dépassé les 72 battements par minute, juste 10 battements au-dessus de sa fréquence normale.

Le cœur des deux vétérans, qui avaient déjà effectué un vol spatial, James McDivitt (Gemini IV) et David Scott (Gemini 8) battaient respectivement à 135 et 120 pulsations par minute !

C’est John Young qui détient le record de la fréquence cardiaque la plus basse, avec 70 battements lors de la mission Apollo 16, mais il s’agissait de son quatrième vol spatial.

L’horoscope des astronautes d’Apollo 9

Le 10 mars, au septième jour de leur mission spatiale qui en comptera dix, le CAPCOM Ronald Evans communique aux astronautes l’actualité du jour, ainsi que leur horoscope. Pour James McDivitt et David Scott, tous les deux Gémeaux ; ils doivent privilégier les activités de groupe.

« Bon on va essayer Ron.» répond Scott.

« Au fait est-ce que trois personnes sont considérées comme un groupe ? » plaisante Russell Schweickart dont le signe astrologique est Scorpion.

Pour ce dernier, son horoscope du jour lui conseille d’être sélectif dans le choix de ses amis et de se décider rapidement pour réaliser un projet.

« Je pense que pour quelques jours encore, il aura du mal à choisir ses amis » ironise McDivitt.

James McDivitt et l’Ancien Ordre des Hiberniens

Le 8 mars 1969, alors que James McDivitt, d’origine irlandaise, commandant de la mission Apollo 9 (du 3 au 13 mars) est en orbite autour de la Terre avec ses compagnons David Scott et Russell Schweickart, (Il fut également commandant de la mission Gemini IV du 3 au 7 juin 1965, au cours de laquelle Edward White effectue la première sortie spatiale américaine.) les responsables de l’Ancien Ordre des Hiberniens* (Ancient Order of Hibernians – AOH), une organisation fraternelle catholique irlandaise fondée à New-York le 4 mai 1836, qui regroupe environ 250 000 américains de descendance irlandaise, ont décidé à l’unanimité de lui décerner sa plus prestigieuse récompense, la médaille John F. Kennedy (John F. Kennedy Memorial Award), créée en 1966 et attribuée tous les deux ans. L’ancien président des Etats-Unis était membre de la fraternité.

En apprenant la nouvelle, le colonel McDivitt, premier astronaute de confession catholique dans l’espace, a tenu à remercier l’Ancien Ordre des Hiberniens de lui faire l’insigne honneur de le considérer comme un membre éminent de la communauté Irlando-Américaine.

La médaille lui sera remise le 10 mai lors d’un dîner à l’Hôtel du Parc Militaire dans la ville de Newark dans le New-Jersey.

Le patronyme McDivitt est dérivé du nom gaélique « Mac Daibheid, » qui signifie fils de David.

James Alton McDivitt aura 90 ans le 10 juin prochain.

*- Hibernia est le nom romain de l’Irlande. Il fut utilisé par Tacite (58-120) dans son livre « De vita Agricolae », la biographie de son beau-père, Gnaeus Julius Agricola (40-93), sénateur et général qui acheva la conquête de la Britannie (actuelle Grande-Bretagne).

Les astronautes d’Apollo 9 chantent «joyeux anniversaire» dans l’espace.

Deux interprétations de la chanson « Joyeux anniversaire » sont particulièrement célèbres, la première est bien évidemment celle, très sensuelle, de Marilyn Monroe au Madison Square Garden à l’occasion d’un gala de levée de fonds pour le parti démocrate auquel participe le Président Kennedy, le 19 mai 1962. Le parti démocrate voulait une star, et un prétexte pour justifier sa présence ; l’anniversaire prochain du Président. Il s’agit de la dernière apparition publique importante de Marilyn Monroe avant son décès moins de trois mois plus tard, le 5 août 1962…  La deuxième interprétation inoubliable date du 8 mars 1969, lorsque l’équipage d’Apollo 9, James McDivitt, David Scott et Russell Schweickart, en orbite terrestre, entonnent un joyeux anniversaire pour Christopher Kraft (1924 – ), alors directeur des opérations en vol*

Happy birthday to you, happy birthday to you. Happy birthday to you, dear Christopher, happy birthday to you.

Ces deux interprétations, à pratiquement sept ans d’intervalle, ont trois points communs ; elles n’ont pas été chantées le jour même de l’anniversaire des deux personnes concernées, pour Kennedy c’était 10 jours avant, pour Kraft c’était 9 jours après, il s’agissait pour tous les deux de leur quarante-cinquième anniversaire, et les deux « prestations » ont eu lieu un samedi !

Il se trouve qu’à l’origine le vol Apollo 9 devait décoller le 28 février (le vol s’est déroulé du 3 au 13 mars 1969) le jour de l’anniversaire de Christopher Kraft mais fut retardé de 2 jours car les astronautes ont attrapé un rhume. (Une suspension – hold – de 42 heures a été intégrée au dernier moment au compte à rebours)

Les astronautes avaient également l’intention de souhaiter un joyeux anniversaire en chanson à leur patron, Donald Slayton (1924-1993) né le 1er mars, ainsi qu’à leur secrétaire Charlotte Maltese, mais ces derniers n’étaient pas présents aux moments propices.

*En décembre 1969 il sera nommé directeur adjoint du centre des vols spatiaux habités (Manned Spacecraft Center, actuellement Johnson Space Center) et en janvier 1972, directeur.

Stage de survie au Panama

A l’occasion d’un stage de survie au Panama, (dans le cadre du programme Gemini), Walter Schirra et son binôme James McDivitt, sont héliportés en pleine forêt, à une vingtaine de minutes de vol de la base aérienne Albrook où se trouve le « Tropic Survival Center », pour subir l’épreuve en « conditions réelles ». Les astronautes livrés à eux même, doivent passer deux nuits dans la jungle et mettre en pratique ce qu’ils ont appris.

Leur régime alimentaire se compose essentiellement de cœurs de palmiers, dont Schirra gardera un certain dégoût par la suite. Ayant mal évalué la résistance d’un tronc d’arbre pour installer son hamac, il se retrouve au beau milieu de la nuit avec les fesses touchant le sol !

Ils tentent de pêcher du poisson, mais sans succès.

 

La rivière au bord de laquelle ils se sont installés ne leur apportant aucune nourriture, Walter Schirra a l’idée de signaler leur position en utilisant les sachets de colorant utilisés en mer pour aider à la localisation des capsules et des radeaux de survie. Chaque jour il en déverse un sachet, au grand dam des binômes se trouvant en aval. Ce colorant a une durée de vie dans l’eau de mer d’environ 12 heures avant de se diluer.

Ce subterfuge permet à l’équipage d’un hélicoptère de les repérer et de leur larguer des vivres et du matériel. Les équipes de récupération et de recherche, à l’entrainement également, ne connaissent pas la position des « naufragés » qui n’ont pas de radio pour communiquer.

Peu à peu, les autres binômes quelque peu contrariés remontent la rivière jusqu’à l’origine de la «coloration», tels Thomas Stafford et Eugene Cernan, plus intrigués qu’en colère lorsqu’ils ont vu l’eau se colorer en vert chartreuse alors qu’ils étaient tranquillement en train de pêcher !