Une conférence de presse en toute décontraction

La conférence de presse d’avant vol, de la mission Gemini 4, s’est déroulée en présence de James McDivitt et Edward White, « équipage titulaire » et James Lovell et Franck Borman, « équipage de réserve ».

Lorsqu’un journaliste demande s’ils ont choisi un nom pour leur vaisseau spatial, James McDivitt répond: “Je ne sais pas, qu’est-ce qu’on joue à Broadway en ce moment ?” Un clin d’œil à Virgil Grissom, qui avait baptisé Gemini 3 “Molly Brown”, d’après la comédie musicale “The Unsinkable Molly Brown” qui passait à Broadway.

A la question de savoir si l’équipage s’entend bien il répond : « Je pense que j’ai passé plus de temps avec Ed depuis le 1er septembre qu’avec ma femme, on s’entend parfaitement, mais pour ces deux-là » désignant Jim Lovell et Frank Borman, « j’ai des doutes ».

Borman : « Nous formons un excellent groupe, d’ailleurs la nuit dernière Jim et moi avons eu un problème avec nos réservations, du coup nous avons dû passer la nuit ensemble dans la suite nuptiale du Georgetown Inn ».

Lovell : « Vous voyez, on ne peut pas être plus proche ! »

Toute la conférence de presse s’est déroulée ainsi.

Bon pied bon oeil

Le 26 novembre 1988, Jean-Loup Chrétien, le premier spationaute français, part à bord de Soyouz TM-7 avec ses collègues soviétiques Alexandre Volkov et Serge Krikalev pour un séjour dans MIR.

C’est la mission Aragatz.

Le 9 décembre suivant, il effectue une EVA de 6 heures avec Volkov, dont l’un des objectifs est de déployer une antenne  métallique composée de 5 000 pièces et 1 500 articulations, de 4 mètres de diamètres, dénommée ERA.

Krikalev à l’intérieur de Mir est dans l’impossibilité de commander le déploiement de la structure. Force est de constater que le mécanisme est grippé, il va falloir utiliser un autre moyen.

Volkov trouvera la solution, en assenant un puissant coup de pied dans la structure qui soudainement se déploie. Bon pied bon œil !

 
 

Le pactole pour les soviétiques

Bien qu’on leur avait promis qu’ils pourraient travailler en Allemagne, dans la nuit du 22 octobre 1946, plus de 200 spécialistes allemands de Peenemünde (Professeurs, docteurs, ingénieurs, techniciens…) et quelque 5 000 ingénieurs, ayant travaillé pour le fleuron de la technologie allemande (Askania, Bosch, Siemens, AEG, Krupp, Henschel, Messerschmitt, BMW, Junkers, Heinkel, Telefunken, Daimler-Benz, etc…) sont déportés en Union Soviétique avec leurs familles. Plus de 20 000 personnes au total.

Un haut dignitaire soviétique, affirmera aux allemands, que cette opération s’inscrit dans le cadre juridique des accords de Postdam, au titre de la réparation des dommages de guerre.

Pendant les deux années qui ont suivi la guerre, l’URSS a pillé plus de 4 700 sociétés allemandes, dont 655, directement liées au complexe militaro industriel.

Un pactole de quelques 2,7 milliards de dollars (1948) soit 26 milliards de dollars (2012)

Ce qui représente 1/3, de la capacité de production industrielle, de toute la zone soviétique à cette époque.

Parmi les scientifiques de Peenemünde, Helmut Gröttrup spécialiste en moteurs fusée, qui avait été l’assistant du Dr Walter Thiel, le directeur adjoint du centre de recherche, et le meilleur spécialiste « ès » moteurs fusée d’Allemagne.

Même si les « meilleurs » allemands sont partis aux Etats-Unis, la contribution de Gröttrup et ses compatriotes au développement des missiles balistiques et programme spatial soviétique a été déterminante.

Contrairement aux américains, qui n’ont jamais nié l’apport décisif des allemands à leur programme spatial, les soviétiques qui les faisaient travailler dans le plus grand secret, ont toujours minimisé leur participation, idéologie stalinienne oblige. Cela dit, les français feront exactement de même.

Pour ce faire, ils n’hésitaient pas, lorsqu’un ingénieur allemand rédigeait un rapport ou faisait une étude, à le traduire, et le faire signer par un ingénieur soviétique. Il fallait absolument effacer toute trace de leur contribution. Gröttrup travaillait avec Korolev et les propositions et solutions trouvées par Gröttrup étaient systématiquement jugées supérieures à celles de Korolev.

Les soviétiques nieront également toute participation à la course à la Lune…

Bien qu’interrogés par la CIA, les allemands renvoyés chez eux au milieu des années 50, donneront des fausses informations aux américains, ainsi que le leur ont vivement « conseillé » les soviétiques.

Helmut Gröttrup (1916-1981) sera autorisé à rentrer en Allemagne le 22 novembre 1953.