Le 24 octobre… Journée de deuil à Baïkonour

Le 24 octobre est une journée de deuil pour la « cosmonautique »…

La première tentative de lancement d’une fusée R-16, le lundi 24 octobre 1960, se solde par une catastrophe.

A 18:45 heure locale, sur le pas de tir n°41 de Baïkonour (15:45 GMT) l’engin explose tuant 74 personnes sur le coup et 48 dans les jours suivants, brulés et intoxiqués par l’acide nitrique et la diméthylhydrazine asymétrique (UDMH).

Parmi les victimes, figure le Maréchal Mitrofan Nedelin, 54 ans, responsable des Forces Stratégiques Spatiales de l’URSS. (Photo ci-dessous)

Lorsqu’un problème technique survient lors du compte à rebours, Nedelin ordonne aux ingénieurs et techniciens de résoudre le problème sans tarder, pas question de vider l’engin de son carburant, ce qui aurait entraîné un report.

Nedelin voulait absolument offrir à Khrouchtchev un lancement réussi du nouveau missile, avant les commémorations de l’anniversaire de la révolution bolchevique, le 7 novembre…

Nedelin, sur le pas de tir, est assis sur une chaise, une cigarette à la main, affirmeront certains !

Il exhorte techniciens… A 18:45 un signal radio erroné commande la mise à feu du deuxième étage de la fusée, qui provoque une gigantesque déflagration. 

Mikhail Yangel, le concepteur de la fusée a la vie sauve… il est entré dans un bunker pour fumer une cigarette ! Lorsqu’il téléphone à Khrouchtchev pour lui annoncer la catastrophe, ce dernier lui rétorque : « Comment se fait-il que vous soyez encore vivant ? » 

Au total 122 personnes trouveront la mort, 84 militaires et 38 civils ! (A ce jour le chiffre exact des victimes n’est toujours pas clairement établi.)

 Un communiqué officiel annoncera le décès du Maréchal Nedelin dans un accident d’avion… La vérité sur le « désastre de Nedelin » ne sera divulguée que dans les années 90 !

L’incompétence de ce maréchal fait froid dans le dos ! Comme le dira Leonid Brejnev qui a dirigé la commission d’enquête, « Aucunes sanctions ne seront prises, les responsables ont déjà été punis. »

Il existe un mémorial à Baïkonour avec le nom de… 104 victimes.

Parmi les morts figure également le Colonel Aleksandr I. Nosov responsable des lancements de Baïkonour, celui là même qui avait donné l’ordre de mise à feu de la fusée ayant mis sur orbite Spoutnik 1, trois ans auparavant.

« La Catastrophe de Nedelin » – Si certains ont été « vaporisés », d’autres n’ont pas eu cette « chance » !

Le jeudi 24 octobre 1963, alors qu’un missile R-9 est préparé dans un silo du complexe de lancement 70 de Baïkonour, une fuite d’oxygène dans le système d’alimentation de la fusée fait grimper la pression dans le silo bien au-delà de la pression maximale autorisée ( +32% au lieu de + 21%). Alors que des techniciens prennent l’ascenseur pour descendre au niveau 8 du silo, une étincelle provoque une explosion qui tue sept personnes.

Depuis cette deuxième catastrophe aucun lancement n’a lieu depuis la base de Baïkonour les 24 octobre…

Ici Voskhod 2 à vous le Cap Canaveral

Le 18 mars 1965, alors qu’une simulation est en cours au centre de contrôle des missions, qui se trouvait alors au Cap, Gemini 3 doit décoller dans quelques jours, le MCC (Mission Control Center) reçoit un appel.

Lorsque la communication est parfaitement audible, le contrôleur en charge, branche le haut-parleur.

Tout le monde entend alors une voix, avec un fort accent russe mais dans un anglais impeccable qui décrit le temps qu’il fait au dessus du Cap Canaveral. La voix conclu en disant : «On se prépare pour une partie de handball. Il faut bien garder la forme. Terminé». Petite allusion à l’extrême exiguïté des capsules américaines.

Il s’agissait d’un des cosmonautes de Voskhod 2, probablement Alexeï Leonov.

C’est là un épisode marquant de la compétition américano soviétique !

Pour mémoire c’est lors de la mission Voskhod 2, que Leonov est devenu le premier Homme à faire une sortie dans l’espace. Le commandant de la mission était Pavel Belyayev.

Voskhod 1, coûte que coûte

Le 12 octobre 1964, l’URSS lance Voskhod 1 à 07:30 GMT avec à bord les cosmonautes Vladimir Komarov, Konstantin Feoktistov et Boris Yegorov.

Il s’agit du premier vaisseau spatial à emporter plus d’un Homme dans l’espace, en l’occurrence trois, puisque le but de la manœuvre est de damer le pion aux américains et leur Gemini, biplace, dont la première mission est prévue début 1965. 

Voskhod 1 c’est également le premier ingénieur dans l’espace, Feoktistov, qui a participé à la conception de Spoutnik et des capsules Vostok et Voskhod (il participera plus tard au developpement de Soyouz et dirigera le bureau qui a conçu les stations Saliout et Mir),  et le premier médecin, Yegorov.

Pour réaliser cette première des modifications potentiellement très dangereuses ont été effectuées sur la capsule Vostok (à l’origine monoplace !)…

Pas de combinaisons pressurisées pour les cosmonautes, un survêtement fera l’affaire, pas de sièges éjectables ou de « tour » de sauvetage. Les ingénieurs ont quand même pris le soin de fixer sur le harnais du système de parachute des rétrofusées afin que l’atterrissage soit plus « doux », les cosmonautes restant dans la capsule.

Par ailleurs, les sièges ont été placés perpendiculairement au siège éjectable original ce qui oblige les cosmonautes à tourner la tête pour lire les instruments dont l’orientation n’a pas été modifiée… La mission dure 24 heures 17 minutes.

Lorsqu’ils sont partis Nikita Khrouchtchev était à la tête de l’URSS, il leur avait d’ailleurs promis une belle fête pour leur retour… entre temps il sera  limogé et c’est Leonid Brejnev qui les accueillera au Kremlin !