Wernher von Braun, « Patriote de l’année » !

En cette année 1959, le Patriotism Award est décerné à Wernher von Braun…

Un des événements les plus attendu du calendrier de l’université Notre-Dame (Indiana) se tenait annuellement le jour de la naissance de George Washington, le premier président des Etats-Unis.

Ce jour là, le 22 février, l’université (l’une des plus cotées des Etats-Unis) remettait à une personnalité le « Patriotism Award », un prix destiné à récompenser le patriote de l’année qui a donné l’exemple en portant très haut les idéaux de la nation américaine, justice, intégrité, et qui a servi son pays de manière exemplaire.

En cette année 1959, le Patriotism Award est décerné à Wernher von Braun qui a acquis le statut de citoyen américain il y a quatre ans seulement ! (Wernher von Braun a été naturalisé américain le 14 avril 1955  dans l’auditorium du lycée de Huntsville en Alabama.)

« Il n’est pas ordinaire, pour un homme qui naguère a travaillé pour les ennemis des Etats-Unis, de recevoir une récompense destinée à honorer le remarquable patriote américain de l’année, mais le Dr von Braun n’est pas un homme ordinaire. » fit remarquer la maître de cérémonie.

En 1957, c’est John F. Kennedy qui obtint cette distinction, et en 1964 l’astronaute John Glenn.

 

Wernher von Braun membre honoraire de la British Interplanetary Society

Le 27 août 1949, Wernher von Braun reçoit une invitation de L.J. Carter secrétaire de la British Interplanetary Society (BIS), alors qu’il travaille à Fort Bliss au Texas.

Cette association pour la promotion de l’astronautique et de la conquête de l’espace fut fondée à Liverpool en 1933, et est toujours en activité. :

« Lors d’une récente assemblée, il a été proposé et voté à l’unanimité qu’en reconnaissance de vos travaux décisifs dans le domaine des fusées  nous vous invitions à devenir  membre honoraire de notre association. »

Le 29 septembre 1949, Wernher von Braun répond avec humilité par ces mots : 

« Je considère votre invitation à devenir membre honoraire de la British Interplanetary Society, come un honneur incommensurable.

Passionné par les voyages spatiaux depuis mes jeunes années à l’école, j’ai consacré tout mon travail et mes efforts à l’avancement de cette noble cause. C’est avec un certain regret, que je vois notre travail sur les fusées, accaparé par les applications militaires. »

« Si l’homme doit conquérir l’espace, il ne pourra réussir que sur la base d’une forte coopération scientifique internationale. 

La portée de cet effort est si vaste, incluant presque tous les domaines de la science moderne, que cela ne pourra passer que par la participation cordiale des scientifiques et ingénieurs d’une multitude de nations, pour que cet objectif lointain puisse éventuellement être atteint.

Aujourd’hui, après avoir consacré près de 20 ans de travail à plein temps dans le domaine des fusées, je suis fermement convaincu, plus  que jamais, que le voyage vers la Lune et les voyages interplanétaires deviendront une réalité – et bien plus tôt que la plupart des gens ne le croient. »

Il conclut sa réponse par:

« Pour moi, le fait que la British Interplanetary Society m’ait invité à devenir un membre honoraire, en dépit de la douleur que mes collaborateurs et moi-même avons infligé au peuple britannique, est la preuve la plus encourageante que le noble enthousiasme dans l’avenir de la fusée est plus fort que les sentiments nationaux, qui dans le passé ont si souvent entravé le progrès scientifique, au profit de l’humanité tout entière. »

Cette première prise de contact entre Wernher von Braun et la BIS, marque le début de relations amicales, notamment avec l’un de ses membres, Arthur Valentine « Val » Cleaver (14 février 1917 – 16 septembre 1977) professionnellement son alter-ego britannique. Il s’en suivra une très abondante et fructueuse correspondance épistolaire.

Arthur C. Clarke ( –  n’avait-il pas déclaré que Val Cleaver aurait pu être le Wernher von Braun britannique. 

Wernher Von Braun en apesanteur !

En 1968 Wernher von Braun se rend à la base aérienne de Wright-Patterson pour monter dans un avion KC-135 (surnommé « Weightless Wonder ») qui lui permettra de goûter quelques secondes aux joies de l’impesanteur.

Cette première expérience l’enthousiasmera et il la réitèrera quelques mois plus tard, à cette occasion il dira : « Voler d’un bout à l’autre de la cabine pendant 20 ou 30 secondes procure une sensation indescriptible, on m’a dit que l’on pouvait reproduire cette impression au sol… avec un double Martini, et ça dure même plus de trente secondes. »