Tu auras une voiture sur la Lune !

Un soir, quelques semaines après la disparition de Gus Grissom, Ed White et Roger Chaffee, quatre astronautes discutent dans un restaurant de Houston avec Wernher von Braun.

Parmi eux, dont aucun n’est encore allé dans l’espace, il y a Eugene Cernan.

Au cours de la conversation, Cernan lui fait part de ses inquiétudes pour l’avenir : « Que va-t-il advenir du programme Apollo ?

D’un grand geste de la main qui semblait balayer tous les problèmes von Braun lui répond : « Ne t’inquiète pas, on ira sur la lune ».

Il fixe alors Cernan de ses yeux bleus, et lui dit : « C’est à ton tour maintenant Gene, tu dois croire en ce rêve qui deviendra réalité ».

Cernan est surpris par ces paroles, von Braun se met à rire : « Tu seras parmi les explorateurs et je t’envie ». Il ajoute : « L’important c’est ce que tu feras sur la lune, tu ne vas pas juste y aller, atterrir et rentrer à la maison… Lindbergh n’a pas traversé l’atlantique juste pour aller à Paris… Un voyage d’exploration doit étendre l’univers de nos connaissances… »

Il poursuit : « Gene, tu auras besoin de mobilité, nous y pourvoirons… tu auras une « voiture » ! »

Apollo n’est même pas encore aller dans l’espace, il faut tout modifier, et toi tu me parles de conduire un buggy à travers les cratères de la Lune !

Ce soir là, Cernan se garda bien de lui révéler le fond de sa pensée, et bien lui en a pris car 5 ans plus tard, les « prédictions » de von Braun se révèleront parfaitement exactes…

Au volant de sa jeep lunaire, Eugene Cernan s’éloignera de plusieurs kilomètres du LM pour explorer des lieux où aucun Homme n’était jamais allé !

 

Le « déclic » de Wernher von Braun pour les mathématiques et la physique

C’est au collège d’Ettersburg, alors qu’il n’a que 13 ans, que Wernher von Braun tombe sur une revue faisant la publicité de la deuxième édition du livre de Hermann Oberth, « Die Rakete zu den Planetenräumen » (La fusée vers l’espace interplanétaire), publié pour la première fois deux ans auparavant, en 1923.
Il commande le livre, mais quelle n’est pas sa déception en feuilletant l’opuscule de 92 pages, de voir qu’il est truffé de formules mathématiques incompréhensibles. Et pour cause, il s’agit de la thèse de doctorat que Oberth a soutenu à l’Université de Heidelberg en 1922. (qui fut refusée car jugée hors sujet par le jury du département… astronomie.)
Dépité, le jeune von Braun va voir ses professeurs et leur demande ce qu’il faut faire pour comprendre ce que dit l’auteur du livre, on lui répond qu’il faut étudier les mathématiques et la physique, les matières dans lesquelles il a les moins bons résultats.
Dès lors il bûchera ces deux matières et n’aura plus que des « A ».  Quelques années plus tard il se délectera de la lecture de la première thèse au monde ayant pour sujet la navigation interplanétaire, et travaillera même avec son illustre auteur !

Une photo qui date de 1956 dans les locaux de la « Army Ballistic Missile Agency » à Huntsville, Alabama. Au premier plan Hermann Oberth (1894-1989), le Général Holger N. Toftoy (1902-1967) (au fond à gauche), Dr. Ernst Stuhlinger (1913-2008) (assis), Dr. Wernher von Braun (1912-1977) (assis sur la table), et Robert Lusser (1899-1969) (à l’extrême droite).

Wernher von Braun un vrai manager !

A Peenemünde, un ingénieur qui avait fait une erreur, ayant entrainé pas moins que la destruction en vol d’une fusée A4, va voir Wernher von Braun pour lui avouer qu’il est certainement la cause de l’échec.

Au lieu de l’humilier ou de le punir, comme l’aurait fait tout responsable moyen, il le félicita pour sa franchise et lui offrit même une bouteille de Champagne !

Cette histoire a très vite fait le tour du centre de recherche, garantissant à Wernher von Braun une loyauté sans faille de ses collaborateurs.

Wernher von Braun se prémunissait ainsi contre toute dissimulation et perte de temps.