Gemini 3 et la Vieille Garde

Alors que les astronautes de la mission Gemini 3, Virgil « Gus » Grissom et John Young se dirigent vers la salle où ils vont revêtir leur combinaison spatiale, Walter Schirra, le commandant de réserve, « surgit » dans sa combinaison argentée Mercury avec une écharpe sur laquelle est inscrit « Old NASA », en criant : « Eh, les gars, si vous avez la trouille, je suis prêt à partir ! »

GT3 Schirra

Gemini 3, un pied de nez en guise d’indicatif

Les astronautes avaient pris l’habitude de donner un nom à leur vaisseau spatial. Pour la mission Gemini 3, Virgil Grissom avait choisi l’indicatif « Molly Brown » *

Ce, en référence à la comédie musicale de Broadway intitulée « The Unsinkable Molly Brown » (l’insubmersible Molly Brown) et ceci, pour faire un pied de nez à la polémique autour de la perte de sa capsule Mercury « Liberty Bell », qui a sombrée au fond de l’océan Atlantique.

Lorsque la NASA lui a demandé de changer de nom, il a proposé « Titanic »…

C’est bon pour « Molly Brown » lui a-t-on rétorqué !

Peu après, un mémo issu des hautes sphères de la NASA, interdira désormais de donner des noms aux vaisseaux spatiaux, et ce, jusqu’à la mission  Apollo 9, où il fallait faire une distinction entre le CSM et le LM.

Virgil GRISSOM et John YOUNG (au premier plan)

Virgil GRISSOM

*  Margaret Brown (1867-1932) très célèbre au Colorado pour son engagement en faveur des femmes et des plus démunis, acquiert une renommée internationale  en faisant partie des rescapés du Titanic. Sauvée à bord du canot no 6, elle participera  à la création du Comité des Survivants. Ce n’est qu’après sa mort que Hollywood s’empare de son personnage pour un faire un mythe et qu’elle deviendra pour la postérité « L’insubmersible Molly Brown ». Il faut savoir qu’elle a reçu la Légion d’Honneur pour son action au cours de la première guerre mondiale, où, se trouvant en France, elle a aidé à soigner des soldats blessés. Une femme tout à fait exceptionnelle !

Sergei Krikalev, le cosmonaute hors du temps

La dissolution de l’URSS, et le cas d’espèce du cosmonaute Sergei Krikalev, sont décrits de manière poignante par cette dépêche de l’agence Reuters :

 Moscou – «L’anachronique» cosmonaute soviétique a regagné la Terre le 25 mars 1992 après avoir tourné plus de 5 000 fois autour de notre planète et avoir passé 7 512 heures dans l’espace pour son pays, qui n’existe plus. L’histoire du cosmonaute Sergei Krikalev a été évoquée au journal télévisé russe. Il a décollé d’un pays, l’Union des Républiques Socialistes Soviétiques, en mai 1991, et a atterri dans l’état souverain du Kazakhstan, un des quinze pays issus de l’URSS. Lorsqu’il a quitté la Terre en mai dernier le rouble valait encore un rouble, aujourd’hui il vaut 1 penny et le salaire mensuel de 500 roubles de Mr Krikalev, à peine 5 dollars.