Je t’en prie… Après toi !

Il existait, sur la tour de service du pas de tir de la navette spatiale, un système d’évacuation d’urgence pour les astronautes et le personnel, appelé « Slidewire Escape System ».

Il s’agit de nacelles, pouvant accueillir jusqu’ à 4 personnes, fixées à un câble de 366 mètres de long, qui emmènent les personnes à très vive allure, à l’abri, loin d’une éventuelle déflagration.

A l’occasion d’une conférence de presse avant le vol STS-1, les journalistes demandent aux astronautes John Young et Robert Crippen comment se sont déroulés les tests de ce « Slidewire Escape System ».

John Young : « J’ai demandé à Crippen de faire ce test, car j’avais peur que ce système ne fonctionne pas très bien »

– « Il me laisse toujours les bons plans » ironise Crippen

– « En effet, » ajoute Young « il y a une chose que vous devez savoir, si vous voulez un jour commander une mission : laissez toujours votre pilote y aller en premier ! »

Robert CRIPPEN – John YOUNG

John Young et George Abbey (à gauche)  Robert Crippen (de profil)  Richard Truly et Joe Engle

Home Sweet Home

Dans le cadre de la mission Gemini 7, qui s’est déroulée du 4 au 18 décembre 1965, les astronautes Frank Borman et James Lovell sont restés deux semaines dans l’espace, confinés dans le siège de leur capsule, dont le volume habitable est de 2,55 m3.

Si les astronautes des missions Apollo pourront se déplacer dans leur vaisseau spatial, les volumes habitables du CM et du LM sont respectivement de 6,17 m3 et 6,65 m3, ceux de Gemini ne pouvaient pas se lever, ni même détendre complètement leurs jambes.

Compte tenu de l’exigüité de la capsule, ils seront autorisés à enlever leur combinaison spatiale, et passeront le plus clair de la mission en caleçon long.

Les innombrables électrodes et autres capteurs physiologiques posés sur les deux hommes rendront cette mission encore plus inconfortable. Il s’agissait pour les médecins d’étudier les effets d’un séjour prolongé dans l’espace, correspondant à la durée d’une mission lunaire.

On imagine aisément ce que Borman et Lovell ont endurés, et combien le temps a dû leur paraître long.

Pour bien enfoncer le clou, le facétieux Michael Collins qui faisait partie de l’équipage de réserve, leur fit une petite surprise.

Il fit confectionner un petit canevas, sur lequel il avait fait broder : Home Sweet Home (que l’on peut traduire par : foyer, doux foyer) qu’il déposa sur le siège du pilote James Lovell, le jour du décollage.

Wernher von Braun, « Bip, bip, bip ! »

Aux journalistes venus à Oberaudorf, une petite ville de Bavière, pour recueillir leur réaction à l’occasion de la mise en orbite du premier satellite américain, Explorer 1, les parents de Wernher von Braun, Magnus et Emmy, déclarèrent :

« Nous attendions depuis longtemps que Wernher ait la chance de montrer ce dont  il est capable. Il y a deux ans, lorsqu’il affirmait publiquement qu’un jour ou l’autre nous verrions une « Etoile Rouge » dans le ciel, peu de gens l’ont pris au sérieux, et finalement on a fait appel à lui pour répondre à cette « Etoile Rouge ».

Le télégramme de félicitation qu’ils envoyèrent à leur fils ne comportait que trois mots : «Bip, bip, bip !».