Cauchemar lunaire !

Charlie Duke raconte un « rêve », ou plutôt un cauchemar, qu’il a fait quelques temps avant son voyage pour la Lune, alors qu’il se trouvait à Hawaii, lors d’un entrainement géologique.

« Je conduisais le rover sur la Lune, lorsque j’ai vu des traces de roues qui n’était pas les nôtres. J’ai demandé au directeur de vol du Centre de Contrôle si je pouvais les suivre et bien sûr il m’a dit oui.

Après deux ou trois kilomètres j’ai aperçu au loin un autre Rover, identique au nôtre.

Lorsque nous nous sommes approchés j’ai vu deux astronautes inertes assis dans les sièges. Je suis allé vers l’un d’entre eux, j’ai soulevé sa visière, j’ai alors vu mon propre visage, j’étais mort.

Les deux astronautes, nos doubles, devaient être là depuis des milliers d’années.  Lorsque des éléments du véhicule ont été examinés à notre retour sur Terre, les scientifiques ont découvert qu’ils étaient vieux de plus de 100 000 ans ! »

Symbolique et interprétation de la mission Apollo 11

Pour le public, le moment « fort » de la mission Apollo 11 c’est lorsque Armstrong effectue les premiers pas sur la Lune.

En revanche pour Neil Armstrong le pilote, c’est la descente vers la surface de la Lune et l’atterrissage qui constituent l’apogée de la mission… « la phase du vol la plus passionnante et la plus gratifiante a été la descente vers la surface de la Lune » [« the most exciting and rewarding part of the flight was the descent to the lunar surface »]

Descendre l’échelle et faire les premiers pas sur la Lune étaient pour lui secondaire.

Comme il l’affirme souvent à l’occasion de discours publics: « Les pilotes ne prennent pas un plaisir particulier à marcher, les pilotes aiment voler. Les pilotes sont fiers de faire un bel atterrissage et non pas de sortir du véhicule ».

Si cette phrase déclenche toujours l’hilarité, elle sous-entend un point très important, Aldrin et Armstrong ont atterri ensemble sur la Lune, ils faisaient équipe, et l’exploit leur appartient à tous les deux.

On se rappelle des démarches d’Aldrin pour essayer d’être le premier.

Walter Cunningham dans son autobiographie va même plus loin : « Il ne faut pas se méprendre, l’événement significatif est l’atterrissage, non pas les empreintes de pas dans la poussière lunaire quelques heures plus tard, çà, c’était du show biz »

Il faut bien comprendre que l’atterrissage sur la Lune marque la fin de la course à l’espace, le triomphe américain… Les premiers pas d’Armstrong sur la Lune marquent le début d’une nouvelle ère pour l’Humanité.

Lorsque John Young se prend les pieds dans un câble

John Young et Charlie Duke déploient les sondes et l’enregistreur électronique qui permettront de mesurer le flux thermique de la Lune (Heat Flow Experiment) et bien sûr de transmettre les résultats sur Terre, lorsque :

Young: Something’s happened here. (Il y a un problème ici)
Duke: What happened? (Que s’est il passé ?)
Young: I don’t know, here’s a line that pulled loose. (Je ne sais pas, il y a un câble débranché)
Duke: That’s the heat flow…., you’ve pulled it off. (C’est le HFE…, tu l’as arraché !)
Young: I don’t know how it happened….., God almighty. (Je ne sais pas comment c’est arrivé… Dieu tout puissant.)

Lorsque Mark Langseth, le responsable de cette expérience d’1,2 millions de dollars (7 millions en dollars constants),  qui consiste à mesurer la chaleur dégagée par la Lune, sur laquelle il travaille depuis 6 ans, a entendu ça, il s’est littéralement effondré !

Et pour cause, cette expérience avait été planifiée pour la première fois sur Apollo 13 qui n’a jamais atteint la surface de la Lune, avait été « oubliée » sur Apollo 14…

Sur Apollo 15, David Scott n’ayant pas pu forer assez profondément les capteurs de chaleur n’ont pas pu être enfouis à la bonne profondeur, 162 cm au lieu des 230 cm minimum…

La foreuse ayant été modifiée pour Apollo 16, Charlie Duke avait pu atteindre la bonne profondeur pour le premier forage, le deuxième n’a pas été effectué.

Après la mésaventure de Young le câble a été tellement sécurisé qu’il était impossible de l’arracher.

Le pauvre Mark Langseth et son équipe de l’Université de Columbia auront dû attendre la toute dernière mission, Apollo 17, pour que leur expérience puisse être installée correctement (les capteurs de chaleur ont été placés à 230 et 236 cm de profondeur !)