Les cadeaux de Guenter Wendt !

Lorsque les astronautes David Scott, James Irwin et Alfred Worden se présentent dans la White Room en ce 26 juillet 1971, pour la mission Apollo 15, Guenter Wendt, selon une coutume bien établie, leur remet à chacun un petit cadeau… 

Il remet à Scott et Irwin deux permis de conduire géants, ils seront, en effet, les premiers à utiliser la « jeep lunaire » sur la Lune.

 A côté de la mention « fonction », sur le permis de Scott, on peut lire : « Grand Chef », sur celui d’Irwin « Petit Chef ». Sous la mention « restrictions » il y a sur le permis de Scott : « No Parking in Lovers’ Lane » (Lovers Lane est un terme générique utilisé aux Etats-Unis pour désigner les endroits où les amoureux se rendent en voiture pour être tranquilles, souvent des parkings ou des lieux où le panorama est magnifique), sur celui d’Irwin « No Drag Racing », pas de course de dragsters (le LRV – Lunar Roving Vehicle – a une vitesse de pointe sur terrain plat d’environ 11 km/h * !)

Dans le cadre où l’on doit renseigner le sexe du titulaire il y a la mention … oui, sur les deux permis.

 Alfred Worden, (le pilote du CSM, qui restera en orbite autour de la Lune), se voit remettre un « annuaire orbital » (Orbital Phone Book) qui contient les numéros de téléphone des filles célibataires de la Lune, illustré de photos couleurs du magazine « Playboy » et avec sur la couverture l’annotation : « Si tu te sens seul, appelle-moi ! ».

En entrant dans le vaisseau spatial, les trois astronautes, tous U.S. Air Force, (c’est le seul équipage « lunaire » 100% Air Force) pensant en avoir fini avec les « gags d’avant lancement », découvrent deux écriteaux :

« AVEC LES COMPLIMENTS DE LA NAVY GRACE A LAQUELLE CE VOL A ETE RENDU POSSIBLE »
(l’équipage de réserve est composé de deux membres de la Navy, Richard Gordon, Vance Brand, et, de Harrison Schmitt, un scientifique, géologue de formation),

et : « CE VEHICULE NE DECOLLERA PAS TANT QUE TOUTES LES CEINTURES DE SECURITE  N’AURONT PAS ETE  BOUCLEES »

* Lors du vol Apollo 16 John Young et Charlie Duke en descendant les flancs d’un cratère atteindront la vitesse record de 17 Km/h.

 

Apollon

C’est lors d’un déjeuner à Washington, en janvier 1960, en présence de Don Ostrander (Directeur du bureau des lanceurs), Robert Gilruth (Directeur du Space Task Group), Maxime Faget (concepteur de la capsule Mercury) et Charles Donlan (Directeur Adjoint du Programme Mercury) que Abe Silverstein, (Directeur du bureau des programmes spatiaux), a suggéré le nom « Apollo » pour le programme qui doit succéder à Mercury.

En janvier 1962 sera annoncé un programme intermédiaire, Gemini.

Le 25 juillet suivant, l’Administrateur de la NASA, Keith Glennan approuve ce nom, et le 28 juillet il est pour la première fois utilisé de manière officielle, lors d’une conférence avec des firmes aérospatiales au cours de laquelle est examinée la faisabilité de missions circumlunaires et lunaires…

Dans la mythologie grecque Apollon est le fils de Zeus, il est entre autre le dieu de la lumière (du Soleil) et du progrès !

Anecdote dans l’anecdote : A.P.O.L.L.O est  l’improbable rétroacronyme de America’s Program for Orbital and Lunar Landing Operations…  C’est bien trouvé, mais totalement fortuit !

Quelles activités symboliques sur la Lune ?

C’est en février 1969, que Willis H. Shapley, le directeur associé adjoint de la NASA, le n°3 de l’agence spatiale, responsable du budget, des affaires législatives et des relations internationales, est nommé à la tête d’un comité, dont le rôle est de déterminer la nature des activités symboliques, que les astronautes devront effectuer sur la Lune.

 Voici leurs recommandations :

1-     Aucune activité ne devra mettre en péril la sécurité des astronautes.

2-     Ces activités ne devront  pas heurter de sensibilités, pour ce faire il faudra se mettre dans une perspective mondiale.

3-     Ces activités doivent en outre se faire dans un contexte historique, sur le thème du « Un pas en avant pour toute l’humanité (« forward step for all mankind »)

4-     Il faudra faire savoir de la manière la plus explicite, que c’est un accomplissement américain,  la meilleure façon étant de planter un drapeau américain sur la Lune,  mais tout en évitant que cela soit perçu comme une prise  de possession de territoire.

5-     Une plaque commémorative, devrait être fixée sur l’étage de descente du module lunaire, représentant  les deux hémisphères de la Terre, sans frontières, et devra inclure le nom des astronautes, celui du président des Etats-Unis, ainsi qu’un petit texte insistant sur la nature universelle et pacifique de cette mission.

6-     Il faudra que les astronautes emportent des drapeaux miniatures de chacun des 50 Etats qui constituent l’Union, sans oublier le District de Columbia, des territoires américains,  des drapeaux de toutes les nations de la Terre (qui seront ensuite remis aux chefs d’état), et bien sûr des Etats-Unis. On y ajoutera  deux drapeaux américains de taille normale (l’un pour le Sénat, l’autre pour la Chambre des Représentants).

7-     Création d’un tampon oblitérateur qui fera le voyage vers la Lune que  les services postaux utiliseront pour réaliser des enveloppes commémoratives.