Rendez-vous dans l’espace

Alors que l’équipage de Gemini VII (Frank Borman – James Lovell) doit passer « deux semaines dans le siège avant d’une Volkswagen », selon les propres termes de Frank Borman, afin de démontrer entre autre que l’Homme peut rester dans l’espace l’équivalent de la durée d’une mission lunaire, ils sont rejoints au 11ème jour par Gemini VI A (Wally Schirra – Tom Stafford) pour effectuer le premier rendez-vous de deux vaisseaux pilotés.
Peu après le contact visuel Schirra lance : « Il y a pas mal de circulation ici » ce à quoi Borman répond : « Appelle un agent ! »
Lovell demande ensuite: « Avez-vous une bonne visibilité ? »
Schirra : « Pas terrible en fait, je vous vois à travers la vitre du hublot ! »

Le facétieux Schirra tendra également devant sont hublot une pancarte écrite à la main qui disait « BEAT ARMY » [A bas l’armée (de Terre)] à l’intention de Borman.  (Borman était diplômé de West Point, Schirra de l’Académie Navale. Une référence au match annuel de football américain entre l’équipe d’Annapolis et de West Point.)

La définition du terme « rendez-vous » !

Le 12 aout 1962 les soviétiques annoncent le premier rendez-vous spatial entre deux vaisseaux habités de l’Histoire. En réalité Vostok 3 et Vostok 4 n’étaient pas sur la même orbite  et ne se sont jamais approchés à moins de 8 km. Le 16 juin 1963, Vostok 5 et Vostok 6 ne font guère mieux (c’est une façon de parler !)… Le 15 décembre 1965, Gemini 6A piloté par Walter Schirra et Thomas Stafford s’approchent à moins d’un mètre de Gemini 7 (Frank Borman – James Lovell) réalisant ainsi le premier vrai rendez-vous spatial. Les deux vaisseaux voleront en formation pendant un peu plus de 5 heures…

Schirra dira plus tard : « Vous ai-je dit ce qu’était exactement un rendez-vous ? Lorsqu’un garçon voit une belle fille sur le trottoir d’en face et lui fait signe, ce n’est pas un rendez-vous, c’est une rencontre distante et éphémère. S’il traverse la rue et arrive à lui chuchoter quelques mots à l’oreille, ça c’est un rendez-vous ! »