Tiouratam ou Baïkonour ?

Afin de leurrer les Occidentaux, les officiels soviétiques qui avaient à enregistrer auprès de la Fédération Aéronautique Internationale le premier vol d’un cosmonaute, ont choisi de donner au cosmodrome le nom de Baïkonour, plutôt que celui de Tiouratam qui eut été mieux adapté.

Ce sont deux officiers, Vladimir Iastrebov et Aleksei Maksimov qui, sur une carte, ont choisi une localité plausible, quand même pas trop éloignée du lieu exact.

La ville de Baïkonour se situe à quelques trois cents kilomètres de la base de missiles de Tiouratam !

Pendant plus de vingt ans, les médias soviétiques officiels entretiendront assidûment cette fiction, alors qu’à l’ouest on connaissait avec précision l’endroit exact, depuis les survols du territoire soviétique par les avions U2.

Il s’agissait de mystifier les occidentaux, mais également les citoyens soviétiques, à qui l’on devait faire croire que leur glorieux programme spatial était purement civil, en opposition avec celui des américains, aux intentions belliqueuses !

Toujours dans un souci de désinformation, les divers ouvrages soviétiques traitant de l’espace, ont constamment donné pour coordonnées de cette base 47,4° N – 63,4° E alors que les coordonnées réelles sont 45,6° N – 63,4° E.

Un secret de polichinelle, le magazine scientifique russe Nauka i Zhizn (Science et Vie) avait d’ailleurs publié un article intitulé « Les projets des stratèges occidentaux » dans lequel une carte occidentale marquant l’emplacement exact de la base spatiale de Baïkonour près de Tiouratam avait été reproduite !

Premier vol spatial en formation

Le premier « vol en formation » de la conquête spatiale, est une première soviétique, réalisé par Adrian Nikolaïev et Pavel Popovitch.

Le vaisseau où avait pris place Nicolaïev fut lancé le 11 août 1962, et celui qui emportait Popovitch, fut mis sur une orbite presque identique un jour plus tard.

Tous deux demeurèrent en orbite jusqu’au 15 août. Nicolaïev accomplissant soixante-quatre révolutions et Popovitch quarante-huit.

Les deux véhicules se rapprochèrent à un moment à 8 km l’un de l’autre, mais étaient distants de plus de 1 600 km lors de leur rentrée dans l’atmosphère.

Youri Gagarine, une nouvelle ère

Après le vol de Youri Gagarine, un télégramme du Parti Communiste Français au Parti Communiste de l’Union Soviétique :

 « Ce matin, 12 avril 1961, l’humanité est entrée dans une nouvelle ère. A bord d’un spoutnik, Youri Gagarine, fils de l’Union Soviétique, vient de faire le tout de la Terre avant d’y être ramené vivant et bien portant. Ainsi, pour la première fois, l’homme a voyagé dans l’espace. Et c’est la patrie du socialisme qui ouvre la voie des voyages interplanétaires.

Le Comité Central du Parti Communiste Français salue avec enthousiasme cette grande victoire de la science et de la technique soviétique au service de la paix, du désarmement et du progrès.

Il félicite chaleureusement le Parti Communiste de l’Union Soviétique, les savants, les techniciens, les ouvriers, le premier cosmonaute soviétique qui ont transformé en réalité le vieux rêve des hommes d’échapper à l’attraction terrestre. Il se fait l’interprète des sentiments de fierté de tous les communistes, de tous les hommes de progrès devant cette victoire du socialisme. 

Un peu plus de trois années seulement séparent cette prodigieuse réalisation du lancement du premier spoutnik par les savants soviétiques. Trois années au cours desquelles la science et la technique soviétique ont enregistré des succès considérables, les plaçant à l’avant-garde de la science et de la technique mondiales, dans tous les domaines. Ces succès, versés au fond commun de la connaissance, ouvrent, à tous les hommes, des perspectives radieuses.

Dans la compétition pacifique entre les deux systèmes, le socialisme vient d’affirmer, une fois de plus et d’une façon éclatante, sa supériorité. 

Le développement ininterrompu de l’économie planifiée, les moyens considérables mis à la disposition de l’enseignement, de la culture, de la culture, de la recherche scientifique, l’aide permanente apportée aux savants et techniciens par le gouvernement soviétique sont à la base des succès remportés dans la conquête du cosmos. 

La victoire remportée aujourd’hui par la science et la technique soviétique est une victoire de la classe ouvrière au pouvoir, libérée des chaînes de l’exploitation et de l’oppression capitalistes. Elle donne plus de force et de confiance à tous les hommes de paix dans leur lutte pour le désarmement que l’Union Soviétique vient de proposer une fois de plus. Elle préfigure ce que sera dans un avenir proche la société communiste où, dans la maîtrise des forces de la nature, l’humanité bâtira librement son propre bonheur. »

La une de l’Humanité du 14 avril 1961