Six records du monde pour Apollo 11

A l’issue de la mission Apollo 11, les Etats-Unis demandèrent l’homologation de 6 records du monde auprès de la Fédération Internationale d’Astronautique (International Astronautical Federation ou IAF) :

  • Pour la durée passée sur la surface de la Lune hors du vaisseau spatial, soit 2 heures, 21 minutes et 15 secondes, par Neil Armstrong.
  • Pour le temps passé en orbite lunaire, soit 59 heures, 27 minutes et 55 secondes, par Michael Collins.
  • Pour le temps resté sur la surface de la Lune, soit 21 heures, 36 minutes et 16 secondes, par les astronautes Neil Armstrong et Edwin Aldrin.
  • Pour le temps passé sur la surface de la Lune à l’intérieur du vaisseau spatial, soit 19 heures, 45 minutes et 52 secondes, par les astronautes Armstrong et Aldrin.
  • Pour la plus importante masse déposée sur la Lune, soit 7 211 Kg, par les astronautes Armstrong et Aldrin.
  • Pour la plus importante masse envoyée en orbite lunaire depuis la surface de la Lune, soit 2 648 kg, par les astronautes Armstrong et Aldrin.

On enferme les héros d’Apollo 11

A leur retour, les premiers explorateurs de la Lune ont été littéralement traités comme des pestiférés. Avant de s’extraire du vaisseau spatial, ils ont dû revêtir une combinaisonétanche et un masque qui les isole biologiquement du monde extérieur, puis s’asperger copieusement d’une solution antibactérienne (à base d’hypochlorite de sodium ou eau de Javel).

Après avoir atterri sur le porte-avions USS Hornet, l’hélicoptère 66, avec les astronautes et le médecin de la NASA Bill Carpenter toujours à bord, est descendu dans le hangar numéro 2, et remorqué à quelques mètres du MQF (Mobile Quarantine Facility), une sorte de mobile-home Airstream, dans lequel les astronautes vont passer les trois premiers jours de leur quarantaine, ils y resteront confinés jusqu’à leur transfert vers Houston.  Un observateur présent sur les lieux fera la remarque suivante : « Jamais des héros n’ont été accueillis de la sorte ».

Aucune accolade, aucune main serrée avant de prendre leurs quartiers dans le MQF.

Sur la porte de leur nouveau cocon ils purent lire sur un écriteau: « Merci de ne pas nourrir les animaux »

 

* Biological Isolation Garment (BIG). Pour certains scientifiques, même si fort peu probable, il n’était pas impossible que les astronautes ramènent des agents pathogènes de la Lune. Devant la vacuité de ces mesures préventives, les quarantaines seront supprimées après la mission Apollo 14.

 

Apollo 11 Le Retour

Pendant que les astronautes attendent dans le radeau de sauvetage, (de g à d  Collins, Armstrong, Aldrin) le Lt Clancy Hatleberg ferme l’écoutille et applique une solution à base de Bétadine.

Les astronautes d'Apollo 11 sur le Hornet descendant de l'hélicoptère

Les astronautes dans leurs combinaisons isolantes descendent de l’hélicoptère               (de g à d  : Aldrin – Armstrong -Collins)

Les astronautes sur le point de pénétrer dans le MQF

Les astronautes sur le point de pénétrer dans le MQF

Anecdote dans l’anecdote : On aperçoit sur chaque combinaison (photo n°2)  l’emplacement vide, au niveau droit du torse, où le  badge de la mission aurait dû normalement se trouver, fixé par du Velcro. Il se trouve que juste avant de quitter l’hélicoptère les astronautes ont donné leur badge à l’équipage du mythique Helo 66  [Un Sikorsky SeaKing SH-3D] en guise de reconnaissance et de remerciement.

L’équipage de Recovery One était composé par :

Le pilote : Don S. Jones

Le co-pilote : Bruce A. Johnson

Deux « Premiers Maîtres » (pour prêter assistance aux astronautes dans l’hélicoptère) :  Norvel L. Wood et Stanley G. Robnett.

3 badges pour quatre personnes !

 

Buzzeroni tient l’affiche

Lors de la première pause planifiée de sa deuxième sortie dans l’espace, en ce 13 novembre 1966, Buzz Aldrin (Diplômé de West Point) en profite pour déplier une affiche sur laquelle est inscrit « 11 Novembre. Jour des anciens combattants » (November, 11 Vets’ Day) et fait le commentaire suivant : « J’aimerais associer à cette pensée toutes les personnes sur Terre qui un jour, ont combattu, combattent, vont combattre pour la paix et la liberté ». Puis il lâche l’affiche dans l’espace. [Si la mission Gemini XII avait décollé en temps et en heure, le 9 novembre, la deuxième EVA aurait eu lieu précisément le 11 novembre.]

Après ce moment solennel, Aldrin sort une autre affiche, une petite surprise à l’attention de son commandant James Lovell (Diplômé d’Annapolis), il donne deux indices : « Ce message concerne un événement à venir » * et  « Il y a déjà eu un précédent, l’année dernière » **

 Je ne crois pas que Jim veuille le lire, aussi c’est moi qui vais le faire, haut et fort, afin que tout le monde puisse entendre : « Allez l’armée, à bas la Navy » (Go Army Beat Navy)

« Roger. A bas l’armée » répond William Anders le capcom. (Diplomé d’Annapolis avant d’entrer dans l’armée de l’air).

« Je savais qu’on n’avait pas le bon capcom ! »  plaisante Aldrin

En 1966 c’est l’armée qui remportera le match !

* A savoir le prochain match de football américain entre l’équipe de West Point (Armée de Terre) ; les Army Black Knights, et celle d’Annapolis (Marine) ; les Navy Midshipmen.  A cette époque, le match avait lieu le premier samedi qui suit Thanksgiving.

 ** Aldrin fait bien sûr allusion à la pancarte « Beat Army » que Walter Schirra (Navy) avait apposé sur un des hublots de Gemini 6A à l’intention de Frank Borman (Army) dans Gemini 7, lors du premier rendez-vous entre deux vaisseaux spatiaux de l’Histoire, .

Au cours de la mission James Lovell appellera plusieurs fois Edwin « Buzz » Aldrin ; Buzzeroni…