Walter Cunningham pilote du T-38 n°3

Les services funèbres des trois astronautes d’Apollo 1, Virgil Grissom, Roger Chaffee et Edward White ont eu lieu à Clear Lake le 30 janvier, trois jours après l’accident.

C’est l’astronaute Walter Cunningham qui a piloté le T-38 n°3 lors de l’exécution de la figure dite du pilote disparu, lors de la cérémonie en l’honneur d’Edward White. (C’est l’appareil numéro trois qui quitte la formation pour symboliser le pilote manquant.)

Une sale besogne pour Walter Cunningham

Le samedi 28 janvier 1967, les médecins du Cap demandent qu’on leur fournisse un uniforme pour l’enterrement de Virgil Grissom. L’astronaute Walter Schirra, voisin des Grissom, demande à Walter Cunningham s’il peut l’emmener à la Base Aérienne Patrick. Cet après-midi-là,  Cunningham gare sa Porsche 911 S devant la maison de Schirra et se dirige à pas feutrés  vers le domicile des Grissom où l’attend Schirra qui lui passe discrètement l’uniforme par une porte entrebâillée,  Schirra l’avait subrepticement récupéré dans le placard de la chambre sans en parler à Betty Grissom pour ne pas l’accabler d’avantage.

Lorsque Walter Cunningham atterrit à la Base Patrick, un médecin l’attend  pour récupérer l’uniforme.

Walter Cunningham a trouvé assez inhabituel qu’il soit autorisé à faire ce vol, au lendemain du décès des trois astronautes, car les médecins militaires préfèrent interdire de vol les collègues proches d’un pilote décédé, pensant que leur état émotionnel est susceptible de les perturber et provoquer un autre accident.

Le revers de la médaille

Quelques mois après le décès de Virgil « Gus » Grissom, Betty Grissom est invitée par la Maison-Blanche pour recevoir la « Distinguished Flying Cross » décernée à son mari à titre posthume. Elle décline l’invitation : « Les médailles ne signifient plus grand-chose pour moi, maintenant » dira-t-elle.

La DFC récompense « l’héroïsme et les réalisations extraordinaires en vol aérien » (… heroism or extraordinary achievement while participating in an aerial flight).

20 juillet 1969 : planté du drapeau sur la Lune

Le 23 février 1945 le photographe américain Joseph John Rosenthal prenait cette photo, pour laquelle il reçut le prix Pulitzer cette même année, immortalisant des soldats américains érigeant le drapeau américain sur l’île d’Iwo Jima lors de la guerre contre le Japon… « Raising the Flag on Iwo Jima »

Iwo Jima 1945

24 ans plus tard le dessinateur Wayne Stayskal s’inspire de cette photo pour rendre un vibrant hommage aux trois astronautes qui ont péri dans l’incendie de leur capsule lors d’un test au sol, le 27 janvier 1967…

Apollo 1 et Neil Armstrong

Le dessin paru dans le journal « Chicago Today » le 21 juillet 1969 montre en effet les représentations fantomatiques des astronautes Virgil Grissom, Edward White et Roger Chaffee aidant Neil Armstrong à hisser le drapeau américain sur la surface de la Lune, le 20 juillet 1969 (heure de Houston) lors de la mission Apollo 11.

A la suite de la tragédie d’Apollo 1, de nombreuses modifications furent apportées au vaisseau spatial, leur sacrifice ultime a sans conteste permis le succès du programme Apollo.

Un sublime dessin de Wayne Stayskal !

Apollo 1 et le Velcro

Rappelons en guise de préambule que « Velcro » est une marque déposée (qui vient de VELours et CROchets) et que ce ruban auto-agrippant a été inventé par l’ingénieur suisse Georges de Mestral. L’idée date de 1941 et le brevet initial de 1951. Le brevet est enregistré aux Etats-Unis en 1958 !

C’est notamment la trop grande quantité de nylon présent dans la cabine sous forme de Velcro, de filets installés sous les couchettes [pour récupérer les objets que les astronautes auraient pu faire tomber] et même dans les combinaisons spatiales, qui a été un facteur aggravant dans la propagation de l’incendie. En tout et pour tout, le Module de Commande de 6,17 m3 contenait plus de trente kilogrammes de matériaux inflammables. Outre le nylon, il y avait du plastique et même des métaux qui s’enflamment dans une atmosphère 100% oxygène. Curieusement, la NASA et North American s’étaient contentés de tester l’inflammabilité de certains matériaux dont le Velcro dans une atmosphère 100 % oxygène à la pression de 5 PSI, c’est-à-dire la pression à l’intérieur du vaisseau spatial dans l’espace, dans ces conditions une bande de velcro brûle à la vitesse d’un demi-centimètre par seconde… S’ils avaient réalisés les tests à une pression de 16 PSI (vaisseau spatial sur le pas de tir et pendant le décollage) ils auraient vus qu’alors, le velcro brûle 5 fois plus rapidement, il explose littéralement !   Et du Velcro, les astronautes en avaient mis partout dans la cabine !

Après le drame d’Apollo 1, plus de 3 000 tests ont été réalisés sur plus de 500 matériaux différents, les tissus réalisés en nylon ont été remplacés par la fibre Beta, le téflon, le Nomex, la fibre de verre !  Le Velcro sera désormais fabriqué avec du Nomex et la fibre Beta sera utilisée pour le tissage de l’enveloppe extérieure des combinaisons spatiales ! Les couchettes seront recouvertes d’un tissu ininflammable, l’Armalon ! Même les plans de vol et autres documents seront imprimés sur du papier ininflammable développé par la Scheufelen Papierfabrik GmbH dont le pdg était un ancien de Peenemünde, Klaus Scheufelen ! En attendant l’arrivée de ce papier (Apollo 13) sur lequel on pouvait imprimer directement, les documents papiers déjà imprimés étaient recouverts par laminage d’une substance ininflammable composée de sulfate d’aluminium et d’ammonium.