On a marché sur la… tête

Dix jours de fortes intempéries ayant frappé le nord-est des Etats-Unis, les services météo ont été submergés d’appels de personnes qui en imputaient la responsabilité à Apollo 11. En effet les très fortes précipitations, ayant même provoqué des inondations dans certaines régions du New-Jersey, ont commencé le 19 juillet lorsque le vaisseau spatial dans l’ombre de la Lune s’est mis en orbite lunaire… Ce fut un des mois de juillet les plus humides jamais enregistrés avec 20 cm d’eau par mètre carré sur la seule ville de New-York, le record précédent datait de 1889 avec 30 cm !  Une pluviométrie 5 fois supérieure à la moyenne !

De trop nombreuses personnes étaient intimement persuadées que les pluies diluviennes étaient le résultat de l’interférence des astronautes d’Apollo 11 avec la Lune…

Le Dr. Robert Harris, météorologue de son état, résuma ainsi la situation : « Nous avons eu un déluge d’appels de toutes sortes de gens qui sont absolument convaincus, se fondant sur leurs études des saintes écritures, que le seigneur nous a enlevé le soleil. »

Heureusement pour le personnel de l’antenne du bureau des services météorologiques américain à Manhattan (U.S. Weather Bureau depuis 1870  puis National Weather Service à partir de 1970), les gens appelaient surtout les stations radio sur lesquelles elles écoutaient les prévisions !

Apollo 11 et le mythe de la supériorité du système communiste

Le journal suédois NSD (Norrlandska Social-Demokraten), dans son numéro du 28 juillet 1969, s’étonne dans son éditorial des éloges de la presse russe pour Apollo 11 et la recherche spatiale américaine en général, juste après la mission, mais constate que les derniers articles en date laissent transparaître la peur que cet atterrissage sur la Lune ait décuplé le respect des autres pays envers les Etats-Unis .  « Il est certainement très troublant et inquiétant pour la Pravda et les dirigeants du parti communiste que la conquête de la Lune par les américains, dont la plus grande partie du monde communiste à été témoin, a fait voler en éclat le mythe de la supériorité du système communiste. »

Apollo 11 évoqué dans le journal Il Mattino del Lunedi

Le journal Il Mattino del Lunedi d’Asmara, alors en Ethiopie (depuis 1993 la capitale de l’Erythrée) dans son édition du 28 juillet 1969 évoque la mission Apollo 11 :

« Aujourd’hui nous ne sommes pas seulement admiratifs, nous exultons. Car cet exploit presque surhumain a été accompli par une société libre et pluraliste, par une société qui n’a pas une tradition oppressive et réclusive, par une société qui a fondé sa structure politique et constitutionnelle non pas sur une idéologie totalitaire mais sur la philosophie démocratique de la Déclaration d’Indépendance. Cet exploit a été accompli par une nation, la nation américaine, dont les caractéristiques sont la fusion de l’esprit de précision et de discipline avec l’esprit de liberté. C’est la raison pour laquelle nous exultons aujourd’hui. Car nous savons que la conquête d’Apollo 11 est au service de l’Homme et non pas pour l’oppresser. »

Six records du monde pour Apollo 11

A l’issue de la mission Apollo 11, les Etats-Unis demandèrent l’homologation de 6 records du monde auprès de la Fédération Internationale d’Astronautique (International Astronautical Federation ou IAF) :

  • Pour la durée passée sur la surface de la Lune hors du vaisseau spatial, soit 2 heures, 21 minutes et 15 secondes, par Neil Armstrong.
  • Pour le temps passé en orbite lunaire, soit 59 heures, 27 minutes et 55 secondes, par Michael Collins.
  • Pour le temps resté sur la surface de la Lune, soit 21 heures, 36 minutes et 16 secondes, par les astronautes Neil Armstrong et Edwin Aldrin.
  • Pour le temps passé sur la surface de la Lune à l’intérieur du vaisseau spatial, soit 19 heures, 45 minutes et 52 secondes, par les astronautes Armstrong et Aldrin.
  • Pour la plus importante masse déposée sur la Lune, soit 7 211 Kg, par les astronautes Armstrong et Aldrin.
  • Pour la plus importante masse envoyée en orbite lunaire depuis la surface de la Lune, soit 2 648 kg, par les astronautes Armstrong et Aldrin.

Apollo 11 a permis la première mesure précise de la distance Terre-Lune

C’est le 1er août 1969 après plus de 2 000 tentatives par les observatoires astronomiques McDonald au Texas et Lick en Californie que ce dernier réussi enfin à « toucher » le réflecteur laser de 45 cm carré, constitué de 100 prismes à trois faces en verre de quartz, déposé sur la Lune par les astronautes d’Apollo 11 (photo ci-dessous). Avec un laser à rubis et un télescope de 3,1 mètres de diamètre, les scientifiques ont envoyé une série de 500 impulsions d’une longueur variant entre 15 et 20 milliardième de seconde (nanosecondes). Les photons ont atteint la Lune en 1,3 secondes et ont mis autant de temps pour être réfléchis (en réalité sur le nombre de photons envoyés vers la Lune, seule une infime partie est réfléchie par le réflecteur et revient sur Terre), permettant de calculer pour la première fois la distance Terre-Lune avec une précision inférieure au mètre ! Toujours aux Etats-Unis, en 1962, une équipe du Massachusetts Institute of Technology avait tiré au laser directement sur la surface de la Lune mais le relief ne permettait pas d’obtenir des précisions supérieures à 150 m.

Depuis, les lasers et les méthodes de calcul et d’analyse ayant évolué, on atteint désormais une précision millimétrique, et toujours avec les réflecteurs laissés sur la Lune par les missions Apollo 11, 14 et 15 mais dont la qualité se dégrade. Le réflecteur d’Apollo 15 ayant la surface la plus importante (100 cm x 60 cm) et trois fois plus de « prismes » que les autres, c’est celui qui est le plus utilisé.

C’est ainsi que l’on s’est aperçu que la Lune s’éloignait de la Terre de 3,8 cm par an !