Solidarité

AU PRESIDENT NIXON : Je souhaite vous informer que le gouvernement soviétique a donné des ordres à tous les citoyens et membres des forces armées afin d’utiliser tous les moyens à leur disposition pour porter assistance lors du sauvetage des astronautes américains. PRÉSIDENT DU CONSEIL DES MINISTRES ALEKSEI N. KOSYGIN

 

AU PRESIDENT DU CONSEIL DES MINISTRES  ALEKSEI KOSYGIN : Je vous ferai très rapidement savoir si nous avons besoin de l’aide de votre gouvernement. PRESIDENT RICHARD NIXON

 

 

A l’EQUIPAGE DU VAISSEAU SPATIAL AMERICAIN « APOLLO 13 » J.LOVELL, J.SWIGERT, F.HAISE : Nous, cosmonautes soviétiques, suivons votre vol avec grand intérêt et anxiété. Nous souhaitons de tout cœur votre retour sain et sauf sur notre Terre Mère. AU NOM DE TOUS LES PILOTES COSMONAUTES DE l’URSS. V. SHATALOV
(Victor Shatalov est alors le chef du corps des cosmonautes)

 

4 navires soviétiques feront route vers le lieu supposé de l’amerrissage, dont un bateau de pêche et un porte hélicoptère; le Chumikan.
La France, les Pays-Bas, l’Italie, l’Espagne, la RFA, l’Afrique du Sud, le Brésil, l’Uruguay et l’Australie mettront leur marine de guerre en état d’alerte…

 

Vos pellicules risquent de ne jamais être développées

Le mardi 14 avril 1970 les astronautes survolent la face cachée de la Lune, Jack Swigert et Fred Haise ont le nez collé sur le hublot, émerveillés par le spectacle ils en profitent pour prendre des photos…James Lovell un peu tendu marmonne alors : « Si le moteur ne fonctionne pas, vos pellicules ne seront jamais développées ».
Haise : « Du calme Jim, tu as déjà fait un vol autour de la Lune, pas nous ! » (Lovell était sur Apollo Huit)
Si James Lovell est un peu nerveux c’est qu’il doit bientôt allumer le moteur de descente de module lunaire au « PC+2″.* Si le moteur fonctionne correctement cela augmentera leur vitesse et leur permettra de gagner environ 9 précieuses heures, et, qui plus est, d’amerrir dans le Pacifique Sud où se trouve déjà la flotte de récupération, dans le cas contraire, l’amerrissage est prévu dans l’Océan Indien, mais beaucoup plus important, les réserves d’eau qui permettent de refroidir les systèmes électroniques du LM seront épuisées quelques 5 heures avant l’entrée dans l’atmosphère… Même si Lovell savait que l’électronique du LM d’Apollo 11, après avoir été « abandonné » en orbite lunaire, avait fonctionné encore 8 heures après l’épuisement du « liquide de refroidissement », il préférait ne pas avoir à courir ce risque supplémentaire !

 

* PériCynthe + deux heures – le péricynthe – terme utilisé uniquement pour un satellite de la Lune – ou périgée, indique dans le cas présent le moment où le vaisseau spatial est au plus près de la Lune.

 

Des bourgeons sur les arbres

Avant le vol, James Lovell et les CapComs s’étaient entendus sur un langage « codé », qui n’a dupé personne,  afin que l’équipage puisse s’informer en toute « discrétion » de l’état de santé de Ken Mattingly (Au tout dernier moment, trois jours avant le décollage, Mattingly, soupçonné d’avoir attrapé la rougeole, avait été remplacé par Jack Swigert).
On assiste donc à cet échange bucolique :
James Lovell :  « Les arbres ont des bourgeons à Houston ? »
Vance Brand, le capcom :  « Pas encore, on se croirait toujours en hiver »
Lovell : « C’est bien ce que je pensais ! »
Brand :  « Je crois qu’il n’y aura toujours pas de bourgeons samedi, lorsque vous serez de retour »
Effectivement, Mattingly, soupçonné d’avoir été contaminé par Charlie Duke, qui lui a bien eu la rougeole, ne contractera pas la maladie… Encore une de ces ironies de la vie !

 

 

Tout bien réfléchi

Jim Lovell a affirmé que l’explosion ne pouvait tomber à un plus mauvais moment…
Pourtant, si la déflagration avait eu lieu alors que le LM était sur la Lune, les trois astronautes seraient morts, deux coincés sur la Lune et l’autre dans le CM…
Si l’explosion avait eu lieu en orbite lunaire, utiliser le LM pour quitter son orbite eut été extrêmement délicat.
Lovell reconnaîtra que finalement, en y réfléchissant bien, ils ont eu de la « chance » que l’accident se produise à ce moment là !

 

Le LM comme chaloupe de sauvetage

Dès la conception des éléments d’Apollo (CSM et LM), l’éventualité d’une défaillance du moteur de propulsion ou d’un système du CSM fut envisagée et des procédures développées pour se servir du LM en cas d’urgence. Il a toujours été prévu d’utiliser le module lunaire comme chaloupe de sauvetage…
Afin de ne pas perdre de temps suite au retard dans la fabrication du LM 3 la NASA n’a pas hésité à bouleverser les rotations et à prendre le risque énorme d’envoyer la mission Apollo 8 autour de la lune sans LM…
Sans LM, l’équipage d’Apollo 13 aurait péri…
Heureusement la fortune sourit aux audacieux !