Lorsque les astronautes Apollo découpent le gâteau…

Depuis la plus haute antiquité les gâteaux ont toujours accompagné les grandes étapes de la vie des Hommes. Un vol spatial, qui reste encore un événement exceptionnel, n’échappe pas à cette règle. La tradition du partage de gâteau à la fin d’une mission spatiale a bien évidemment perduré tout au long du programme Apollo… Une seule différence, les astronautes d’ Apollo 11, Apollo XII et Apollo 14 n’ont pu couper les magnifiques gâteaux conçus par les spécialistes culinaires de l’US Navy, car ils étaient en quarantaine… Précaution qui sera levée pour les trois dernières missions lunaires.

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Les spécialistes culinaires de l’USS Essex (CVS-9) devant leur oeuvre.
Le gâteau est magnifique….
(De g. à d.) Walter Schirra, Walter Cunningham et Donn Eisele, le 22 octobre 1968.

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Voir article : Un gros gâteau en l’honneur des astronautes d’Apollo 8

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De g. à d.) Russell Schweickart, David Scott, James McDivitt sur le USS Guadalcanal (LPH-7) le 13 mars 1969. Mission Apollo IX. Le gâteau pèse 159 kg.
De g. à d.) Russell Schweickart, David Scott et James McDivitt, pousse levé, peut être pour dire que le gâteau est excellent !

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(De g. à d.) John Young tenant le sabre, Thomas Staffort et Eugene Cernan, sur le USS Princeton (LPH-5) le 26 mai 1969.

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Confinés dans leur Mobile Quarantine Facility (MQF) sur le USS Hornet (CVS-12), on aperçoit Neil Armstrong (à g.) et Edwin Aldrin, d’où ils peuvent admirer une magnifique pièce montée surveillée par les deux spécialistes culinaires (US Navy Culinary Specialist) qui l’ont créée … 24 juillet 1969.
Sur la tranche du gâteau on peut lire « Hornet plus three ». Dans le MQF (de g. à d.) Neil Armstrong, Edwin Aldrin, Michael Collins. Credit photo : Don Blair.
On reconnait avec son casque sur les oreilles le correspondant de CBS, Dallas Townsend (1919-1995) qui a couvert toutes les missions spatiales américaines de 1962 à 1980. Crédit photo : Don Blair.

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Alors que les astronautes d’Apollo 14 Alan Shepard, Edgar Mitchell et Stuart Roosa sont en quarantaine dans leur « mobile home », le commandant du USS New Orleans (LPH-11), Robert Moore, coupe le gâteau sous le regard des pâtissiers l’ayant confectionné. 9 février 1971.

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Sous le regard du commandant de l’USS Okinawa (LPH-3), Andrew Huff, les astronautes (de g. à d.) James Irwin, Alfred Worden et David Scott, « sabre au clair », s’apprêtent à couper le gâteau de 272 kg. 7 août 1971.

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(De g. à d.) Thomas Mattingly, Charles Duke (caché) et John Young à bord du porte-avions USS Ticonderoga (CVS 14) le 27 avril 1972. John Young dont c’était le deuxième voyage vers la Lune s’apprête à couper une part dans la représentation de notre satellite…

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(De g. à d.) Les astronautes Eugene Cernan, Ronald Evans et Harrison Schmitt s’apprêtent à couper les gâteaux avec des couteaux de survie plaqués or, sous le regard, à gauche, du vice-amiral John Butts (qui commande la Task Force 130, l’ensemble des bâtiments de l’US Navy mobilisés pour la récupération de la mission Apollo XVII, et du commandant de l’USS Ticonderoga (CVS 14) Norman Green. 19 décembre 1972.

Un gros gâteau en l’honneur des astronautes d’Apollo 8

Pour respecter une coutume qui remonte aux premières missions spatiales habitées, les spécialistes culinaires (Culinary Specialist – CS) de la boulangerie-pâtisserie du porte-avions USS Yorktown, le navire de récupération principal, ont préparé un gâteau en l’honneur du retour sur Terre des astronautes d’Apollo 8, Frank Borman, James Lovell et William Anders, qui sera dégusté lors de la « splashdown party » qui va se dérouler le soir même du 27 décembre 1968 dans le hangar du porte-avions.

Le gâteau de 213 cm de long (7 pieds) et 91,5 cm de large (3 pieds) pèse 245 kg, il est le résultat de la superposition, juxtaposition, de 60 petits gâteaux…

C’est Marlin Buirge qui a imaginé cette œuvre, comme un livre d’Histoire ouvert… La toute première fois que des Hommes ont volé autour de la Lune…

Moitié chocolat, moitié chocolat blanc, le gâteau pèse en réalité 205 kg, mais il est recouvert de 40 kg de glaçage. (Composé notamment de 5 kg de matière grasse végétale hydrogénée, 8 kg de beurre, 26 kg de sucre en poudre, 9 cuillerées à café de vanille pure…)

Le gâteau est décoré (inscriptions, drapeaux américains…) par Steven Greisteit et Clifton Calhoun.

De g. à d. Clifton Calhoun, Marlin Buirge, Steven Greistheit.
Sur le livre ouvert on peut lire à gauche : First Manned Lunar Mission (Première mission lunaire habitée) et à droite : Yorktown Recovers Apollo Eight (Yorktown récupère Apollo Huit) juste dessous la date, 27 décember 1968. Crédit :https://www.navysite.de/cruisebooks/cv10-68/020.htm

Pour confectionner le gâteau lui-même il a fallu par exemple la bagatelle de 58 kg de farine, 26 kg de sucre, 10 kg de matière grasse végétale hydrogénée, 15 litres d’huile, 23 litres de lait, 264 œufs, 3 litres de vinaigre… 

Les 60 parties qui constituent le gâteau ont été cuites le jour de Noël par Samuel Clements.

La réflexion sur la forme du gâteau a commencé début décembre, mais son apparence définitive n’a été arrêtée que le 18 décembre, jour où la flotte de récupération a appareillé pour se rendre sur la zone d’amerrissage. Compte tenu de sa taille et de son poids, l’assemblage et la décoration du gâteau ont été réalisés à proximité d’un monte-charge, destiné normalement à acheminer bombes et missiles dans le hangar principal, où aura lieu la cérémonie en l’honneur des trois astronautes.

Tout le personnel du porte-avions (1 650) surnommé la « Fighting Lady » (littéralement la « Dame Combattante »), y compris la presse et les équipes de radio et télévision, a été convié à la dégustation du gâteau…  La découpe au sabre a commencé à 19 h 30, à 22 h 00 il ne reste plus rien des 245 kg de gâteau…

Frank Borman tenant le sabre qui servira aux astronautes à couper le gâteau.

Si l’on ajoute les journalistes et techniciens au personnel du porte-avions, ainsi que les membres de la NASA, et si tout le monde a bien eu un morceau du gâteau, chaque part devait faire environ 140 grammes…

Lorsque le petit-fils de Jules Verne rencontre un homme ayant fait le voyage de la Terre à la Lune.

Du 5 au 7 février 1969, Frank Borman, le commandant de la mission Apollo 8, est à Paris en compagnie de sa femme Susan et de ses deux fils, Frederick 17 ans, et Edwin 15 ans. La famille Borman effectue une visite de 8 pays européens, ainsi que du Vatican, du 2 au 21 février 1969, à la demande du Président des Etats-Unis, Richard Nixon (1913-1994), qui doit lui-même se rendre en Europe à partir du 23 février…

L’itinéraire des Borman :  Londres, du 2 au 5 février ; Paris, du 5 au 7 ; Bruxelles, du 7 au 10 ; La Haye, du 10 au 11 ; Bonn, du 11 au 12 ; Berlin, du 12 au 13 ; Rome et l’État de la Cité du Vatican du 13 au 17 (le pape Paul VI reçoit la famille Borman le 15 février) ; Madrid, du 17 au 19 ; Lisbonne, du 19 au 21.

L’objectif de cette tournée européenne est de démontrer que : « Les Etats-Unis ne considèrent pas les grandes nouvelles découvertes dans l’espace comme un monopole et veulent partager les nouvelles connaissances acquises, que les Etats-Unis reconnaissent les contributions déterminantes que d’autres pays ont effectué et effectueront encore ; que les Etats-Unis souhaitent coopérer avec tous les peuples de la Terre pour explorer l’espace. »

Le mercredi 5 février au matin Frank Borman et sa famille, dans le Boeing 707 de la Maison-Blanche « Air Force Two », en provenance de Londres, atterrissent à l’aéroport d’Orly.

Frederick, Susan, Edwin et Frank Borman . Orly, le 5 février 1969.

Ils sont accueillis par l’ambassadeur des Etats-Unis, Sargent Shriver (1915-2011).

Ils sont reçus à l’Hôtel de Ville par le Président du conseil de Paris, Bernard Rocher (1920-2016), qui offre notamment à Frederick Borman un exemplaire de « De la Terre à la Lune »…

Bernard Rocher offre « De la Terre à la Lune » à Frederick Borman. 

Ils déjeunent ensuite avec le Ministre délégué chargé de la recherche scientifique et des questions atomiques et spatiales, Robert Galley (1921-2012), puis Frank Borman tient une conférence de presse avec la projection d’un film sur la mission Apollo 8…

Le soir même les Borman dînent avec Sargent Shriver dans un restaurant du premier étage de la Tour Eiffel…A ce moment-là le restaurant Le Jules Verne n’existait pas encore, puisque ce n’est qu’en 1983, 14 ans plus tard, que le prestigieux établissement du deuxième étage de la Tour Eiffel, à 125 mètres de hauteur, ouvre ses portes.

Comme à Youri Gagarine en 1965, Matra souhaite offrir une voiture de sport, Djet, à Frank Borman, qui décline l’offre, au grand désespoir de ses deux fils.

Le jeudi 6 février Frank Borman rencontre seul le général de Gaulle (1890-1970) à l’Elysée. (22 jours plus tard c’est Richard Nixon qui sera reçu en ce même palais.) Charles de Gaulle qui sera le seul chef d’Etat à ne pas recevoir la femme de l’astronaute.

De g. à d. Frank Borman, Charles de Gaulle, Sargent Shriver.

Il se rendra également à Brétigny-sur-Orge, pour une visite des installations techniques du CNES…

Visite de la station de contrôle de Brétigny-sur-Orge le 6 fevrier 1969. De gauche a droite: Sargent Shriver, ambassadeur des Etats-Unis en France, Jean-Bernard Dementhon, Michel Bignier, Frank Borman, Jean-Pierre Causse et Louis Laidet. 

Si pour Frank Borman la rencontre la plus marquante de ce tour d’Europe de l’Ouest est son entrevue avec le président de la république française (il le précise sans équivoque dans son autobiographie Countdown parue en 1988), la plus symbolique, la plus émouvante, est très certainement celle qu’il effectue le 5 février en fin d’après-midi dans le salon d’honneur de l’hôtel de Crillon, où la famille Borman séjourne, lorsqu’il fait la connaissance du petit fils de Jules Verne, Jean-Jacques dit Jean Jules Verne (1892-1980), lequel, au cours d’une cérémonie en présence de la presse, reçoit des mains de Frank Borman, l’un des trois Hommes n’ayant alors jamais fait le voyage extraordinaire de la Terre à la Lune, un cadre en verre dans lequel figure à gauche, un dessin extrait du livre de son grand-père illustrant le retour du wagon-projectile dans l’océan Pacifique, au centre une lettre sur papier à entête de la NASA, et à droite une photo de la récupération dans ce même océan Pacifique du module de commande Apollo 8. Lorsque la fiction devient réalité… Dire que l’équipage d’Apollo 8 avait voulu appeler son vaisseau spatial Columbiad

(Jean Jules Verne avait notamment rencontré Alexeï Leonov, le premier « piéton » de l’espace, le 12 avril 1966 lors de l’exposition Jules Verne pour commémorer le centenaire du roman « De la Terre à la Lune ».)

Frank Borman avec entre les mains « De la Terre à la Lune ».
Frank Borman détaillant le contenu du cadre à Jean Jules Verne.
Tenant le cadre, Jean Jules Verne et Frank Borman. Entre les deux, l’épouse de M.Verne, Andrée Marie née Daste.
Gros plan du dessin figurant à gauche du cadre… Le retour du wagon-projectile imaginé par Jules Verne avec le navire de récupération, le USS Susquehanna, qui a réellement existé.
Gros plan de la photo figurant à droite du cadre… La récupération du vaisseau spatial Apollo 8 par le porte-avions USS Yorktown (CVS 10) dont on distingue la proue et l’îlot… Au premier plan deux nageurs de combat de l’unité d’élite UDT 12 (Underwater Demolition Team).

A noter : le USS Susquehanna porte le nom de la rivière Susquehanna qui se jette dans la baie de Chesapeake… Le USS Yorktown tient son nom de la bataille de Yorktown une ville de Virginie située à l’entrée de la baie de Chesapeake…
Jean Verne l’arrière petit-fils de Jules Verne devant le cadre offert par Frank Borman , le commandant de la mission lunaire Apollo 8, à son père. Il a fait don de cette pièce au musée Jules Verne de Nantes. – Crédit photo : F.Brenon/20Minutes

Anecdote dans l’anecdote : La famille Borman quitte Paris le 7 février au matin à destination de Bruxelles qu’ils rejoignent à 10 h 00. Ils y rencontreront George Remi dit Hergé (1907-1983) l’auteur de « Objectif Lune » (1953) et « On a marché sur la Lune » (1954) les 16et 17e aventures de la série… C’est en lisant « L’Astronautique » d’Alexandre Ananoff (1910-1992) que lui est venu l’idée d’envoyer Tintin sur la Lune… Photo ci-dessous : Hergé offre les deux albums à Frank Borman dans leur traduction en anglais ; « Destination Moon » et « Explorers on the Moon ». (Traduits en 1959).

Frank Borman et Hergé

Des graffitis dans le module de commande Columbia

Les trois astronautes utilisaient les parois du vaisseau spatial pour prendre des notes, la plupart du temps des chiffres et des coordonnées…

Le programme de modélisation du module de commande Columbia en 3D , réalisé en 2016 par la Smithsonian Institution, pour le quarante-septième anniversaire d’Apollo 11, a permis de révéler au public la totalité de ces graffitis.

Ainsi par exemple, Michael Collins avait dessiné au feutre un petit calendrier de la mission, marquant d’une croix chaque jour écoulé… Seul le jeudi 24, le jour du retour sur Terre, n’est pas coché…

Le calendrier est dessiné à même la paroi du vaisseau spatial, puis recouvert d’une feuille plastique pour éviter son effacement au passage des astronautes.

Le témoignage le plus émouvant est la toute dernière inscription laissée par Michael Collins qui, alors que les trois astronautes sont en quarantaine sur le porte-avions Hornet, va retourner dans le module de commande Columbia, le lendemain soir, pour y inscrire un dernier mot. Le module de commande, également isolé biologiquement, était relié par un tunnel à la Mobile Quarantine Facility (MQF), afin de permettre son déchargement. (La MQF est cette « caravane » dans laquelle les astronautes vont passer leurs premiers jours de quarantaine jusqu’à leur arrivée à Houston.)

Il explique dans son excellente autobiographie Carrying the Fire publiée en 1974, (et fâcheusement toujours pas traduite en français à ce jour), qu’il n’est pas particulièrement sentimental vis-à-vis de machines, mais qu’il fut pris d’un désir irrépressible de laisser un dernier message à Columbia, car il ne pouvait décemment pas la quitter comme ça, c’est ainsi qu’il inscrivit :  « Vaisseau spatial 107 – alias Apollo 11 – alias « Columbia ». Le meilleur vaisseau jamais produit (n’ayant jamais existé). Que Dieu la bénisse. Michael Collins, Pilote du Module de Commande. »

« Spacecraft 107 – alias Apollo 11  alias « Columbia ». The Best Ship to Come Down the Line. God Bless Her. Michael Collins, CMP. » »

Inscription qui se situe au niveau de la lower equipment bay, sur le système de navigation du vaisseau spatial, juste au-dessus du support d’attache de l’oculaire du sextant.

En haut l’emplacement du touchant message de Michael Collins, en bas à gauche le calendrier…

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La lisibilité de ce premier tracé n’étant pas satisfaisant, Michael Collins décide de retourner dans le vaisseau spatial, une fois les astronautes et les accompagnants rendus à Houston, dans le Lunar Receiving Laboratory où ils vont terminer leurs 21 jours de quarantaine, pour repasser plusieurs fois avec un stylo sur les mots…

Bouleversant message pour la postérité, qui en dit long sur l’état d’esprit de Michael Collins…

Lorsque North American voulait réinventer la roue

C’est la société McDonnell Aicraft Corporation qui avait construit les vaisseaux spatiaux Mercury et Gemini, mais c’est North American Aviation Inc. qui décroche le contrat pour le développement du module de commande et de service Apollo, le 28 novembre 1961, alors qu’elle n’avait aucune expérience en la matière… Le troisième vaisseau spatial américain en 5 ans… Il est vrai que North American avait fait forte impression avec son « avion spatial », le fabuleux X-15…

Voulant partir de zéro, les ingénieurs de North American, pour le moins arrogants, dédaignent le travail effectué sur Gemini, et même certaines conventions utilisées depuis les débuts de l’aviation … C’est ainsi que lorsque l’astronaute Frank Borman utilise pour la première fois le simulateur Apollo, il s’aperçoit qu’en manœuvrant la commande de vol vers l’arrière, le vaisseau descend, et en effectuant le geste opposé, poignée vers l’avant, il monte. (A l’inverse de ce qui s’est toujours pratiqué dans les avions.)

Borman demande alors à un ingénieur s’ils n’ont pas fait une erreur de polarité en installant le manche.

« Non, pas tout, c’est bien de cette manière qu’il va falloir l’utiliser. Cette façon de piloter le vaisseau va grandement faciliter les rendez-vous, et encore plus les amarrages ; vous voyez, lorsque vous tirez le manche, le nez du vaisseau s’abaisse, faisant remonter la cible. C’est bien plus cohérent.»

La réponse de Borman : « Alors, c’est peut-être plus cohérent pour vous, assis ici sur votre cul d’ingénieur, mais certainement pas pour nous. » (Sous entendu les astronautes, ex-pilotes d’essais).

Frank Borman appelle séance tenante le bureau qui chapeaute le programme Apollo (Apollo Program Office), qui ordonne très rapidement la mise en conformité du dispositif.

Cette anecdote est l’un des exemples les plus grotesques, les plus absurdes, des idiosyncrasies liées au développement du module de commande Apollo avant la tragédie, qui vont être fatales à la société et surtout à trois astronautes. En effet, le 27 janvier 1967 les négligences et carences de North American provoquent la mort des trois astronautes Virgil Grissom, Edward White et Roger Chaffee lors d’un test au sol. (La responsabilité de la NASA dans cette tragédie est également patente.) L’électrochoc provoqué par l’accident, donnera bien évidemment lieu à une profonde remise en question collective, salvatrice…

Un mois plus tard, en mars 1967, Rockwell Standard Corporation (avec un chiffre d’affaires de 636 millions de dollars) propose de racheter North American Aviation proche de la faillite (dont le chiffre d’affaire est de 2,37 milliards) pour la somme de 922 millions de dollars, la fusion est effective le vendredi 22 septembre 1967, et forme une nouvelle entité, North American Rockwell. Une opération permettant à terme de restaurer la réputation entachée de North American, mais personne n’a jamais oublié son lien avec le drame d’ Apollo 1… North American Rockwell qui deviendra Rockwell International en 1973 (après la fusion avec la Rockwell Manufacturing Company…), le constructeur de l’orbiteur de la navette spatiale.

[Les chiffres donnés le sont en dollars de 1967, en monnaie constante (USD 2018) il faut multiplier les montants par 7,5. Sachant que dans le cas présent, la pertinence ne concerne pas les montants, mais leur disparité.]