Pete Conrad en interview

Peu avant le lancement d’Apollo 12, Pete Conrad reçoit la journaliste italienne Oriana Fallaci, (1929-2006) qui prépare un livre sur le monde de demain, tel que sont en train de le fabriquer les scientifiques et astronautes qui se préparent à aller sur la Lune.

Cet ouvrage s’intitulera If the sun dies.

En guise de préambule, celle-ci le prévient qu’il peut lui dire n’importe quoi, excepté les boniments qu’elle a déjà beaucoup trop entendus, du genre qu’il rêve de voler depuis qu’il est enfant etc…  Sinon elle saute par la fenêtre…

Pete Conrad bondit comme un chat, ouvre la fenêtre et lui dit : « sautez ! »
« Oh non pas vous ! »
« Allez sautez, sautez ! »
Puis l’interview a continué, sur la même veine.

 Pete Conrad était un gars génial !
Sa devise : If you can’t be good, be colorful       

Si vous ne pouvez pas être bon, soyez flamboyant !

M. Georges Pompidou à Baïkonour

En février 1970, Georges Pompidou visite le Centre Spatial Kennedy, en octobre de la même année il est à Baïkonour. Voici un extrait du compte rendu de la conférence de presse de M. Pompidou à Tachkent, le 11 octobre. (A.F.P)

 
LA VISITE DE BAÏKONOUR
M. Georges Pompidou a levé ce soir à Tachkent une partie du voile qui recouvrait la visite qu’il avait effectuée les 8 et 9 octobre dans le Centre spatial de Baïkonour. Au cours d’une conférence de presse, il a révélé « qu’il a assisté au lancement d’un satellite » ajoutant : « j’ai assisté également à une autre expérience, disons d’ordre militaire ».
Le président de la République a encore révélé qu’il avait vu « les types de grandes fusées qui lancent les satellites et notamment celle qui a propulsé Luna 16 sur la lune ». « J’ai vu aussi la cabine dans laquelle est revenu le grand et malheureux Gagarine ».
Comme un journaliste lui demandait s’il pouvait faire une comparaison entre le Cap Kennedy et Baïkonour, qu’il a visité à 8 mois d’intervalle, M. Pompidou a répondu :
« Comparer est difficile. Les deux pays sont très différents. La façon de montrer ainsi que les méthodes sont aussi très différentes. Il y a beaucoup plus de richesses dans la présentation et même dans l’exécution aux États-Unis. L’organisation russe est plus austère et plus simple mais aussi efficace. Les résultats le prouvent ».

Pad panique

Nous sommes en 1962. Bien que les installations du tout nouveau Pad 14, du Cap Canaveral soient bien plus sophistiquées que celles du Pad 5, deux salles blanches climatisées sur la tour de lancement, au lieu d’une seule salle quasiment ouverte aux quatre vents, certains aménagements laissent encore grandement à désirer, notamment les toilettes, en réalité trois latrines en bois, situées sous la structure principale du Pad.

Ce lieu… d’aisance, fut le théâtre d’un mémorable incident.

Alors qu’il est tranquillement accroupi, un électricien de l’équipe de Guenter Wendt, aperçoit, à travers les planches mal ajustées de la porte, un énorme crotale diamantin* d’ environ un mètre quatre-vingts, se diriger lentement vers lui.

Alors que le serpent approche inexorablement, le technicien apeuré ouvre la porte et lui lance des rouleaux de papier toilette.

Imperturbable, le dangereux reptile continue de progresser dans sa direction. La peur ayant laissé place à la terreur, l’homme se lève, son pantalon toujours sur les chevilles, s’agrippe à l’encadrement de la porte, se balance, et au moment opportun, d’un coup de rein, saute par-dessus le serpent.

Par chance, il retombe sur ses pieds et se met aussitôt à courir, enfin plutôt à sautiller, car complètement paniqué, il n’avait pas pris le temps de remonter son pantalon.

Si tout le monde a trouvé cette histoire hilarante, le pauvre technicien, lui, a eu la frayeur de sa vie !

* Crotalus adamanteus fait partie des serpents les plus venimeux du monde, l’adulte mesure entre 1m20 et 1m80.