Voskhod 2 un retour mouvementé

Nous sommes le 19 mars 1965, il est temps de revenir sur Terre pour les cosmonautes de Voskhod 2, Pavel Belyayev et Alexei Leonov.

Mais tout ne se passe pas comme prévu.

Tout d’abord les rétrofusées du module principal ne s’allument pas, obligeant les cosmonautes à utiliser le « retropack » de secours.

Ensuite, le module de service ne se sépare pas complètement du module de commande, perturbant fortement la trajectoire de rentrée… 

Voskhod 2 atterrira en pleine forêt, et les deux cosmonautes passeront toute la nuit dans les bois, au milieu des loups, avant d’être localisés.

Mais la forêt est si dense, que l’équipe de récupération doit abattre des arbres, afin de dégager une zone pour pouvoir les hélitreuiller. Les voyageurs de l’espace doivent même skier jusqu’à la zone de récupération.

Quant à la capsule, elle ne pourra être récupérée que quelques jours plus tard.

Youri Gagarine, le premier Homme dans l’espace

Le 12 avril 1961 Vostok 1 est lancé à 6:07 GMT du complexe de lancement #1 de Baikonour par une fusée Semiorka (Vostok 8K72K) avec à bord Youri Gagarine.

Il n’a su que quatre jours avant son vol qu’il serait le premier cosmonaute. John Glenn par exemple a été informé de sa mission plus d’un mois avant.

Trois communiqués de presse sont préparés, un en cas de succès, les deux autres en cas d’échec.

Le vol de Gagarine est 100% automatique, mais en désactivant un « verrou logique », le cosmonaute peut reprendre manuellement le contrôle des rétro-fusées. Il doit pour ce faire taper un code sur un panneau qui comporte six chiffres.

Les médecins ne connaissant pas les effets de l’impesanteur sur l’organisme humain, et redoutant de possibles instabilités psychologiques avaient insisté pour qu’un tel système soit installé.

Gagarine avait dans sa capsule une enveloppe scellée qui contenait trois des six chiffres, les trois autres lui seraient communiqués par radio si nécessaire. Ceci afin d’éviter que dans un accès de folie le cosmonaute prenne le contrôle de sa capsule !

Sergueï Korolev était contre ce système, il y avait plus de chance pour le système de communication de tomber en panne que le cosmonaute de devenir fou !

Avant le vol, Oleg Ivanosky, Mark Gallai et Sergueï Korolev ont, chacun de leur côté, donné à Gagarine les trois chiffres qui auraient normalement dû lui être communiqué par radio en cas de besoin !

Youri Gagarine s’éjectera avant l’impact de la capsule. Un détail que L’Union Soviétique niera pendant très longtemps de peur que ce vol ne soit pas homologué comme tel par la Fédération Aéronautique Internationale.

En effet, un pilote est censé atterrir avec son vaisseau. Le premier Homme dans l’espace est récupéré ce même jour à 8:05 GMT.

Soyouz 18-1 ou l’anomalie du 5 avril

Les cosmonautes Oleg Manarov et Vasili Lazarev sont « en route » pour rejoindre la station Saliout 4, mais un problème de séparation entre le deuxième et le troisième étage de leur fusée va écourter leur mission.

Les cosmonautes font part du problème aux contrôleurs au sol, et demandent l’autorisation de démarrer la procédure d’interruption de mission, mais ces derniers ne se sont aperçus de rien, la télémétrie ne signale rien d’anormal.

Lorsque les cosmonautes reçoivent enfin l’ordre d’interrompre la mission, ils sont déjà à 192 km d’altitude. Il s’en suit une rentrée dans l’atmosphère épique, au cours de laquelle les cosmonautes encaissent 14 à 15g avec un pic à 21,3 g (en temps « normal » les cosmonautes subissent entre 3 et 4 g).

La capsule Soyouz 18-1 heurte le sol dans les montagnes de la république de l’Altaï, et dévale une longue pente avant d’être miraculeusement arrêtée par des sapins, juste au bord d’un précipice.

Les cosmonautes sont inquiets car ils pensent avoir atterri en Chine. En 1975 les relations sino-soviétiques sont toujours extrêmement tendues, il y a encore des « incidents frontaliers ».

Ils attendent anxieusement à côté de leur capsule, dans la neige et le froid glacial, lorsqu’ environ une heure plus tard, ils sont localisés… 

Mais les deux hommes ne sont pas au bout de leur peine, les sauveteurs non plus ! (https://www.anecdotes-spatiales.com/un-sauvetage-laborieux/)

Lazarev souffrant de contusions internes ne revolera jamais. On refusera même aux deux cosmonautes leur prime de vol spatial, soit 3000 roubles. Ils devront faire appel et remonter jusqu’à Leonid Brejnev lui-même pour être payés. Ce vol est à ce jour le seul et unique vol suborbital habité russe !  Au lieu des soixante jours prévus, il n’a duré que 21 minutes et 27 secondes  !

(Officiellement ce vol n’aura jamais de nom, même si à l’origine les deux cosmonautes ont bien été affectés à la mission Soyouz 18, en URSS on parle de « l’anomalie du 5 avril »  plus rarement « du vol avorté de la capsule 7K-T n° 39 ». En « occident »  on a gardé le nom d’origine Soyouz 18 en lui accolant un 1 ou un A. La mission « officielle  »  Soyouz 18 (Soyouz 18-2 ou 18B en occident) sera lancée 49 jours plus tard, le 24 mai 1975, avec les cosmonautes Pyotr Klimuk et Vitali Sevastyanov !)