Irving le gorille

Charles Buckley, le chef de la sécurité du Centre Spatial Kennedy et Pete Conrad étaient amis avec Peter et Julie Firestone, un couple qui avait la particularité de posséder un véritable gorille naturalisé.

Un animal impressionnant, que Conrad, totalement fasciné par ce singe anthropoïde, avait baptisé Irving Glick *.

Nous sommes à quelques heures du lancement d’Apollo XII,  il est temps de préparer une petite farce…

Comme convenu Charlie Buckley se rend chez Peter et Julie, récupère Irving, l’installe précautionneusement sur le siège avant de sa voiture, et prend la route pour le centre spatial.

Bien qu’étant leur chef, il est prié de fournir quelques explications aux gardes de la porte d’entrée principale, avant de pouvoir faire entrer l’animal sur la base.

A deux heures du matin, il  traverse un long couloir avec Irving dans les bras, lorsqu’il croise un technicien, à la vue du gorille ce dernier se met à hurler, fait demi-tour et se réfugie dans la première pièce qu’il trouve en claquant précipitamment la porte.

Au petit matin les astronautes d’Apollo XII, Pete Conrad, Alan Bean et Richard Gordon, entrent dans la salle à manger, pour prendre le traditionnel petit déjeuner d’avant vol composé de steak, d’œufs, de jus d’orange de café et de toasts.

Dans la pièce il y a déjà Tom Stafford, Jim Irwin, Jim McDivitt, Paul Weitz, Chuck Tringali, le responsable des entrainements, et, assis à la table, vêtu d‘une blouse blanche et d’un casque de technicien, la mascotte de l’équipage, Irving, le gorille préféré de Pete Conrad…  Le repas commence dans l’hilarité générale !

Pete Conrad et Irving Glick

* L’excentrique Irving Glick, un homme d’affaire, qui est à l’origine du célébrissime « Belmont Tunnel » entre les villes de Charlotte et Belmont, en Caroline du Nord, avait participé à une émission sur la chaîne de télévision WBTV au cours de laquelle il s’était battu avec un figurant déguisé en gorille.

Le message sur la Lune de Léopold Sédar Senghor

LSSSi la France n’a pas eu le temps d’envoyer un message de bonne volonté pour être gravé sur le disque de silicium d’Apollo 11 (Cf  Tous les espoirs de l’humanité sur un minuscule disque de silicium/) en raison de la toute récente élection à la présidence de la république de Georges Pompidou, notre pays peut s’enorgueillir d’y trouver celui de Léopold Sedar Senghor (1906-2001), un des plus grands poètes francophone du XXe siècle, élu au fauteuil 16 de l’Académie Française (qui en compte 40) le 2 juin 1983. (Succédant ainsi au duc Antoine de Lévis-Mirepoix)

Son télégramme, en date du 1 juillet 1969, alors qu’il est Président de la République du Sénégal, rédigé en français bien évidemment, est le suivant :

 « Ceci est un message des militants de la négritude.
C’est un message de solidarité humaine, un message de paix. Dans cette première visite à la lune, nous saluons moins une victoire de la technologie qu’une victoire de la volonté humaine : volonté de recherche et de progrès, mais aussi de fraternité. »

Une Plaque Commémorative fixée sur le Module Lunaire

La plaque commémorative en acier inoxydable emportée par le LM de la mission Apollo 11* est certainement la plus émouvante « capsule temporelle » jamais créée, avec celle de Pioneer 10.

Elle mesure 22,8 cm X 17,9 cm pour une épaisseur de 1,58 mm.  Les hémisphères et les lettres gravés ont été remplis avec une peinture époxyde noire. La plaque a ensuite été incurvée au diamètre des « jambes » du train d’atterrissage, et fixée sur l’échelle, précisément entre le sixième et le septième barreau de cette dernière (en partant du haut) qui en compte neuf.

Courber la plaque permettait de ne pas gêner les astronautes lors de leur progression le long de l’échelle (cf photo ci-dessous).

La fine protection en acier qui recouvrait la plaque fut ôtée par Neil Armstrong  à 109:52:19 (Mission Elapsed Time – Temps Ecoulé depuis le décollage).

La plaque de la mission Apollo 11

Le 8 juin, soit un peu plus d’un mois avant le décollage, Ural Alexis Johnson, alors sous-secrétaire adjoint aux affaires politiques du ministère des Affaires Etrangères (United States Department of State) avait envoyé au comité en charge de déterminer les activités symboliques que les premiers astronautes allaient effectuer sur la Lune, une proposition de texte : 

« Nous qui les premiers, avons marché sur la surface de la Lune, laissons cette plaque pour commémorer notre voyage et pour témoigner du progrès de l’Homme dans sa quête de mieux comprendre l’Univers. Nous sommes venus au nom de toute l’Humanité explorer la Lune, et ce pour le bénéfice de tous les peuples. Puisse ce voyage nous permettre d’illuminer les mystères de l’univers et nous unir dans la recherche de la vérité et la compréhension de notre propre planète. »

Devaient suivre le nom des astronautes et la date.

Si l’esprit a été conservé, une version plus expurgée, plus laconique fut produite avec le concours de James Humes (rédacteur de discours présidentiels) , William Safire (également rédacteur de discours présidentiels) et Pat Buchanan (conseiller du Président Nixon).

Une première version disait :

 « Ici, des Hommes de la Terre
 ont atterri sur la Lune.
Juillet 1969 après J-C.
Ils sont venus en paix au nom de toute l’Humanité.
Armstrong   Aldrin   Collins »

(A noter : Aldrin le n°3 dans la hiérarchie des équipages Apollo est mentionné après Armstrong, l’ordre sera modifié dans la version finale.)

En définitive le texte, lu à haute voix sur la Lune, par Neil A. Armstrong sera le suivant :

 « Ici des Hommes de la planète Terre
ont pour la première fois posé le pied sur la Lune.
Juillet 1969 après J-C.
Nous sommes venus en paix au nom de toute l’humanité »

Figurent les signatures et les noms des trois astronautes, Neil A. Armstrong, Michael Collins, Edwin E. Aldrin ainsi que de Richard Nixon, le Président des Etats-Unis.

Julian Sheer, le responsable des relations publiques de la NASA eut un peu de mal avec l’un des collaborateurs de Nixon qui, au dernier moment, insista pour que les mots « under god »** (que l’on peut traduire par « sous la providence divine » ou « sous la protection de Dieu ») soient ajoutés. Sheer fit remarquer que cela pourrait s’avérer offensant pour certaines personnes. Pour éviter tout conflit, il finit par accepter, sachant pertinemment qu’il était de toute façon trop tard pour apporter cette modification…

* Toutes les missions lunaires ont emporté une plaque sur la Lune (De Apollo 11 à Apollo 17). Seules les plaques Apollo 11 et 17 comportent la signature du Président.

 ** C’est le 14 juin 1954, que le Président Eisenhower avait fait ajouter la formule ”Under God” au serment « The Pledge of Allegiance » : « I pledge allegiance to the Flag of the United States of America, and to the Republic for which it stands, one Nation under God, indivisible, with liberty and justice for all. Deux mots qui ont fait et font encore polémique aux Etats-Unis, un pays où le principe de séparation de l’état et de la religion est inscrit dans la constitution ! Cela dit, au verso de tous les billets de banque on peut lire : « In God We Trust »