De la « soupe prébiotique » à Apollo 11

Lors de la conférence de presse, qui se déroule au Cap Canaveral le 14 juillet 1969, deux jours avant le lancement d’Apollo 11, quand on demande à Wernher von Braun, s’il est important d’envoyer un Homme sur la Lune, il répond :

«Je pense que c’est aussi important que ce moment de l’évolution où la vie aquatique est arrivée en rampant sur la terre ferme

Cette remarque souleva un tonnerre d’applaudissements. Certains journalistes se levèrent et lui firent une ovation.

Une phrase qui fit la manchette des journaux !

Gemini 3, comme un boulet de canon !

Avant d’appeler leur vaisseau « Molly Brown », Virgil « Gus » Grissom et John Young, les astronautes de la mission Gemini 3, avaient envisagé de le baptiser « Wapasha », du nom d’une tribu indienne qui a donné son nom à la ville de Wabash et à la rivière du même nom, qui traverse l’Indiana, l’état de naissance de Grissom.

Un nom purement américain !

C’est alors que quelqu’un leur fit remarquer que la presse n’allait pas manquer de faire le rapprochement avec le « Wabash Cannon Ball », et faire des jeux de mots plus ou moins réussis !

Le « Boulet de Canon de Wabash » est un train mythique dans la culture américaine, il faisait la liaison entre la côte atlantique et la côte pacifique.

Qui plus est, le père de Virgil Grissom travaillait dans une compagnie de Chemin de Fer, la « Baltimore and Ohio Railroad » !

L’idée fut donc abandonnée, c’est alors que Grissom se rappela de cette comédie musicale à succès qui passait à Broadway : « The Unsinkable Molly Brown » (L’insubmersible Molly Brown, célèbre rescapée du naufrage du Titanic)…

De la responsabilité morale du scientifique…

L’Homme est un « homo ludens » mais surtout et avant tout un « homo faber », voici deux citations de Wernher von Braun concernant la responsabilité morale du « savant »…

« Il est tout simplement injuste de nous rendre responsables, nous, ingénieurs et scientifiques, des cruautés des guerres modernes. Les ingénieurs travaillant sur les fusées sont exposés au même inéluctable dilemme que Michel-Ange lorsqu’en période de guerre il fut contraint d’arrêter son travail à la Basilique St Pierre pour se consacrer à la réalisation de forteresses. Il s’agit du même cas de conscience auquel est confronté le concepteur d’avions lorsque son travail est utilisé comme bombardier pour semer la mort et la destruction. Et c’est exactement le même conflit moral auquel est soumis le physicien nucléaire du XXème siècle qui connaît le potentiel énergétique formidable des réactions en chaîne contrôlées dans un réacteur nucléaire, mais qui sait également qu’ une petite modification dans cette réaction en chaîne permet de libérer le pouvoir destructeur de la bombe atomique. »

« Est-ce qu’Einstein, lorsqu‘il a écrit sa célèbre équation sur la relation entre la matière et l’énergie aurait dû poser son crayon d’une main tremblante, car il a eu la vision d’avoir libéré des quantités phénoménales d’énergie atomique ? Devrions-nous arrêter la conquête de l’espace juste parce que les avions et les fusées peuvent être utilisés à des fins militaires ? »