John Young, monsieur astronaute

Lors de la conférence de presse d’après vol de la mission Apollo 16, qui s’est déroulée le 3 mai 1972 au Centre des Vaisseaux Spatiaux Habités près de Houston, John Young, qui vient d’effectuer son quatrième vol spatial (du 16 au 27 avril), et a marché sur la Lune avec Charles Duke, pendant que Kenneth Mattingly est resté en orbite lunaire, répond à la question d’un journaliste qui lui demande : « Après quatre vols, allez-vous prendre votre retraite ? »

John Young : « Je n’ai que quarante ans. Non, j’aime notre programme spatial. Je continuerai jusqu’à ce que je parte les pieds devant. »

John Young prendra tout de même sa retraite, le 31 décembre 2004, 32 ans après avoir tenu ces propos, à l’âge de 74 ans. Entre temps il a effectué deux vols spatiaux supplémentaires et non des moindres, le premier vol de la navette spatiale en 1981, et le premier vol du laboratoire européen « Spacelab », lors de la neuvième mission du programme navette spatiale, en 1983.

TASS annonce le lancement d’Apollo 16 en un temps record

L’agence de presse soviétique TASS (Telegrafnoïe aguentstvo Sovietskogo Soïouza – Agence télégraphique de l’Union soviétique) a annoncé le lancement d’Apollo 16 seulement 22 minutes après les agences américaines, et a également rapporté le succès de la mise en orbite. UPI (United Press International) n’a pas manqué de remarquer que :  « cette annonce a été très rapide selon les standards soviétiques qui sont de plus en plus enclins à couvrir les lancements américains alors qu’ils étaient tout bonnement ignorés dix ans auparavant. »

Dorothy Duke ne mâche pas ses mots

A compter de la mission Apollo 16, les chaines de télévision américaines imposèrent des réductions budgétaires drastiques, tronquant la retransmission en direct des sorties sur la Lune, alors même que les astronautes John Young et Charles Duke doivent explorer les hauts plateaux de Descartes dans un véhicule équipé d’une caméra, dont la qualité des images sera bien meilleure que les missions précédentes, en raison d’un traitement informatique inédit.

Lors d’une interview exclusive de la femme de l’astronaute Charles Duke, réalisée par Walter Cronkite, Dorothy Duke n’a pas hésité, en direct, à déplorer l’absence de couverture télévisuelle des trois explorations prévues. Cette manifestation de sa très grande déception en des termes courtois mais très fermes, a quelque peu décontenancé Walter Cronkite, lui-même un pro-spatial, qui a dû, tant bien que mal, justifier ces non-retransmissions, qu’il désapprouvait à titre personnel.

La sortie spatiale d’une heure et 24 minutes, effectuée par Ken Mattingly sur le trajet retour, fut retransmise en direct !

Charles et Dorothy Duke (circa 1972)