Apollo 12, le choc

Le 24 novembre 1969, en début de matinée, Apollo 12 amerrit à 3,5 km du porte-avions U.S.S Hornet.

Le contact a été rude, Yankee Clipper a été percuté par une vague montante au moment du largage des parachutes, l’impact a été suffisamment violent, pour qu’une caméra 16mm se détache de son point d’attache, et soit projetée sur le front de Alan Bean, ce qui l’a momentanément étourdi, et lui a occasionné une coupure de 2,5 cm, sur laquelle Charles Conrad à mis une compresse.

Décidément, Alan Bean n’a pas eu beaucoup de chance avec les caméras, lors de la première sortie sur la Lune, il en avait « grillé » une en la pointant par inadvertance vers le soleil.

Eugene Cernan a eu chaud !

Nous sommes à 24 heures du lancement de la mission Apollo 10, normalement l’astronaute Eugene Cernan devrait se trouver en quarantaine dans le O&C Building, avec ses co-équipiers Thomas Stafford et John Young.

Mais il se trouve que Donald K. « Deke » Slayton lui a accordé une très courte permission afin de passer quelques heures avec sa famille.

C’est une faveur tout à fait exceptionnelle, allant à l’encontre des règles de la NASA, et tout naturellement, Deke Slayton ne voulant pas que cette incartade soit rendue publique, a fait quelques recommandations à Cernan, dont bien évidemment celle de faire profil bas, de ne surtout pas se faire remarquer.

Le temps est venu pour Cernan de retourner au Cap, et comme tout astronaute qui se respecte il conduit vite… trop vite.

Manque de chance, il est bientôt arrêté par une voiture de police.

L’officier lui demande ses papiers, très embarrassé Cernan tergiverse, il ne veut pas révéler son identité, dire qu’il est astronaute, il répond évasivement aux questions… Excédé, le policier menace de l’emmener au poste…

La providence veut que Guenter Wendt passe par là… Reconnaissant Gene Cernan, il s’arrête…

Lorsque le policier lui explique la situation, Guenter Wendt sort son badge de la NASA, et lui explique que Eugene Cernan est l’un des astronautes qui doivent partir pour la Lune le lendemain. S’il faut appeler ses supérieurs pour le récupérer au poste, Cernan aura certainement de gros problèmes, sans parler du retard pour le programme spatial…

Compréhensif, mais dubitatif, le flic l’a laissé partir en lui disant :

« Fichez le camp et allez sur votre Lune !  » (« Get out of here, and go to your moon ! « )

Quelle odeur !

Après avoir gonflé les boudins autour de la capsule pour la stabiliser, un des hommes grenouille des Navy Seals, à l’aide d’une clef spéciale, déverrouille l’écoutille et passe la tête à l’intérieur pour la ressortir aussitôt comme s’il avait vu quelque chose d’incongru.

Les astronautes d’Apollo 8 n’y prêtent pas trop attention, car ils doivent sortir pour s’installer dans le canot pneumatique, et attendre que l’hélicoptère les hélitreuille et les emmène sur le porte-avions U.S.S Yorktown. 

Plus tard, après le débriefing, les examens médicaux, Frank Borman, James Lovell et William Anders vont remercier l’équipe de récupération.

Les Marines sont là, dans leur uniforme, lorsque Anders reconnaît le caporal qui a passé sa tête par l’écoutille.

Il le remercie pour l’excellent travail accompli, et lui dit qu’ils devaient vraiment avoir l’air sale les cheveux hirsutes et pas rasés.

Sans sourcilier le caporal répond : « Ce n’était pas votre apparence physique, monsieur, c’était l’odeur ».

 Anders : « J’avais bien remarqué une étrange odeur en sortant de la capsule, c’était de l’air frais ! »