Apollo 11, dernière conférence de presse avant d’entrer dans l’Histoire

Le samedi 5 juillet, les astronautes de la mission Apollo 11 participent, dans l’auditorium du bâtiment 1 du Centre des Vaisseaux Spatiaux Habités à Houston, à la dernière conférence de presse avant le décollage.

Ils arrivent en portant des masques de protection, qu’ils enlèvent en entrant dans une sorte d’abri transparent (cf photo ci-dessous), qui permet grâce à un flux d’air savamment dosé et orienté, de les isoler, en empêchant l’air extérieur d’y pénétrer. Le but étant bien entendu d’éviter toute contamination à quelques jours du départ.

Par respect, certains journalistes ont même pris la peine de porter des masques chirurgicaux.

Ces derniers sont bien plus intéressés par le côté humain, que par la technologie. Les questions sont essentiellement d’ordre philosophique, ils veulent savoir ce que les astronautes ressentent, comment ils appréhendent cette mission ô combien historique.

Avec des caractères comme ceux d’Armstrong et Aldrin, ils sont plutôt mal tombés.

Seul Michael Collins est  un peu plus disert, malheureusement pour les journalistes, c’est justement celui qui ne marchera pas sur la Lune

Comme il le dira plus tard : « Si la NASA avait souhaité des personnes plus enclines à ressentir et à partager des émotions, elle aurait mieux fait de choisir un équipage composé d’un philosophe, d’un prêtre et d’un poète, et non pas des pilotes d’essai, justement entraînés à refréner leurs émotions et à garder un esprit analytique. D’un autre côté, un tel équipage, immanquablement submergé par l’émotion, n’aurait pas pu mener à bien une mission si complexe ».

Si les astronautes n’ont pas été très loquaces quant à leurs états d’âme, ils n’ont en revanche pas manqué d’humour, ainsi  lorsqu’un journaliste demande à Neil Armstrong ce qu’il aimerait, le plus, emporter avec lui sur la Lune, il répond : « Plus de carburant ! »

[Lorsque l’on sait, qu’au moment de l’atterrissage sur la Lune, il ne leur restait qu’une quarantaine de secondes de carburant, avant de devoir interrompre la mission et mettre à feu l’étage de remontée pour rejoindre Collins !]

Hommage au Président Kennedy

Juste après l’atterrissage d’ Apollo 11 sur la Lune, un inconnu a déposé une gerbe de fleur sur la tombe du président John Kennedy, avec une petite carte qui disait :

« Monsieur le Président, l’Aigle a atterri » (Mr President the Eagle has landed)

Eagle est l’indicatif donné au module lunaire.

La Saturn V : à titre de comparaison

Lors d’une conférence de presse, pour que les journalistes puissent mieux appréhender la puissance monstrueuse du premier étage de la Saturn V, un ingénieur allemand avait fait de savants calculs, il avait ainsi calculé que les 3 500 tonnes de poussée équivalaient à la puissance de :

  • Une file de chevaux qui ferait 9 fois et demie le tour de la Terre. (160 millions de chevaux) (La circonférence équatoriale de la Terre est de 40 075 km)
  • 100 missiles Redstone
  • 85 Hoover Dam (Le Herbert Hoover Dam, est le plus grand barrage hydroélectrique US de l’époque)
  • Une file de locomotives Diesel qui, attachées les unes aux autres, permettrait de relier New York à Chicago. (NdT :environ 1 530 km)
  • Une file de voitures, pare-chocs contre pare-chocs, qui s’étendrait de la côte est à la côte ouest. (NdT : environ 4 500 km)

Quelqu’un lui demanda alors: « Quel type de voiture ? »

Il répondit stupéfait : «Des Volkswagen bien sûr ! »

 A l’époque lorsque l’on parle de Volkswagen, « la voiture du peuple » il s’agit bien sûr de la Coccinelle, la seule voiture vendue à cette époque par cette marque… construite selon un cahier des charges formulé par Hitler lui-même : une voiture familiale capable de transporter 4 personnes dans un relatif confort, de 30 chevaux, et dont le coût ne devrait pas dépasser 1 000 Reichsmarks…  En 1936 un ouvrier gagnait en moyenne 150 RM par mois. Ce fut un flop monumental, car pas une seule Volkswagen ne fut jamais livrée à un client civil sous le IIIe Reich !)