Deux femmes aux commandes dans l’espace

Le 23 octobre 2007 pour la première fois de l’Histoire, deux femmes dirigent simultanément deux vaisseaux spatiaux, mettant fin à plus de 50 ans de règne masculin.

Pamela Melroy est la deuxième femme après Eileen Collins, à commander une mission de la navette spatiale.  Discovery (Mission STS-120) doit s’amarrer à la Station Spatiale Internationale, dont la seizième expédition est commandée par le Dr Peggy Whitson.

Whitson s’est envolée vers l’ISS à bord d’un Soyouz (Mission TMA-11). Avant son envol un responsable lui a offert un fouet traditionnel kazakh pour symboliser son pouvoir !

Une première historique qui a inspiré l’ingénieur de la NASA et artiste, Larry Manofsky (il était instructeur pour les candidats astronautes, spécialisé dans les entrainements sur les divers simulateurs de la navette.)

Melroy et Whitson

© Larry Manofsky

Anecdote dans l’anecdote : Peggy Whitson est revenue sur terre le 19 avril 2008 à bord d’une capsule Soyouz (TMA-11) en compagnie de la sud Coréenne Ti So-Yeon et de Yuri Malenchenko. C’est la première fois que les femmes étaient plus nombreuses que les hommes à bord d’un vaisseau spatial, ce, depuis le vol en solitaire de Valentina Terechkova en juin 1963 !

John Glenn… Et de deux

L’astronaute-devenu-sénateur-redevenu-astronaute John Glenn est à 40 ans le premier américain en orbite le 20 février 1962 (mission Friendship 7).

Voilà que 36 ans et 8 mois plus tard, à 77 ans, cet astronaute du groupe 1, une légende vivante, est sur le point d’effectuer un deuxième vol spatial à bord de la navette Discovery, en ce 29 octobre 1998 (mission STS-95). L’équipage est composé de Curtis L. Brown (Commandant), Steven W. Lindsey(Pilote), Scott E. ParazynskiStephen K. RobinsonPedro DuqueChiaki Mukai et John H. Glenn.

Parmi cet équipage de sept astronautes seul Pedro Duque n’est jamais allé dans l’espace. Les cinq “vétérans” du programme navette ont surnommé Duque, Juan Glenn (qui avec ce vol deviendra le premier espagnol dans l’espace), quant à John Glenn, le vrai vétéran, ils n’ont pas arrêté de le chambrer en lui disant qu’il est également un  « bleu »… Un novice des vols sur navette !

Un vol qui va le changer de sa première expérience où, sanglé dans le siège de sa minuscule capsule Mercury (1,7 m3 comparés aux 65,8 m3 habitables de la navette)  il n’avait pas réellement pu profiter des joies de l’impesanteur, sa mission avait alors duré 4 heures, 55 minutes, celle-ci durera 9 jours, 19 heures et 54 minutes, soit 48 fois plus longtemps.

 

Le jour du lancement, alors que l’équipage descend de l’Astrovan (le minibus qui les emmène sur l’aire de lancement), un officier du SWAT* leur demande leur carte d’embarquement. Pas de problème, les cinq « vétérans » présentent leur laissez-passer. John Glenn et Pedro Duque cherchent désespérément les leur en fouillant fébrilement dans leur poche…

Ne pouvant plus se retenir les cinq petits malins éclatent de rire, Duque et Glenn comprennent qu’ils viennent de se faire avoir ! Il s’agit bien sûr d’une blague… Une carte d’embarquement pour monter dans la navette !!!

Depuis le tout premier vol dans l’espace, la tradition exige de briser un peu la tension d’avant lancement en organisant de petites farces. Ce n’est certainement pas en présence de John Glenn que l’on aurait pu déroger à cette coutume !

 

* Special Weapons And Tactics , une unité d’élite semblable au RAID ou au GIGN français qui assure une sécurité renforcée au Centre Spatial Kennedy depuis 1979, en complément des services de sécurité « conventionnels »)

1962

1998

A 77 ans et 3 mois, John Glenn est, à ce jour, l’Homme le plus âgé jamais allé dans l’espace.

 

 

Perth, “Ville Lumière”

Une magnifique histoire se répète, le 30 octobre 1998, alors que John Glenn est à bord de la navette spatiale Discovery, elle passe au-dessus de la « Ville Lumière », Perth en Australie. Comme ils l’avaient fait il y a 36 ans pour son premier vol spatial, les habitants et la municipalité lui ont réservé à nouveau une petite surprise en allumant toutes les lumières de la ville.
Cette fois ci, en duplex avec l’hôtel de ville, John Glenn a pu adresser ses remerciements en direct :
– “Perth a grandi, les lumières sont plus vives et la surface plus étendue que la dernière fois que j’ai eu l’occasion de voir votre ville sous cet angle, alors même que je suis sur une orbite plus haute. Je vous enverrai les photos que j’ai prises. Passez mes meilleurs vœux à tout le monde”. En entendant sa voix, les milliers de personnes présentes ont laissé éclater leur joie et leur émotion.

 

(En 1998 Perth compte environ 1 250 000 habitants, il y en avait 430 000 en 1962)

 

Bat-tronaut

Lorsque le dimanche 15 mars 2009, Discovery réalise un décollage parfait pour sa trente-sixième mission, (STS-119, qui est le 125ème décollage du programme navette et le 28ème vol vers la Station Spatiale Internationale) elle emporte un passager bien particulier…
En effet, quelques temps avant le lancement, une chauve-souris s’est accrochée sur le réservoir extérieur de la navette (Cf photo). La NASA espéra que le petit mammifère s’envole avant le moment fatidique, hélas il n’en fut rien. Quelques heures avant le départ l’équipe chargée de procéder aux dernières vérifications (Final Inspection Team – « ICE Team ») fut donc obligée de remplir un rapport d’incident, dont la référence est : IPR 119V-0080 (IPR = Interim Problem Report) pour rendre compte de cette “anomalie”. Une petite étude fut réalisée pour savoir si la chauve-souris présentait un quelconque risque, au cas où elle viendrait s’écraser sur la protection thermique de la navette. La réponse étant négative, les responsables du lancement ont, à leur tour, produit un document (Launch Commit Criteria waiver ) confirmant l’innocuité du problème et attestant que le lancement pouvait bien avoir lieu !
Les aires de lancement du Centre Spatial Kennedy sont pourtant équipées de nombreux systèmes de contre-mesures pour éloigner oiseaux et animaux de toute sorte.  Un radar surveille même les éventuels essaims d’oiseaux.
Ce n’est pas la première fois qu’une chauve-souris tente de partir dans l’espace, le même cas s’est présenté lors des missions STS-72 (Endeavour) et STS-90 (Columbia). Les chauves-souris s’étaient alors envolées juste avant le décollage.
Dans le cas présent des images infrarouges montrent que le passager clandestin était encore vivant et bien agrippé au réservoir, au moment où la navette dépasse la tour de lancement, dès lors, les chances que l’animal ait pu survivre s’avèrent extrêmement faibles…

 

 

Anecdote dans l’anecdote : STS-72 et STS-119 ont un point commun, le japonais Koichi Wakata qui était présent sur les deux vols, faisant de lui le premier astronaute à s’envoler deux fois dans l’espace en compagnie de chauve-souris !

 

Bat-Tronaut

Un gros plan du “Batronaut” (en anglais bat = chauve-souris)