Où est donc passé le Pudding au chocolat ?

Lorsque Walter Cunningham, au quatrième jour de la mission, presse sur le sachet en plastique pour déguster son dessert, un pudding au chocolat qu’il vient de réhydrater,  il constate que de la matière s’échappe au niveau des soudures et que du fait de l’absence de gravité, elle vient se coller le long des bords extérieurs du sachet, qu’il est hors de question de lécher de peur de se blesser… Walter Schirra, voulant éviter que du pudding se répande dans la cabine, suggère de mettre le tout dans un des sacs que les astronautes utilisent pour « récupérer » leurs matières fécales… (Fecal Collection Bag). L’idée est excellente et le tout est finalement  rangé dans le compartiment où sont stockés les autres « bags »…

Lors de la mission Apollo VII, les astronautes ont  utilisé 13 FCB.  Très utiles pour les médecins, ces « échantillons »  feront le voyage dans le même avion que les astronautes, pour le trajet retour d’environ deux heures entre le porte-avions de récupération et le Cap…

Aux premiers jours du débriefing de la mission qui dure une dizaine de jours, Rita Rapp, la nutritionniste responsable de la conception et du conditionnement des menus, chargée également de calculer le nombre de calories consommé par chaque astronaute lors du vol, s’adresse à eux pour leur signaler qu’il manque un sachet de nourriture. Ils sont perplexes… jusqu’à ce qu’elle leur précise qu’il s’agit d’un pudding au chocolat !

Lorsque les astronautes lui révèlent qu’elle trouvera ce qu’elle cherche chez les gars qui analysent ce qui est en rapport avec l’autre extrémité du système digestif, elle pousse un soupir ! Rita Rapp leur confirmera qu’elle a localisé le pudding dans le dernier des treize « sac ». Elle les avait examiné un à un…   Quelle conscience professionnelle !

Pudding au chocolat

Rita Rapp

 

Walter Cunningham pilote du T-38 n°3

Les services funèbres des trois astronautes d’Apollo 1, Virgil Grissom, Roger Chaffee et Edward White ont eu lieu à Clear Lake le 30 janvier, trois jours après l’accident.

C’est l’astronaute Walter Cunningham qui a piloté le T-38 n°3 lors de l’exécution de la figure dite du pilote disparu, lors de la cérémonie en l’honneur d’Edward White. (C’est l’appareil numéro trois qui quitte la formation pour symboliser le pilote manquant.)

Une sale besogne pour Walter Cunningham

Le samedi 28 janvier 1967, les médecins du Cap demandent qu’on leur fournisse un uniforme pour l’enterrement de Virgil Grissom. L’astronaute Walter Schirra, voisin des Grissom, demande à Walter Cunningham s’il peut l’emmener à la Base Aérienne Patrick. Cet après-midi-là,  Cunningham gare sa Porsche 911 S devant la maison de Schirra et se dirige à pas feutrés  vers le domicile des Grissom où l’attend Schirra qui lui passe discrètement l’uniforme par une porte entrebâillée,  Schirra l’avait subrepticement récupéré dans le placard de la chambre sans en parler à Betty Grissom pour ne pas l’accabler d’avantage.

Lorsque Walter Cunningham atterrit à la Base Patrick, un médecin l’attend  pour récupérer l’uniforme.

Walter Cunningham a trouvé assez inhabituel qu’il soit autorisé à faire ce vol, au lendemain du décès des trois astronautes, car les médecins militaires préfèrent interdire de vol les collègues proches d’un pilote décédé, pensant que leur état émotionnel est susceptible de les perturber et provoquer un autre accident.

Les astronautes font le show

Apollo 7 Show TVAu quatrième jour de la mission, à l’occasion du premier épisode du « Wally, Walt, And Don Show »  ainsi qu’ont été surnommées les retransmissions en direct depuis Apollo 7, « The Lovely Apollo Room High Atop Everything »,  Wally Schirra brandit une carte sur laquelle il avait inscrit : « Keep Those Cards and Letters Coming in Folks » (Allez le public envoyez-nous des lettres et des cartes postales)… Les jours et les semaines suivantes la NASA fut submergée de courrier…

Pour jouer le jeu, le journal d’une école d’ingénieurs à Newark, New Jersey, The Vector, a lancé une campagne Envoyez-une-carte-à-Wally. Quelque 2 000 cartes postales furent expédiées en réponse à cette seule initiative…

Ce sont les premières émissions télévisées retransmises en direct depuis un vaisseau spatial. Pour cette performance les astronautes recevront un Special Emmy Award (meilleure émission de télévision). Au total, il y aura sept retransmissions en direct !

 

 

Tel le Phoenix

Walter Schirra avait voulu baptiser le vaisseau spatial Apollo 7 Phoenix, du nom de l’oiseau légendaire qui renait de ses cendres et qui symbolise la résurrection, il s’agissait bien évidemment d’un hommage aux trois astronautes d’Apollo 1, Virgil Grissom, Edward White et Roger Chaffee qui ont périt lors de l’incendie du module de commande 012, alors qu’ils effectuaient un test au sol, trois semaine avant le décollage…
La proposition fut rejetée. Il faut préciser qu’après  Gemini 3 la NASA avait interdit de donner des noms aux vaisseaux spatiaux . Il faudra attendre Apollo 9 pour revoir des indicatifs, il fallait alors faire la distinction entre le module de commande et le module lunaire !
L’équipage avait par ailleurs pensé à un dessin pour leur badge de mission : il montrait un vaisseau spatial émergeant d’une boule de feu… Finalement les trois astronautes d’Apollo 7 ne soumirent pas ce projet au comité de validation (ils tombèrent d’accord pour dire que ce badge allait certainement heurter quelques sensibilités; voire, être taxé de mauvais goût.

Différentes propositions de badges pour Apollo 7

Les différents concepts réalisés par Al Stevens du département graphique de la Division Espace de Rockwell International d’après les desiderata des astronautes.

C’est le dernier badge en bas à droite qui sera retenu !