Les « victoires » de Shepard

Alan Shepard, à bord de sa Corvette Sting Ray surpuissante (370 cv) qui atteignait facilement 200 km/h, avait l’habitude de faire la course avec des étrangers au volant de leur voiture de sport…

Un peu mauvais joueur, il s’arrangeait toujours pour défier des voitures moins puissantes que la sienne. Il s’est d’ailleurs fait arrêter par la police, alors qu’il faisait la course avec une fille qui roulait dans une MGA… Ce qui fit la une des journaux locaux…

Alors qu’ Alan Shepard arrive à la concession de Jim Rathmann pour récupérer sa nouvelle Corvette, il marque un temps d’arrêt lorsqu’il découvre sur la portière les autocollants que  Rathmann a collé  pour symboliser ses « victoires », comme les marques de victoire sur les avions.

Il y avait bien évidemment des autocollants MG, Sprite, mais également des voitures moins  « sportives », l’équivalent de nos 2CV ou 4L… et quelques vélos !

Alors qu’il s’apprête à sortir de la concession, au volant de son nouveau bolide, deux policiers complices, l’arrêtent, le sermonnent et lui ordonnent de ne pas dépasser les 50 km/h… Pour couronner le tout, ils l’escortent tout le long jusqu’au Centre Spatial Kennedy.

Plus tard, Shepard dira, au sujet de toutes ces blagues et de ceux qui les imaginaient :  « They made it easier ! » (Ils ont rendu les choses plus facile !)

 

Un gros chèque en bois

Le 11 novembre 1966, avec Gemini 12, James Lovell et Buzz Aldrin, clôturent le fabuleux programme Gemini.

Lorsqu’ils descendent du van pour prendre l’ascenseur qui les emmènera vers le vaisseau spatial, chacun porte un écriteau dans le dos, et les deux forment THE END.

Gemini XII
Pour la plupart des employés de chez Mc Donnell, c’est la fin également… C’est North American Aviation qui a remporté le contrat du CSM. (Module de Commande et de Service Apollo).

Ce jour-là, dans la White Room, Jim Lovell remet à Guenter Wendt un chèque géant (100 cm sur 45 cm) de 1 million de Deutsche Marks, en lui disant : « la persévérance paie ». Le chèque est émis par « THE LOVELL AND ALDRIN BANK OF PAD 19, CAPE KENNEDY, FLORIDA » payable à Guenter Wendt,  en guise de prime de licenciement.

Au cours de la fête organisée après le vol (post flight dinner party – il s’agit d’une coutume datant du premier vol de Shepard, où seuls les astronautes, les employés, les familles, se réunissent autour d’une bonne table… c’est l’occasion pour les astronautes de donner des détails sur leur vol… détails que nous ne connaîtrons jamais !)

Alors que Lovell et Aldrin sont debout, racontant leur vol, deux policiers font irruption dans la salle, s’avancent et demandent :

«Messieurs, êtes-vous James Lovell et Edwin Aldrin ?»
Immédiatement le silence se fait dans la salle.
Lovell et Aldrin se regardent, ne comprennent pas ce qui se passe
« Euh…oui monsieur…c’est nous »
Les deux policiers sortent alors leurs menottes, et l’un d’eux annonce, d’une voix suffisamment forte pour que chacun entende bien : « Nous avons un mandat d’arrêt contre vous ! »
Lovell et Aldrin sont abasourdis. « Qu’est-ce qu’on nous reproche ? »
Il y a un homme au fond de la salle qui a porté plainte, car vous lui avez remis un chèque sans provision !
Les deux astronautes scrutent les personnes au fond de la salle… lorsque Guenter Wendt se lève et leur crie : « Je vous ai eu ! (Gotcha !)

Guenter Wendt avait contacté deux amis à lui, de la police de Cocoa Beach pour cette  petite blague !

Walter Schirra, une occasion en or

Walter Schirra avait un faible pour les très belles voitures de sport étrangères, notamment les Maserati. Un jour Grissom lui dit : « Wally, il y a un gars en Floride qui vend une Maserati, quasiment neuve, pour 1000 dollars. Tu penses que c’est une bonne affaire ? »

Schirra lui répond : « Tu es malade, une voiture comme ça vaut au moins 5000 dollars ! Appelle-le tout de suite et achète-la ! »

Grissom : « Non, pas de précipitation, je pense que je vais pouvoir négocier et l’avoir pour 500 dollars ! »

Schirra, hors de lui : « Tu es fou, n’attends pas, achète la tout de suite pour 1000 dollars !« 

Grissom : « Je dois y réfléchir ! »

Tous les jours Walter Schirra lui demande s’il a acheté la voiture, et Grissom répond invariablement : « Je suis encore en négociation ». L’indécision de Grissom le met hors de lui, comment hésiter devant une occasion pareille !

Deux semaines plus tard, Grissom demande à Schirra s’il peut l’accompagner, car il va essayer la voiture et il veut son avis de connaisseur. Ils rencontrent le propriétaire et son bolide, effectivement, la Maserati n’a que quelques centaines de kilomètres, elle est comme neuve.

« Achète-là » supplia Schirra

« Je ne sais pas, j’hésite, il faut que j’y réfléchisse encore ! » Schirra est complètement hystérique…

Quelques jours plus tard, Grissom appelle Schirra pour lui dire qu’un concessionnaire de Miami veut acheter la voiture. Que doit-il faire ?

Aussitôt, Walter Schirra appelle le concessionnaire pour lui dire que la voiture est réservée, il parle tellement vite, et semble si surexcité, que son interlocuteur finit par éclater de rire… Schirra vient de comprendre, il s’est fait avoir ! Gotcha !

Toute cette mise en scène a été organisée avec la complicité de Jim Rathman, qui avait un ami qui possédait une Maserati toute neuve, et un ami concessionnaire à Miami.