Stage de survie au Panama

A l’occasion d’un stage de survie au Panama, (dans le cadre du programme Gemini), Walter Schirra et son binôme James McDivitt, sont héliportés en pleine forêt, à une vingtaine de minutes de vol de la base aérienne Albrook où se trouve le « Tropic Survival Center », pour subir l’épreuve en « conditions réelles ». Les astronautes livrés à eux même, doivent passer deux nuits dans la jungle et mettre en pratique ce qu’ils ont appris.

Leur régime alimentaire se compose essentiellement de cœurs de palmiers, dont Schirra gardera un certain dégoût par la suite. Ayant mal évalué la résistance d’un tronc d’arbre pour installer son hamac, il se retrouve au beau milieu de la nuit avec les fesses touchant le sol !

Ils tentent de pêcher du poisson, mais sans succès.

 

La rivière au bord de laquelle ils se sont installés ne leur apportant aucune nourriture, Walter Schirra a l’idée de signaler leur position en utilisant les sachets de colorant utilisés en mer pour aider à la localisation des capsules et des radeaux de survie. Chaque jour il en déverse un sachet, au grand dam des binômes se trouvant en aval. Ce colorant a une durée de vie dans l’eau de mer d’environ 12 heures avant de se diluer.

Ce subterfuge permet à l’équipage d’un hélicoptère de les repérer et de leur larguer des vivres et du matériel. Les équipes de récupération et de recherche, à l’entrainement également, ne connaissent pas la position des « naufragés » qui n’ont pas de radio pour communiquer.

Peu à peu, les autres binômes quelque peu contrariés remontent la rivière jusqu’à l’origine de la «coloration», tels Thomas Stafford et Eugene Cernan, plus intrigués qu’en colère lorsqu’ils ont vu l’eau se colorer en vert chartreuse alors qu’ils étaient tranquillement en train de pêcher !
 
 
 

Le test d’accélération de la Shelby GT350

L’astronaute Virgil Grissom était ami avec Carroll Shelby le célèbre coureur automobile et préparateur de voitures de sport. Lorsque Ford sort sa Mustang, Shelby répond à l’offre du constructeur, en développant la Shelby GT350 basée sur la Mustang afin de concurrencer les Corvettes de Chevrolet, sportivement dans les courses automobiles, et commercialement sur le secteur très à la mode des voitures ultra puissantes basées sur des moteurs V8 survitaminés.
Il se trouve que Shelby possédait entre autre une GT350 de plus de 320 CV avec un couple monstrueux, qu’il avait accepté de prêter à Grissom.
 
Ce jour de l’année 1966, Virgil Grissom, Alan Shepard et Walter Schirra se trouvent dans les locaux de North American à Downey, le constructeur du vaisseau spatial Apollo. Durant la pause déjeuner Grissom leur propose d’aller essayer le bolide pendant qu’il règle une affaire personnelle.
Ne se faisant pas prier Shepard prend le volant, et Schirra le siège du co-pilote. Dans la banlieue de Downey, ils arrivent sur une large avenue à six voies, bordée de commerces et de voitures garées de part et d’autre de la chaussée. A cette heure, le trafic est pratiquement nul. L’endroit parfait pour un petit test d’accélération de 0 à 100. Aussitôt dit, aussitôt fait !
« Prêt » annonce Schirra les yeux rivés sur le chronomètre de sa montre, pendant que Shepard chauffe le moteur. « Attention… Partez ». Shepard démarre en trombe, faisant crisser les pneus, et juste au moment où ils atteignent les 100 km/h il s’exclame : « Oh Merde ! », et freine prestement. Derrière eux, arrive une voiture de police avec sa rampe lumineuse allumée. Shepard se gare et sort lentement de la voiture. Les deux policiers sont hilares : « Vous êtes Alan Shepard, n’est-ce pas ? »
– « C’est exact »
– « Et dans la voiture, est-ce Wally Schirra ? »
– « Oui monsieur. »
– « Vous venez de faire un truc plutôt idiot M. Shepard. Si vous souhaitez faire le test de 0 à 100 d’une Mustang Shelby, ne le faites pas lorsque vous êtes juste à côté d’une voiture de police ! »
Les policiers laissent partir les deux pilotes-astronautes sans même leur mettre de contravention !
 
Concentrés sur le chronomètre, la route devant eux, et le compteur de vitesse, ils n’avaient pas vu la voiture de police stationnée à proximité, et les deux officiers qui avaient tout observé !

Carroll Shelby et sa Ford Mustang Shelby GT 350

 
 

PS : Une Shelby GT 350 passe de 0 à 100 km/h en 6 secondes !

 
 
 

Le polype du larynx de Walter Schirra

« Faites Ahhhhhhhhhhhhh »… « Dites Eeeeeeeee »…  L’otorhinolaryngologiste  de la Clinique Lovelace qui examine Walter Schirra dans le cadre de la sélection du premier groupe d’astronautes de la NASA, sort de la pièce pour revenir quelques instants plus tard avec un confrère, qui réexamine sa gorge en faisant des « Hmmmmm »…  Schirra commence à avoir des sueurs froides, et lorsque le médecin utilise le mot tumeur, il sue à grosses gouttes.
On lui annonce finalement qu’il a un petit polype, une tumeur bénigne dans le larynx, au niveau des « cordes vocales », rien de grave,  qui peut être excisé ici même, après avoir observé quatre jours de silence absolu. Le fait qu’ils veuillent s’en occuper ici est plutôt de bons augures se dit Schirra… Garder le silence aussi longtemps n’était pas possible dans l’immédiat car Schirra doit se rendre à Dayton dans l’Ohio pour subir des tests psychologiques, au cours desquels il devra certainement s’exprimer, et ce, plus que de coutume !

A son retour, on lui fait subir une cure de silence d’une semaine, interrompue une fois par un officiel de la NASA appelant de Langley, pour s’enquérir de son état. Deuxième indice qui conforte son sentiment : on s’intéresse vraiment à lui.  Hormis ce coup de fil, il communique uniquement par écrit. 

Finalement l’intervention chirurgicale se fit à l’hôpital de l’US Navy à Bethesda, et le traitement qui dure normalement quelques semaines fut réduit à quelques jours. La dernière preuve qu’il lui fallait pour le convaincre qu’il fera partie des élus.
Le chirurgien qui a opéré Schirra, qui avait le grade de commandant, n’était pas très enthousiasmé par toute cette précipitation, c’est le moins que l’on puisse dire, et le fit savoir. Il fut convoqué par sa hiérarchie et prié d’exécuter les ordres. Juste après l’intervention il toisa plusieurs fois Walter Schirra, alors capitaine, en fronçant les sourcils et d‘un ton bourru lui lança : « Avec tout le tapage qu’ils font autour de vous, ils doivent vouloir vous envoyer sur la Lune ou un truc comme ça !»

 

Ce n’est que quelques années plus tard que le médecin a pu se rendre compte à quel point il avait vu juste !